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Une sombre histoire du temps : Dark (2017-2020)

Vous n’avez pas idée des secrets cachés dans la petite ville de Winden en Allemagne… Des secrets criminels : un suicide, un meurtre, deux disparitions d’enfants dès le premier épisode de la première saison, d’autres suivront. Des secrets romantiques : relations adultères à gogo. Des secrets familiaux : il faut bien vingt-six épisodes pour comprendre les inextricables arbres généalogiques de ces quatre familles de Winden. Des secrets identitaires : des personnages ont plusieurs noms, plusieurs vies, plusieurs passés… Des secrets atomiques : une centrale nucléaire au cœur de cette communauté dissimule des pratiques douteuses au retentissement fractale. Des secrets occultes : une société mystérieuse d’Illuminati de tout age qui règnent dans l’ombre sur les destinés de leurs brebis égarées. Des secrets temporelles : Des secrets multi-dimensionnels : y aurait-il l’existence de mondes parallèles qui expliquent la profusion de ces secrets ?

Cette série culte de Netflix débute en juin 2019 et couvrent quatre générations de quatre familles de Winden sur trois saisons qui s’enfoncent de plus en plus dans un mystère de plus en plus grand. A coup de bonds dans le temps de 33 ans, l’histoire de ces personnages s’échafaudent depuis 1888, jusqu’en 2052, mais pas dans un ordre strictement chronologique. Il faut attendre le troisième épisode de la saison 1 pour deviner que le voyage dans le temps est rendu possible. En effet, si la série peine à démarrer en faisant le tour de ses innombrables personnages dans leur contexte de 2019, le corps de l’intrigue se situe bien autour de l’invention du voyage dans le temps par un horloger féru d’Einstein et de Schrödinger.

Un, puis des protagonistes maîtrisent le secret du voyage dans le temps. Un passage secret dans une grotte proche de la centrale nucléaire. Mais bientôt ce sont quasiment la moitié des personnages qui vont et viennent dans le temps, se défiant des paradoxes spatio-temporels. Ils rencontrent leurs ancêtres et leur progéniture à des époques diverses, mais aussi leurs propres soi, sans causer de choc post-traumatique ni d’annihilation mutuelle, créant des situations rocambolesques avec trois personnages à des ages différents coexistants côte à côte. Cette série allemande promouvant le voyage dans le temps qui ose revenir jusqu’en 1933 sans tenter d’assassiner Hitler ! Mais il y a tout un tas d’explications plus ou moins crédibles qui limitent l’étendue de leurs pouvoirs…

C’est l’histoire d’un amour de lycée entre Jonas Kahnwald et Martha Nielsen en 2019. Un amour plus fort que la mort et le temps qui passe. « Nous sommes parfait l’un pour l’autre, ne crois jamais rien d’autre. » aiment-ils à se répéter. Et pourtant, Martha est la petite amie de Bartosz Tiedemann, et Jonas est occupé à de lourdes tâches pour sauver le monde et découvrir les secrets de son origine. Embarqués autour d’eux sont d’autres amis : Magnus Nielsen et Mikkel Nielsen, respectivement grand-frère et petit-frère de Martha, et Franziska Doppler, petite amie de Magnus. Ensemble (ou séparément dans des camps opposés) ils vont résoudre les différentes énigmes que posent l’existence de passage temporel à Winden qui met tout sans dessus-dessous dans la vie de ces quatre malheureuses familles. Les uns se sauvent in extremis, les autres se trahissent, tout ça face à une apocalypse qui ne cesse de revenir à l’infini, comme sur un nœud de Möbius.

La troisième saison – ouverte fin juin sur Netflix – se propose de répondre aux questions que nous nous posions tout au long de la série, avec un finale surprenant, réconfortant dans un sens, et décevant dans un autre. Certaines questions, comme la première énigme des disparitions d’enfants, resteront sans réponses. Mais c’est parce qu’ils se passe tant d’autres choses plus importantes à côté… Un personnage oublié revient sur le devant de la scène pour mettre tous nos héros au second plan dans une reconfiguration inédite de notre vision du monde. On reconnaîtra le tesseract d’Interstellar lors d’une scène troublante du finale, lequel traitait déjà des trous de ver dans le continuum de l’espace-temps, et du retour dans le temps.

Cette série est incroyablement compliquée à suivre, avec ses innombrables personnages aux visages changeant à travers les âges, et ses dédoublement des lieux et des personnages. Par chance, les créateurs de la série, Baran bo Odar et Jantje Friese, ont donné des caractéristiques physiques très particulières à la plupart des personnages, qui les identifient en un coup d’œil à n’importe quel age, époque ou lieu, quelles qu’en soient les circonstances. Qui un bec de lièvre, qui une oreille en moins, qui une sourde, qui une marque au cou, qui une cicatrice sous l’œil, qui une rousse, qui un médaillon… Cependant ces codes peuvent s’inverser, s’interchanger et nous jouer des tours. La série aurait pu être l’aventure définitive des voyages dans le temps, explorant toutes les conséquences de nos actes sur plusieurs générations, mais sa complexité, par trop superficielle et ludique, la rend trop tortueuse pour être iconique. Certes on cherche à revoir les épisodes un par un, une fois terminé avec le finale, pour replacer chaque pièce dans son puzzle, mais le jeu ne devient pas une obsession comme pour Matrix ou Retour vers le futur, que cette série mimique.

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