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Un confinement entre amis, pari gagnant ?

Depuis un mois, la France entière a vu se modifier tous ses repères sociaux. Nous nous sommes tous retrouvés encerclés, certains en couple, en famille, ou entre amis … ces amis, parfois de toujours, qui se retrouvent ensemble, en quasi-huis clos ? Comment appréhendent-ils cette situation ?

Nous en avons rencontré quatre (via Skype évidemment), quatre situations très différentes qui nous amènent finalement à nous demander ce qui changera pour nous à la fin de ce confinement. Des personnalités seront découvertes, des amitiés renforcées ou non. Mais surtout nous en apprenons tous sur nous-mêmes et nous pourrons en tirer une conclusion qui nous fera tous grandir. Tous les quatre ont à peu près le même âge, entre 26 et 29 ans, presque trentenaires, célibataires. Ce confinement les changera et modifiera les liens qu’ils tissent avec leurs amis.

Louise, 29 ans, confinée dans la Creuse, avec cinq amis de longue date.

“Nous sommes partis six, amis de longue date, dans la Creuse. Nous nous connaissions tous très bien, et pour trois d’entre nous, avons vécu en colocation pendant de nombreuses années. Avant même l’annonce du confinement, et pour faire suite à toutes les rumeurs qui couraient, il nous a semblé évident pour tous de partir ensemble afin de ne pas le vivre seul. Une amie nous a proposé de venir nous installer dans sa maison de campagne.

Les premières semaines se sont extrêmement bien passées, nos caractères sont complémentaires, la situation a commencé à se dégrader entre la deuxième et troisième semaine. Des situations de non-dits, voire de mensonges, sont venues entacher cette belle entente, créant une ambiance qui m’a mise extrêmement mal à l’aise. Ces amis, que j’avais l’impression de si bien connaître, m’ont révélé des traits de caractère auxquels je ne m’attendais pas. Ils doivent se dire la même chose, et je ne leur jette pas la pierre. Mais la déception que j’ai ressentie m’a étonné moi-même, je me suis beaucoup interrogée sur la situation, je ne pensais pas pouvoir ressentir une telle rancoeur. Cette cohabitation, devenue forcée, m’apprend également beaucoup sur moi-même, sur ma manière d’appréhender les amis qui m’entourent. Il m’a toujours semblé évident que je ne connaitrai jamais mes amis “par coeur”, chacun de nous ayant un jardin secret. Évidemment je garderai toujours un lien très fort avec ces amis. Mais je dois reconnaître que cette expérience modifiera à jamais mes amitiés futures.”

Edouard, 27 ans, confiné en Bourgogne avec trois amis de longue date.

“En ce qui me concerne, je suis parti dès le premier jour du confinement dans la maison de vacances de mes grands-parents. Elle est suffisamment éloignée pour être un endroit agréable et respecter les mesures imposées. J’ai proposé à copains de m’y rejoindre. Du coup, nous sommes cinq. La cohabitation se passe très bien, la maison est grande et agréable, nous avons chacun notre chambre, un grand jardin. Deux d’entre nous continuent à télé travailler, les autres vaquent à leurs occupations entre films et détente dans le jardin. Tout se passe très bien. De notre côté, je pense que nous avons trouvé le bon compromis, entre besoin la solitude et de continuer d’entretenir des liens sociaux. Je ne dis pas que cela est facile, car évidement de temps en temps il y a des moments de ras-le-bol, mais nous nous sommes bien trouvés. Peut-être que le fait que nous nous connaissions depuis si longtemps nous aide, nous respectons les besoins de solitude de chacun. Cette cohabitation, même si elle reste plutôt agréable en ce qui nous concerne, me permet de continuer à en apprendre sur mes amis. Je suis parfois étonné des réactions de chacun face à des situations qui me semblent anodines. Nous sommes partis souvent en vacances ensemble, et nous avons eu certains débats, sur les courses par exemple, que nous n’avions jamais eus jusque-là.”

Astrid, 28 ans, confinée dans le Nord avec un couple d’amis.

“Je suis partie dans la maison familiale, celle où j’ai grandi. Ma situation est particulière car j’ai volontairement choisi de partir avec un couple d’amis dont je ne suis pas très proche, mais suffisamment pour que la cohabitation se déroule bien. Nous avons déterminé dès le début les espaces de chacun, que nous ferions un dîner par jour ensemble, pour le reste nous ne nous imposions pas de règles particulières, chacun vit sa vie, et nous ne nous retrouvons que quand nous en avons envie. La situation me convient tout à fait, je suis d’une nature plutôt solitaire, mais je ne pense pas qu’une solitude complète m’aurait convenu. Évidement, je pense que la situation va nous rapprocher, nous vivons un moment très particulier.”

Gauthier, confiné à Paris, entre colocataire et ami d’enfance.

“Je suis en colocation depuis 3 ans avec un ami d’enfance, nous avons grandi tous les deux ensemble. Nous sommes tous les deux en télétravail et nous n’avons donc pas pu quitter Paris avant le confinement. Nous n’avons pas modifié nos habitudes puisque nous télé travaillons l’un et l’autre dans notre salon, parfois dans nos chambres. Je ne vis pas la situation particulièrement mal puisque nous avons chacun notre espace de travail et de vie. Nous nous connaissons depuis la petite enfance et avons chacun des caractères assez faciles. Le plus difficile pour moi, pour l’instant, est de ne pas pouvoir sortir et voir mes amis, alors que je suis très sociable. Je pense que cette situation va renforcer notre amitié, nous n’aurons de particulières difficultés.”

Ces témoignages nous ont fait réfléchir à la notion d’amitié, à ce qu’on attend de nos amis, à ces petites choses qui font qu’ils sont pour nous si importants. Finalement est-ce que “l’enfer, c’est les autres” comme le disait Sartre dans Huis Clos ?

Et pour vous ? Un confinement entre amis, idéal ou non ?

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