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Tchernobyl : les survivants de l’ombre

Tchernobyl, le réacteur n°4, une explosion. Tout le monde connaît l’histoire de cette catastrophe nucléaire. Certains tendent à penser qu’il n’y a plus trace d’âmes qui vivent dans la zone. Pourtant, des centaines d’ouvriers continuent d’y travailler et ils ne sont pas les seuls êtres vivants à côtoyer la zone sinistrée. Léa Camilleri raconte leur histoire dans son tout nouveau documentaire.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, il est important de revenir sur Tchernobyl dans les grandes lignes.

Retour 33 ans en arrière. Nous sommes le 26 avril 1986 et la centrale nucléaire de Tchernobyl s’apprête à être victime d’un terrible sinistre. Le réacteur n°4 perd les pédales, sa puissance augmente telle qu’elle en devient incontrôlable. L’instabilité mène à la fusion du cœur du réacteur et provoque une explosion. Immédiatement, une quantité astronomique d’éléments radioactifs se décharge dans l’atmosphère, contaminant l’environnement et entrainant bon nombre de décès et maladies.

Ce jour-là, ce sont 120 000 habitants qui ont dû quitter leur domicile et être évacués.

Bien que le nombre de victimes reste un sujet délicat, en 2016, l’Ukraine a formellement reconnu 35 000 décès directement liés à Tchernobyl (irradiations/contaminations). Pour ce qui est du jour de l’explosion et des quelques jours suivant, le pays déclare 31 décès.

Bon nombre de documentaires et films ont vu le jour, retraçant la catastrophe. Dernièrement une mini-série HBO. Et il y a un moins d’un moins, un documentaire atypique signé Léa Camilleri et Hugo Chesnel.

Une jeune femme engagée

Peut-être le nom de Léa Camilleri vous est-il inconnu. Laissez-nous vous la présenter en vitesse.

Cette jeune toulousaine, personnage principal de la web série En Fait, tient également une chaîne YouTube depuis 2012 et en a fait son métier. YouTubeuse podcasteuse aux 514 000 abonnés, elle remplit sa chaîne de contenu positif, humoristique, mais aussi engagé pour la protection animale et environnementale. Bref que de la good vibes. Si vous voulez jeter un œil, ça se passe ici.

Toujours positive, bienveillante et surtout souriante, elle s’est lancé un tout nouveau challenge : sortir un documentaire. Ainsi, le 29 février dernier, elle publie « Dogs of Chernobyl : The Untold Story ».

Une mise en lumière des survivants de l’ombre et de CCF.

Plait-il ?

Acronyme de Clean Futures Fund, CFF est un organisme à but non-lucratif, fondé en 2016 par Lucas Hixson et Erik Kambarian. Détenteurs d’une formation en énergie nucléaire et en intervention d’urgence, les deux hommes se sont rendus à la centrale à trois reprises. Les visites créent des liens, mais surtout, leur ouvrent les yeux sur les défis qu’il reste encore à relever, même trente an plus tard.

Ainsi, Clean Futures Fund voit le jour et s’établit en Ukraine. Un seul objectif en tête : sensibiliser et fournir un soutien international aux communautés touchées par des accidents industriels et des activités de réparation à long terme.

Une vision des choses, des valeurs et des missions, toutes plus nobles les unes que les autres. Mais pour aujourd’hui nous allons nous intéresser à l’un de leur projet en particulier.

Dogs of Chernobyl

L’explosion, l’évacuation, plus âmes qui vivent ? Si, bien au contraire… Les animaux domestiques ont été laissés sur place. Un bien triste sort quand on sait que des soldats de l’armée soviétique sont revenus sur les lieux pour les tuer. Un large périmètre à couvrir, l’impossibilité de tous les regroupés, des survivants ; les survivants de l’ombre. Ceux dont on ne parle pas et qui pourtant, se sont adaptés. Aujourd’hui, leur descendance est encore présente.

Lors de leur visite à la centrale, Lucas Hixson et Erik Kambarian n’ont pu que constater le nombre de chiens errants présents sur le site. Des animaux en malnutrition, en proie aux prédateurs et ayant besoin de soins médicaux.

Inutile de réfléchir, Clean Futures Fund s’engage pour leur cause. Ils développent un programme en trois ans afin de gérer au mieux la population. Avec des partenariats, des collectes de fond, ils vaccinent et stérilisent une partie des chiens, mais aussi les nourrissent, quotidiennement.

Le documentaire

Nous vous avons exposé ici, que les grandes lignes de l’histoire. Les prémices du documentaire de Léa Camilleri et du réalisateur Hugo Chesnel. Nous vous invitons désormais à le voir.

Un travail remarquable, un documentaire instructif remplit d’informations et d’anecdotes.

L’histoire de Tchernobyl, de Clean Futures Fund et de ses chiens. Une histoire touchante, émouvante, qui redonne foi en l’humanité.

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