Le Ticket Mode

Cela fait maintenant plus de deux mois que la vie n’est plus la “même” qu’avant. Comme une pause dans le temps et la rapidité à laquelle passent les semaines. Il est vrai qu’aujourd’hui nous avons moins le temps de découvrir de nouvelles choses, de nouveaux artistes. Elle semble loin l’époque où l’on passait des heures sur les skyblog de chanteurs, les comptes myspace ou encore soundcloud. Tout est désormais rythmé par les playlists des sites de streaming musical ou encore l’algorithme Youtube qui vous propose des suggestions. Alors, quitte à vivre une période ou le temps ne semble plus si précieux, autant en profiter. Quand Ric propose d’écrire sur un artiste connu uniquement de l’un de nous, allons-y! C’est pourquoi aujourd’hui, nous partons au Cameroun pour vous présenter le talentueux Richard Bona… En route !

Il est primordial de commencer notre article, comme d’habitude, sur un morceau de l’artiste du jour. Pour les connaisseurs, ce morceau sera une énième jouissance de vos oreilles avec ses sonorités, la voix envoûtante de Richard Bona, les paroles fortes et remplies de sens. Pour ceux qui découvrent, nous vous offrons une première approche du monde de notre artiste. Fermez donc les yeux et laissez vous emporter !

Source: Youtube

Richard Bona, sa vie

Préface

“Imaginez un artiste qui ait la virtuosité de Jaco Pastorious, la fluidité vocale de George Benson, le sens de la chanson et de l’harmonie de Joao Gilberto, le tout mélangé à la culture africaine, vous avez Richard Bona” – voici ce que déclara le Los Angeles Times en 2001. Pour les plus érudits du genre, la comparaison à de tels artistes sera évocatrice du talent et de la personnalité de Richard Bona. Pour les autres, ce sera plusieurs belles découvertes. C’est la magie de la musique. En découvrant un artiste, vous ferez la connaissance d’autres du même style ou avec lequel il a collaboré. Contrairement aux précédents articles, nous ne parlerons que de la vie et de la musique de l’artiste. Richard Bona a toujours décidé de ne s’exprimer qu’à travers des mélodies et des chansons et n’a pas pris part à des combats politiques ou idéologiques.

Enfance et découverte de la musique

De son vrai nom Bona Pinder Yayumayalolo, Richard Bona est né le 28 octobre 1967 à Minta, petite ville du Cameroun. La passion pour la musique n’est pas un hasard car dans la famille Bona on a la fibre musicale. Avec un grand-père musicien et une mère chanteuse, Richard est dès sa naissance en contact avec la musique. Décris comme un enfant compliqué et en proie à de nombreuses comédies, sa rencontre avec des musiciens le feront changer. Il sera fasciné par le balafon et en obtiendra un de son grand-père en guise de présent.

BALAFON TOUT EN BOIS COMPOSÉ DE 13 LAMES

Très doué, il commencera par jouer dans l’Eglise de son village natal. Sa réputation grandissante, il se produira ensuite dans différentes cérémonies, pour le plus grand plaisir des invités. L’enfant prodige de Minta partira avec sa famille pour Douala la capitale. Il y fera la rencontre du célèbre Messi Martin. Passionné, il s’entraîne des heures durant la journée, privilégiant la musique à l’école et arpentera les clubs le soir. Se faisant de plus en plus de contact, il pourra s’acheter sa première vraie guitare.

C’est en 1980 que tout commencera vraiment. Suite à la rencontre d’un français vivant au Cameroun, ce dernier lui fera découvrir le jazz. Il se mettra en quête d’apprentissage de ce genre musical alors méconnu pour lui. Il fera la découverte de Jaco Pastorius… une révélation ! C’est alors qui décidera de jouer de la basse comme le célèbre bassiste de Weather Report.

La vie d’adulte

Il décidera de venir en Europe à 22 ans. Il commencera par l’Allemagne puis la France. Dans les deux pays il vivra de la même manière : écumer les clubs de jazz à la rencontre des musiciens et faire parler son talent. C’est en France qu’il fera beaucoup de rencontres comme Mario Canonge ou encore Manu Dibango. Il rejoindre le célèbre quintet de Eric Le Lann puis participera à une tournée et un enregistrement.

En 1995, les autorités françaises ne lui reconduiront pas son titre de séjour. Richard décidera alors de s’envoler pour New-York, ville où il vit toujours. Dès son arrivée, comme à son habitude, il arpente les clubs, fait des rencontres et sera engagé en tant que directeur artistique par le célèbre Jake Holmes. S’en suit de nombreuses collaborations auprès des plus grands tels que Queen Latifah, Tito Puente ou encore Paul Simon. Richard a toujours su s’adapter au style des autres.

Sa carrière sera couronnée de succès entre albums, concerts, tournées, consécrations. Il est reconnu partout et par tous.

Richard Bona, un instrumentiste de génie

L’outil de Richard Bona pour sa musique est comme vu précédemment la guitare basse. Cet instrument est fortement associé au jazz. De fait, L’étiquette de “jazzman” peut donc lui être attribué d’autant plus qu’il gagnera des récompenses avec cette étiquette musicale. 

Richard Bona semble être maître dans cet art de mélanger les sons. Au travers de ses productions musicales, il exprime sa capacité à créer et associer des sons pour créer obtenir une mélodie. Dans Eyala, par exemple, les différents sons des instruments poussent notre esprit à se connecter à sa musique.

Sa voix, à la fois douce et forte, donne une dimension particulière à chacune de ses performances. Une sorte de charisme et de tendresse semble se dégager de sa musique…

Le style “Bona”, atypique et unique

Source: Youtube

La Musique…..faut-il des cases? faut-il la réglementer et la réfléchir? faut-il juste la vivre et la sentir? Il semblerait qu’il est impossible de dissocier ces deux éléments. Autant de possibilités qu’offrent la science du son. Richard Bona est de ces artistes qui vous font oublier que la Musique est régie par des normes et des règles. Sa musique semble à la fois farfelu et élaboré, pragmatique et poétique. Aucune étiquette musicale ne peut lui être attribuée.

On se souviendra de cette improvisation avec Bobby McFerrin lors du festival international de jazz à Montréal. Les deux artistes échangent avec des sons et pour seul instrument la basse de Richard Bona. Ils semblent converser dans une langue connue d’eux seuls avec les modulations de leurs voix et les sonorités de la basse. Dix minutes de pure merveille – oui nous prenons partie !

Source: Youtube

Richard Bona prouve son sens de la musique en interprétant dans des registres où on ne l’attend pas. Si nous nous égarons, nous pourrions penser qu’il veut faire preuve de philosophie et nous montrer que la musique lient tous les peuples. C’est ainsi qu’il associe son style avec les sonorités camerounaises aux rythmes cubains dans son album Héritage sorti en 2016 en partenariat avec Mandekan Cubano.

Source: Youtube

Richard Bona semble prendre plaisir dans sa musique à se nourrir de celle des autres. On lui reconnaîtra cependant une constante. Il chante en grande partie dans sa langue natale, le Douala

La musique a de particulier le fait qu’elle lie les personnes au travers d’une passion commune. Notre artiste du jour en est un exécuteur. Une autre preuve est qu’aujourd’hui, Jess découvre un artiste totalement inconnu pour lui. Voilà la force et la “colle” de nos articles mensuelles: le partage musical. 

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