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Prostitution, esclavage sexuel, tourisme sexuel : quand la cruauté tue l’enfance

Ils s’appellent Sarah, Kevin, Chaïma, Zahia, Jane et John Doe… Tous ont subi des traumatismes et des tortures qui les changeront à jamais.

Bien qu’elle ne date pas d’hier, l’exploitation sexuelle des mineurs, favorisée avec l’arrivée d’internet et du darknet, touche aujourd’hui le monde entier. Pays développés ou en voie de développement, puissances mondiales, personne n’est épargné. Pourtant, on distingue des points communs dans les populations les plus touchées.

Quels profils derrière l’esclavage moderne ?

En 2019, l’Organisation internationale du travail (OIT) parle de 40 millions d’esclaves modernes dans le monde. Un chiffre impressionnant relayé par de nombreux médias dont Le Monde qui a poussé l’enquête un peu plus loin. Ce nouveau type d’esclavage concerne 70% de femmes et 25% d’enfants et est résumé en 2 axes : le travail forcé et le mariage forcé. L’Asie et le Pacifique sont les plus touchés par ce fléau. Ils sont suivis de l’Afrique, l’Europe et l’Asie Centrale, les Amériques et enfin le monde arabe.

Source : infographie Le Monde / septembre 2019

Peur, séduction, violence, drogue, tous les moyens sont utilisés par les proxénètes et mères maquerelles pour attirer ou kidnapper des jeunes souvent paumés et/ou abandonnés. Aux États-Unis, les “enfants du crack” sont nombreux : les jeunes filles ne voient pas d’autres options que de ne prostituer pour vivre ou plutôt survivre. Les milieux défavorisés et violents sont les plus faciles à atteindre, quelle que soit la zone géographique. Dans certains cas, les parents ou la famille d’accueil sont également de mèche. La prison devient alors le seul endroit sûr pour ces victimes.

Une sexualité banalisée par la société

Avec un accès facilité à la pornographie en ligne, la nudité sur les réseaux sociaux ou encore la banalisation des nudes, les adolescents d’aujourd’hui ont une vision de la sexualité banalisée, qui ne se rapproche pas toujours de la réalité. Coucher pour de l’argent ou pour de la notoriété peut aller jusqu’à entrer dans la “normalité”.

Pendant le confinement, de nombreux lives ont été organisés par les influenceurs. Si certains parlaient cuisine, sport ou beauté, d’autres ont lancé des concepts plus osés qui ont fait scandale, à l’image d’AD Laurent et Ruby Nikara. Durant ces lives, des les utilisateurs de tout âge pouvaient voir en direct un contenu tendancieux, à la limite du caractère pornographique. La rapeuse Ruby Nikara allait d’ailleurs jusqu’à faire monter les enchères : plus le nombre de spectateurs était important, plus le contenu proposé l’était lui aussi.

Les influenceurs sont-ils responsables de leur communauté ? Des risques et dérives que leurs contenus peuvent entraîner ?

Si certains se déchargent, d’autres préfèrent sensibiliser les plus jeunes et les parents pour éviter les dérives. France 2 mettait d’ailleurs en avant en 2018 dans son émission Complément d’enquête “Sextos, porno : la vie secrète de nos ados les messages d’alerte d’actrices X qui trouvaient cette imprégnation et cette facilité d’accès au monde du porno inquiétante.

Les sites proposant des offres d’escorte et/ou de rencontres amoureuses pointées du doigt

Aux Etats-Unis, la société Backpage.com et sa maison mère Village Voice Media a secoué les chroniques. Au bout de quelques années à se cacher derrière la constitution, son rôle dans le marché de l’esclavage sexuel et de la vente d’humains a finalement été reconnu par la justice américaine. En 2015, une enquête sur le trafic sexuel finit enfin par éclore : tous les cas mènent sur l’ancien géant américain. L’affaire Backpage.com est très bien résumée par Slate ici.

Aux États-Unis, près de 10 000 rapports de prostitution infantile sont effectués chaque année.

“I am Jane Doe”, 10 février 2017, un documentaire de Mary Mazzio

Une enquêtrice de l’émission américaine “Special Investigation” avait d’ailleurs, pour un reportage, voulu tester la mise en ligne d’une annonce dans laquelle elle sous-entendait son jeune âge et la vente de services sexuels à la hauteur de 75$. Résultat : de nombreux appels de clients, des propositions de proxénètes mais surtout, personne qui ne soit étonné par son jeune âge.

Durant son mandat, le 44ème président des États-Unis Back Obama a d’ailleurs fait de l’esclavage moderne l’un de ses combats.

En France, de nombreux sites proposant des onglets rencontres amoureuses ou amicales sont pointées du doigt. En 2017, le Complément d’enquête Esclavage, prostitution : les nouveaux trafiquants dénonçait des annonces publiées sur le site Viva Street qui a depuis supprimé ses annonces, à défaut de supprimer ses onglets. D’autres sites continuent tout de même à laisser libre court aux publications à caractère pornographique, comprenant des photos de jeunes femmes qui n’ont pas toujours l’air majeures.

Un traumatisme dont on ne se remet pas toujours

Reconstruction, rejet de soi, des autres et de la sexualité… L’esclavage moderne laisse des séquelles dont on ne se remet pas toujours. Les chiffres sont choquants et pourtant, il ne s’agit que des arbres cachant la forêt. Pour éveiller les consciences, nous vous conseillons le documentaire “I amJane Doe” actuellement disponible sur Netflix.

Pour toutes les personnes concernées : vous n’êtes pas le problèmes, vous n’êtes pas seules.

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