Le Ticket Mode
Culture Décryptage en musique Musique Voyages

Musique des peuples: le Maloya de la Réunion

La rédaction de Le Ticket Mode est un groupe éclectique. Nous aimons voyager, partager la richesse de chaque pays et de chaque peuple. Nous prônons la diversité qui est présente au sens large du terme. La Musique permet de rassembler, nous le répétons depuis le début de cette rubrique. C’est pourquoi aujourd’hui, nous créons un sujet régulier : les musiques des peuples.

Pour notre première, nous vous donnons rendez-vous à la Réunion. Pour les plus érudits, vous vous demandez lequel des deux genres musicaux de l’île nous allons vous présenter… Fin du suspense : partons à la découverte du Maloya, l’âme musicale de la Réunion !

Nous vous avons présenté beaucoup de courants musicaux comme le Rap, le R’n’B, le classique, le jazz et d’autres encore. Ces temps-ci nous faisions beaucoup de portraits d’artistes qui ont marqué le monde de la musique et parfois plus comme Ella Fitzgerald ou encore Richard Bona. Notre but est toujours le même: vous faire découvrir ou redécouvrir des grands talents du monde entier. Un premier voyage musical à la Réunion pour notre nouveau sujet régulier avec le Maloya.

Source: Youtube

Le Maloya et son histoire

Son origine

2009, le Maloya entre au patrimoine culturel immatériel de l’humanité, certifié par l’UNESCO. Une immense fierté pour toute une île, pour tout un peuple. Mais ce courant qui est considéré comme l’âme musicale de la Réunion n’est pas nouveau et a son histoire. Bien que le rythme soit entraînant et donne envie de bouger, la naissance du Maloya ne provient pas d’une envie de faire la fête. En effet, il a été inventé par les esclaves malgaches et africains pour exprimer la douleur et la révolte lors des dures journées de labeur dans les plantations sucrières de la Réunion.

Véritable exutoire, on l’associe aussi à “des pratiques magico-religieuses qui se réfèrent aux différents cultes des ancêtres et des divinités animistes africaines et malgaches” comme l’explique le très intéressant article “L’Histoire du Maloya” de Stéphane Grondin.

Cependant, ce “divertissement” n’est pas au goût des colons qui décident d’interdire toutes formes de musique et de danse. Le Maloya est dénigré, forcé à être mis de côté et décrit comme une musique primitive et bruyante.

Outre l’interdiction des colonisateurs, les adeptes du courant devront aussi faire face à la censure du Gouvernement de l’époque (dans les années 50 à 70), ces derniers jugeant la musique provocatrice.

Le Maloya enfin “libre”

Pour perdurer en dépit de la censure, il est transmis de génération en génération afin de garder ce bel héritage et de ne pas oublier les ancêtres.

Il aura fallu attendre plus d’un siècle pour voir le Maloya enfin révélé publiquement et librement. Terminé le jugement négatif sur cet art et place à l’explosion du genre.

En Métropole, certains connaissent, d’autres pas et il y a ceux qui l’ont découvert un samedi soir sur TF1 dans la fameuse émission “The Voice” avec le jeune talentueux Soan. Lors des auditions, il fera l’unanimité du jury en venant interpréter le classique “La pli y vé tombé” de Jean-Claude Viadère accompagné de son père.

Les sonorités et les danses

Le Maloya est à la fois une danse, une musique et un chant. A l’origine, le Maloya est une discussion entre un soliste et un chœur sous les rythmes d’instruments traditionnels typiques. Avec les années et l’influence d’autres styles, il s’imprégnera d’autres sonorités. La base de cette musique a pour fil conducteur les sons de ses principaux instruments: le roulèr, le kayamb, le pikèr ou encore le bobre.

le Roulèr 

Le roulèr (le rouleur) est un gros tambour. Il est constitué d’un gros tonneau avec une peau de boeuf tendue. Le percussionniste s’y assoit “à cheval ” afin de modifier la tension et le timbre. Il tape dessus à deux mains.

Source; Youtube

Comme toute musique, le Maloya a évolué avec le temps. Il s’est imprégné d’autres styles. Il s’est aussi enrichi avec l’utilisation d’instruments plus contemporains comme la guitare basse, la batterie ou encore le synthétiseur. Nous pouvons ainsi effectuer une classification “grossière” avec un Maloya “traditionnel” et un autre “moderne”. Le premier prend sa source dans les origines de sa création alors que le second vient d’une volonté de créer une fusion avec des influences d’ailleurs comme le reggae ou encore le funk voire le jazz et l’électro.

Le Maloya parle à la fois aux anciennes et aux nouvelles générations. La transmission orale et les traditions ont créé une véritable appartenance à cette identité musicale. Cette musique des peuples de la Réunion est une fierté pour chaque habitant de l’île. Etant une musique très rythmée et enjouée, la danse est une composante à part entière et complémentaire.

Focus sur l’île de la Réunion

Nous ne pouvons parler de Maloya sans parler du territoire où cette musique s’exprime: l’île de la Réunion. Terres de métissages ethniques, elle est le lieu idéal pour le mélange de cultures du monde entier (Afrique, Asie, Europe, …). Située au cœur de l’Océan Indien, l’île est caractérisée par une culture forte et diversifiée. Alimentation, habitations, végétations, reliefs, populations, climats… Autant d’éléments qui sont le lit dans lequel se repose notre musique des peuples du moment, le Maloya.

Vous voulez une invitation au voyage ? Rien de mieux que les yeux d’une autochtone qui nous raconte “son île” pour nous faire découvrir ce morceau de terre dans l’océan avec, entre autres, ses mythes et légendes, mais aussi son fameux rhum et ses paysages à couper le souffle. Ou bien alors les yeux de ces deux jeunes baroudeuses qui ont voulu admirer les couleurs de “l’île intense”.

Quelques noms d’artistes….

Danyel Waro : l’influent

Figure du Maloya et aussi très impliqué dans la révolte du peuple réunionnais, il est reconnu comme la personne ayant remis à la lumière le Maloya sur l’île mais aussi en Métropole. Fils d’agriculteur, il a découvert “par hasard” cette musique qui dans sa jeunesse était interdite. Militant et voyant la musique comme un moyen de faire passer des messages, c’est en détention (pour refus de faire le service militaire) qu’il composera ses premiers textes en créole, qui paraîtront en 1978. Très attaché à ses racines de fils de planteur, il est fidèle à une tradition acoustique et a une voix pleine d’émotion.

https://www.youtube.com/watch?v=g13K4QanHPc

 

Davy Sicard : le coup de coeur

Né à la Réunion en 1973, Davy est un multi-instrumentiste talentueux. Lorsqu’il découvre le Maloya aux côtés de ses aînés, il le définit comme le “blues du créole“, une musique entre douleur et joie. Il est à l’initiative du Maloya cabossé, un mélange de Maloya traditionnel et de World Music. Nous vous conseillons ses albums !

https://www.youtube.com/watch?v=bsl9f5-5lO4

Ziskakan : le groupe phare

Fondé en 1979, avec pour leader Gilbert Pounia, le groupe Ziskakan avait pour première ambition de valoriser et propager la culture réunionnaise. Des années après, Ziskakan ne se doutait pas devenir l’un des groupes les plus mythiques du Maloya. Très engagé pour l’île face à la politique néfaste de la Métropole, le groupe utilise la musique pour militer, tout comme Danyel Waro. Très actif et productif, il ira hors des frontières pour exporter la Réunion à travers le monde, en faisant danser bon nombre de personnes.

https://www.youtube.com/watch?v=XR39JdetMj8

Granmoun Lélé : le doyen

De son vrai prénom Julien Philéas, Granmoun reste un grand nom du courant Maloya. Décédé en 2004 à l’âge de 74 ans, il a su faire partager sa passion pour cette musique. Initié très jeune, il trouve son inspiration au sein de sa famille et donne une dimension spirituelle à sa musique. En plus de sa voix qui demeure unique, Gramoun a fait la différence en étant accompagné sur scène par 12 musiciens, dont 7 d’entre eux étaient ses enfants. 

https://www.youtube.com/watch?v=Tq_WNrJ0xhM

En cette période où les tensions sont grandissantes, nous souhaitons être unis, montrer que nous sommes tous ensemble et qu’il n’y a pas de couleur qui compte, simplement la passion. La différence est une force, il n’est question que de point de vue. Nous, qui tenons cette rubrique, en sommes d’ailleurs la preuve vivante. Peu importe d’où vient le groupe ou la langue parlée, seul le ressenti et le lien à autrui comptent. Nous vous enverrons votre prochaine invitation au voyage musical. PEACE, LOVE & MUSIC !

 
 

 
– Article co-écrit par Jess et Ric –
 
 
 

 
Rendez-vous sur Hellocoton !

Related posts

RnB vous avez dit Rnb ?

Jess Parisot

Ink Art : l’art de vivre de Toronto

Le Ticket Mode Team

Le ciné à la maison : les 5 films du confinement

Coline Pautier

Poster un Commentaire

avatar
  S’abonner  
Me notifier des