Le Ticket Mode

Notre beauté humaine vient du fait que nous sommes uniques.
Uniques et asymétriques, avec des singularités, des oreilles un peu décollées, des taches de naissance, des yeux qui louchent. La mode célèbre l’art vivant du quotidien. Les habits que nous portons dans un effort d’élégance nous élèvent et subliment ces asymétries.
Retour sur ce que la mode en a fait.

L’équilibre et la structure sont deux maîtres-mots dans l’histoire du costume. Mais avec l’émergence des courants artistiques modernes, l’art contemporain s’est infusé à travers les coupes des robes et des vestes de tailleurs. C’était le twist d’un revers, le raccourci d’une manche, les rayures d’un côté et les pois de l’autre. Refrain de liberté, touche d’amusement pour se défaire du sérieux vêtissement, pied de nez aux coutumes.

Madeleine Vionnet

En 1912, Madeleine Vionnet, icône de la couture française, étudie l’oblique avec attention. Elle invente la coupe en biais et inspirée par la chanteuse Isadora Duncan et ses costumes de scène à la grecque, elle redécouvre la technique du drapé, cascade de tissu sur les robes du soir. Elle supprime le corset pour laisser place à plus d’asymétrie justement, car le haut du corps respire enfin. Sa structure réside au contraire en une construction de drapés, savamment disposés tout le long de la robe. J’y vois personnellement un présage au génie de Cristobal Balenciaga, couturier, artiste, architecte et créateur.

Madeleine Vionnet, ensemble du soir, 1935
Cristobal Balenciaga

Aujourd’hui, on pense par exemple à la marque de chaussures « dépareillement vôtre », Caval. L’asymétrie s’y dessine d’un soulier à l’autre avec des couleurs et des motifs différents, parce si on a deux pieds, c’est qu’il y a matière à les distinguer. La preuve en image avec mon ami Floris, et ses pieds surtout.

Floris x Caval
Floris x Caval

De nombreux créateurs se sont essayés aux puzzles textiles, soit par désaccord ou rébellion contre la norme, soit par liberté artistique. Je pense notamment à Alexander McQueen, Vivienne Westwood ou Thierry Mugler, connus pour leurs évasions et leurs fantasmagories.

Alexander McQueen

Mais l’asymétrie en vêtements, même si nous la portons ancrée corporellement, n’est-elle pas une phase, une manière de rebondir sur l’instant, une échappée transitoire ?

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