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La petite histoire #85 : Le carré Hermès, l’accessoire emblématique du luxe à la française

Devenu une icône mythique et vendu aux quatre coins du monde entier, ce foulard de twill de soie a traversé les époques en s’imposant comme un véritable classique intemporel. 

Porté par Grace Kelly, Jackie Kennedy, ou encore Madonna , prisé par les « modeuses », ou bien les collectionneurs, transmis de génération en génération comme patrimoine de mère en fille. Cet objet phare, identifiable au même titre  que le fameux sac à main « Birkin», la couleur orange ou encore le bracelet « chaîne d’ancre », s’inscrit dans la culture de la marque.

Depuis plus de 80 ans,  la Maison Hermès laisse son empreinte dans l’histoire de la Mode avec son carré soie . Mais comment a-t-elle construit cette image ?

Du monde équestre à celui de la mode

© Hermès

En 1837, Thierry Hermès fonda à Paris une manufacture de sellier-harnacheur, proche de l’église de la Madeleine, avant de s’installer rue du Faubourg Saint Honoré. L’entreprise, à ses débuts, connaît déjà un vif succès grâce à son savoir-faire haut de gamme et un carnet de commandes destiné à une clientèle élitiste . Ainsi, le nom du Tsar Nicolas 2 y figure .

L’arrivée de l’automobile ayant entièrement bouleversé le moyen de transport principal de l’époque, le cheval, la production de harnais ou autres équipements n’étant plus d’actualité, le sellier a donc commencé à se diversifier.

Le tout premier carré

© Jeu des omnibus et des Dames Blanches, Hermès

Hermès souffla ses 100 bougies en 1937, c’est alors que Robert Dumas, aux commandes de la marque dessina de sa plume le premier carré de soie nommé : « Jeu des Omnibus et des Dames Blanches». L’imprimé reprend la représentation d’un jeu de l’oie, très en vogue à cette époque. 

On raconte qu’il serait aussi un clin d’oeil en hommage à la première ligne de transport parisienne. L’inspiration et la création des foulards viendraient des petits mouchoirs de poche féminin, qui ont gagné en taille avec les époques et la mode pour être portés autour du cou.

Le saviez-vous ? Un carré appelé papillon

  © Hermès

Différents imprimés ont ensuite vu le jour après ce premier carré en twill de soie avec des illustrations mettant en scène la chasse, les voyages ou des thèmes équestres, identité première de la marque. Chaque carré est baptisé « papillon » et la réalisation de ce tissu est produit par 300 œufs de vers à soie. 

Pourquoi cet objet est-il un vrai bijou ? Un savoir-faire Made in France

© Hermès

Aujourd’hui, Hermès fabrique et conçoit ses carrés en région lyonnaise, berceau de la soierie. La conception et la production d’un foulard représentent deux années de travaux, tandis que la partie création et illustration est égale à 800 heures de travail en atelier. L’étape des couleurs et le respect des nuances pour les différents calques réalisés pour l’impression, demandent quant à eux 6 mois de travail. Les finitions des foulards sont faites à la main, la couture des bordures appelée « le roulottage » représente 45 min par pièce.

Octogénaire et pas une ride !

© Hermès, design by Ugo Bienvenu

La maison est restée fidèle à son héritage et sa créativité en se réinventant selon les codes actuels, tout en démocratisant l’image de son carré très classique. Le cliché du foulard très dame des beaux quartiers ou des soirées mondaines a su évoluer en se modernisant, grâce aux multiples collaborations avec des artistes tels que le photographe japonais Hiroshi Sugimoto ou le graffeur Kongo, figure de l’art urbain. 

Hermès ne cesse de  séduire. Son petit dernier, le carré « double face » a été  lancé cette année et représente une véritable innovation technologique. Un imprimé recto/verso avec des couleurs et illustrations différentes, technique qui, jusqu’à présent, était irréalisable.  La maison ne s’arrête jamais et a su initier ce savoir-faire.

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