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La légende Hawking : l’histoire d’une vie et d’une maladie

Fauteuil roulant, voix synthétique, Stephen Hawking ne se résume pas à cela. Derrière sa maladie, qui contribue à créer la légende, se cache un homme exceptionnel. Considéré comme le plus grand scientifique de notre siècle, il voue sa vie à l’univers. Le 14 mars 2018, âgé de 76 ans, l’astrophysicien part rejoindre les étoiles. Retour sur une vie hors normes.

Coïncidence ou non, Stephen Hawking semble lié à la science du début à la fin. Le 8 janvier 1942, à Oxford, Isobel Hawking donne naissance à la future légende. Une date qui marque également le 300e anniversaire de la mort de Galilée. Astronome, physicien, et mathématicien, Galilée est considéré comme l’un des fondateurs de la science moderne. Stephen Hawking quitte ce monde le 14 mars 2018, soit 139 ans, jour pour jour, après la naissance d’Einstein.

Le jeune britannique grandit dans un milieu intellectuel, avec ses sœurs Mary et Philippa, et son frère adopté, Edward. Studieux, il est, dès son plus jeune âge, cible de railleries d’autres élèves. Stephen Hawking aime jouer au Monopoly, fabriquer des feux d’artifice et danser. Adolescent, il fait partie d’un groupe de garçons créant des jeux de société et mettant au point un ordinateur (rudimentaire certes, mais nous n’en sommes pas tous capable). Son engouement pour la physique démarre grâce à sa fascination par le fonctionnement des jeux et son envie de les contrôler.

Le drame d’une maladie

Mariage de Stephen Hawking et Jane Wilde. Source : flickr.com

Comment réagiriez-vous si l’on vous annonce qu’il ne vous reste que deux ans à vivre ? Pas facile à imaginer et cette situation, le jeune homme l’a affrontée à seulement 21 ans. Atteint d’une sclérose latérale amyotrophique (maladie de Charcot), le choc est brutal. Il comprend qu’il ne pourra bientôt plus marcher, parler, manger, voire respirer, sans assistance. Cette maladie incurable est synonyme de dégénérescence des cellules nerveuses dans la moelle épinière, d’atrophie musculaire, mais surtout d’une fin de vie imminente. En plus d’être connu pour son génie, Stephen Hawking est un représentant emblématique de cette maladie. Un combattant déjouant tout pronostique, allongeant sa durée de vie de 2 ans à 55 ans.

On dit que l’amour donne des ailes, peut-être cela a-t-il était le cas pour l’astrophysicien. Son amour pour Jane Wilde, mère de ses trois enfants (Robert, Lucy et Timothy), lui a donné la force de se battre. Un soutien dont il n’aurait pu se passer. Quand on lui demandait ce qu’il souhaite que l’on retienne de lui, il n’hésite pas. « J’espère que l’on se souviendra de mon travail sur les trous noirs et l’origine de l’univers. Mais, par-dessus tout, j’aimerais que mes enfants et petits-enfants se souviennent de moi comme de leur père et grand-père. » C’est quand même beau l’amour.

Entre paresse et génie

Si vous vous ennuyez pendant les cours, cela signifie peut-être qu’un génie sommeil en vous. C’est en tout cas ce qui s’est passé pour Stephen Hawking. Ne vous trompez pas, il n’était un génie précoce. Ses résultats scolaires étaient corrects mais pas extraordinaires. Un étudiant paresseux, mais selon sa mère, autodidacte, « un papier buvard qui absorbe tout ». Arrivé à l’University College d’Oxford, alors âgé de 17 ans, il trouve les cours ennuyants (comme beaucoup de personne nous diriez-vous…). La raison ? Un niveau qu’il juge trop facile pour lui. Ni une, ni deux, il décide alors de ne suivre que les séminaires de Robert Berman, son directeur d’études. Le reste du temps, il le passe sur la rivière à faire de l’aviron. Un loisir qui a faillit lui coûter cher. Il décroche, in extremis la mention très honorable, nécessaire pour être admis à l’Université de Cambridge.

Une histoire de trou noir et de Big Bang

A Cambridge, son génie et ses travaux alimentent les conversations. Des recherches qui remettent en cause tous les courants de pensée traditionnels dans le domaine de la cosmologie. Un respect pour lui grandit, et il se voit invité à intégrer la Royal Society de Londres. Il s’agit d’une société prestigieuse comptant les plus grands scientifiques du monde. Naturellement, Isaac Newton, Charles Darwin et Albert Einstein en faisaient partie. Quelques années plus tard, l’Université de Cambrigde honore Stephen Hawking de la meilleure manière qu’il soit. Elle le nomme à sa chaire de professeur lucasien de mathématique. Ce qu’il faut retenir de ce titre incompréhensible, c’est qu’il s’agit d’un poste très prestigieux, occupé, avant lui, par Isaac Newton.

Ce qui lui a valu tant de respect, c’est principalement ses travaux sur les trous noirs et le big-bang.

Source : pixabay.com
  • Trous noirs et rayonnement Hawking. Pour faire simple, un trou noir (schématiquement une étoile en fin de vie qui s’effondre sur elle-même) n’est en fait pas si noir que ça. Stephen Hawking développe l’idée qu’en plus d’absorber la matière et la lumière qui passe à proximité, les trous noirs émettent aussi un rayonnement. En 1974 il réussit à associer deux constantes que tout oppose. Résultat du calcul : les trous noirs peuvent « s’évaporer » en émettant un léger rayonnement.
Source : pixabay.com
  • Big-bang et singularités. Une singularité, c’est un point qui semble être infiniment courbé. Robert Penrose, scientifique, montre qu’il existe une forme de singularité dans l’espace-temps. Une théorie reprise par Stephen Hawking qui étend les travaux de son confrère au cas du big-bang. Conclusion des chercheurs : une singularité est inévitable. Conclusion de Stephen Hawking : notre Univers aurait surgi d’une singularité dans l’espace et le temps. Autrement dit, le temps tel que nous le connaissons, n’existait pas avant le Big Bang.

Un succès inattendu

Grand astrophysicien mais pas que ! Stephen Hawking est également écrivain. Son plus grand succès, il le connaît en 1988, lors de la publication d’Une brève histoire du temps. Dans ses lignes, le scientifique transmet son savoir. Il explique, de manière vulgarisée, les grands principes de la cosmologie. Un ouvrage qu’il veut accessible à tous. Contre toutes attentes, son livre souvent décrit comme « mal écrit » et « assez confus », devient un bestseller. Depuis sa sortie, il s’est écoulé à plus de 9 millions d’exemplaires. Une grande première pour un bouquin de vulgarisation scientifique.

Un personnage populaire

Connu pour ses travaux, sa maladie, ses ouvrages, Hawking devient l’incarnation populaire du scientifique. Une icône aux yeux de tous. Son existence, résumée à sa volonté de percer les secrets de l’Univers, et sa volonté de transmettre son savoir, l’on mené au sommet. Il brille bien au-delà du domaine scientifique. Pas dupe pour autant, il est conscient que sa maladie joue un grand rôle important dans le mythe qu’il incarne. Il a déclaré : « Je suis certain que mon handicap a un rapport avec ma célébrité. Les gens sont fascinés par le contraste entre mes capacités physiques très limitées et la nature extrêmement étendue de l’Univers que j’étudie ».

Stephen Hawking en compagnie de Barack Obama. Source : White House photostream

Cette notoriété lui ouvre des portes. Le cosmologiste rencontre les présidents américains, les papes, la reine d’Angleterre et fait de multiples interventions pour promouvoir la recherche. Il joue son propre rôle dans des séries comme Star Trek, The Big Bang Theory, The Simpsons et un biopic lui est consacré en 2014.

Rôle d’acteur mais aussi talent de chanteur. Avec sa voix synthétique, il « chante » aux côtés de U2, Pink Floyd et Monty Python.

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