Le Ticket Mode
Cinéma Culture

J’ai perdu mon corps, César du meilleur film d’animation 2020.

Cet animé français m’a mis comme une claque dans la bouche accompagnée d’une poche de glace mais je vais quand même essayer de bafouiller quelques phrases pour vous exprimer mon sentiment sur ce film d’animation qui est « J’ai perdu mon corps », premier long métrage de Jeremy Clapin, récompensé par un césar pour le meilleur film d’animation 2020. C’est une adaptation du roman de Guillaume Laurant  « Happy Hand ».

Ce film d’animation fait le parallèle entre une main et le portrait d’un jeune homme qui essaie de survivre après ses multiples péripéties. Le récit est rythmé par la ballade de cette main qui vadrouille dans Paris en passant du métro aux habitations et Naoufel , un jeune homme qui tente de suivre son existence dans la capitale.

Les images virevoltent entre réalité et onirisme. Le trait du dessin est assez marqué avec des lumières très contrastées comme les tableaux chez les surréalistes. Certaines séquences du film me rappelle « Le chien andalou » de Luis Bunuel, un court métrage qui a su déranger à l’époque le spectateur par sa mise en scène et la véracité de son montage.

Les transitions entre le temps réel et le souvenir sont quasiment imperceptibles, le son lie à merveille ses réminiscences. A travers ces vues subjectives, la compréhension du danger, de l’apprentissage et de la vie sont magnifiées par ces séquences. L’ambiance est surprenante, elle est à la fois épurée et détaillée, renforcée par ce contraste tout au long du film. 

Le son a une force incroyable dans ce récit, plus qu’un partenaire pour l’image, il est la trame principale de l’histoire. Par ce médium, Naoufel est traversé, charmé comme lorsqu’il rencontre cette femme par le biais de l’interphone. Cette voix le réconforte, l’englobe, l’anime. L’idée de créer une rencontre par le biais d’un interphone est magique, Naoufel a beau être le seul visible à l’écran, la voix a une présence inégalable, face à cette situation. Le son donne réellement du fil à retorde à Naoufel, il avance et freine la cadence de son existence, il est à la fois sa joie et son fardeau.

L’histoire nous ramène à quelques choses de très simple, la vie est pure hasard, on a beau la traquer, l’attirer dans notre folie, elle est imprévisible, elle peut vous arracher du jour au lendemain à une chose à laquelle vous tenez. La mouche joue un rôle majeur dans le scénario, elle est la personnification de la vie. On a beau essayé d’anticiper son tracé, se projeter, vouloir la conserver, elle est tout sauf linéaire. Et c’est le constat que nous faisons devant ce long métrage, la vie est insaisissable, comme le dit un des personnages «on ne gagne pas à tous les coups, c’est la vie »

J’ai perdu mon corps est une prouesse technique dans l’ensemble de sa réalisation, il est à la fois marquant et insaisissable comme son récit.

Télérama.fr
Rendez-vous sur Hellocoton !

Related posts

Dwayne Johnson, futur président des États-Unis ?

Estelle Pereira

Le handicap…connu ou méconnu ? Telle est la question !

Ric

Le Ticket Mode se livre #21

Fanny Pourpre

Poster un Commentaire

avatar
  S’abonner  
Me notifier des