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Interview Julie Will : Out of Control

Jeune femme de 28 ans, Julie Will est l’heureuse créatrice du roman Out of Control, sortit aux éditions Lips & Co., le 7 octobre 2019. À 14 ans, elle se lance dans l’écriture, déterminée à prouver à sa sœur qu’il est possible de finir un roman. Rapidement, cela devient un moyen d’expression. Aujourd’hui, c’est devenu essentiel. Interview d’une auteure pleine de vie et emplie d’imagination.

Pouvez-vous nous en dire plus sur votre livre ?

Out of control est né d’un petit coup de gueule. Ma sœur lisait beaucoup de romance et elle m’en faisait passer sauf que rapidement, j’en ai eu marre du personnage principal féminin naïf ou du bad boy charmeur et aimé par toutes car il est sportif. J’ai donc voulu prendre le contre-pied et casser les codes de la romance. Quand j’ai commencé à écrire ce manuscrit, on ne lisait pas encore autant de romance LGBT. C’est donc en faisant mon cours de tennis que l’idée m’est venue. Ce ne serait pas un sportif mais une sportive. Intransigeante, comme ce sport. Passionnée, comme je le suis. Qui va faire face à un imprévu remettant tout en question, comme ça m’est arrivé dans mon parcours sportif. Tout cela m’a aidé à trouver les mots justes pour décrire les situations.

Mais il me fallait plus qu’une simple histoire de sportive qui se blesse. C’est à ce moment-là que l’idée d’un personnage bisexuel m’est venue. Rapidement, le concept de l’identité sexuelle est apparu comme intéressant car aujourd’hui, s’assumer dans une société qui s’ouvre à la liberté de l’identité sexuelle très lentement, ça me parait complexe. J’avais envie de faire comprendre aux jeunes qu’en effet, ce n’est pas facile, même pour Kim dont le caractère affirmé lui permet de s’assumer plus aisément mais qu’on ne doit pas se cacher parce que les gens nous jugent. Ce qu’on est, ça nous regarde, tant que ça n’entrave pas la liberté des autres.

Ensuite, le message de persévérance du roman vient pour beaucoup de mon histoire personnelle. C’est simple, je ne lâche rien. Peu importe le temps que ça prendra, quand j’ai décidé de parvenir à quelque chose, j’y parviens. J’ai pour habitude de dire : “le chemin qui mène au sommet a pour nom persévérance”. Cette phrase me caractérise bien car elle prend en compte la ténacité mais également le côté lent des réussites. On n’a pas tout, tout de suite.

Comment ça se passe dans la tête d’un auteur ?

Dans la tête des autres, je ne sais pas, mais dans la mienne, ça fuse dans tous les sens ! J’ai souvent lu que les auteurs de renom utilisaient une trame bien définie, avec des personnages bien définis et qu’ils savaient exactement où ils allaient. En ce qui me concerne, je vais créer une trame de départ en 5 ou 10 lignes, et broder au fur et à mesure. Ce n’est pas une méthode conventionnelle, et on s’en fiche en fait, non ? Mais si je fais une trame du début à la fin, eh bien c’est simple : je n’écris plus ! Ce que j’aime quand j’écris, c’est que, sans perdre de vue l’objectif, disons la fin en elle-même, je laisse faire le moment présent. Par exemple, j’écris et puis d’un coup je me dis “mais non, tel personnage n’était pas censé faire ça!” et finalement, la plupart du temps, c’est mieux que ce que je prévoyais parce que je suis totalement dans le contexte et l’histoire à ce moment-là.

Après, je pense qu’il est tout de même important de faire des fiches des personnages qui soient complètes car ils ont des spécificités et des comportements précis sur lesquels on se doit d’être cohérent. On doit les connaitre par cœur. En ce qui concerne les recherches sur des sujets précis, je le fais, en général, en profondeur. J’en apprends bien plus que ce que j’en dévoilerai dans mon roman mais c’est essentiel pour moi de comprendre le fonctionnement pour englober au mieux le contexte.

Avez-vous un deuxième livre en cours d’écriture ?

J’en ai plusieurs ! Je ne vais pas parler des synopsis mais je peux donner le style littéraire… Car non, je n’écris pas que de la romance, bien au contraire ! J’ai donc terminé un roman feel-good et je croise les doigts pour qu’il plaise à un éditeur prochainement.

J’écris aussi la version masculine de “Out of Control” pour que les lecteurs puissent avoir la vision de Finn, le personnage masculin ainsi que plus de détails sur son histoire personnelle. Le caractère de Kim fait que je ne pouvais pas aller loin dans ses questions sur Finn.

Enfin, je travaille d’arrache-pied sur une dystopie/fantasy qui se déroulera en 3 tomes. Le premier est en cours de relecture et les trames (début et fin, donc), des second et troisième tomes sont bien avancées. Là aussi, il faudra taper dans l’œil d’un éditeur. A suivre, donc…

Comment se passe la recherche d’une maison d’édition ?

La première chose à savoir, c’est qu’il faut bien cibler sa maison d’éditions. Il en existe énormément en France mais il faut correspondre à leur ligne éditoriale. Il faut accepter de prendre et de perdre du temps à chercher précisément celle qui nous correspondra. Ensuite, il faut envoyer son manuscrit en veillant bien à respecter les demandes de chaque maison (papier, mail, police de caractère, interligne, présentation…). C’est un travail de longue haleine. Et après… l’attente ! Souvent longue, avec beaucoup de non réponse et énormément de réponses négatives. Le monde de l’édition est intransigeant. Néanmoins, les réponses négatives ne veulent pas dire que le manuscrit est mauvais. Quelquefois, j’ai eu des réponses qui m’expliquaient que mon roman ne correspondait pas au développement actuel de la maison.

Et, quand on a une réponse positive, il ne faut pas crier victoire trop vite. Il faut bien se renseigner sur le contrat que l’on vous propose (compte d’auteur = vous payez une partie ; compte d’éditeur = tout est pris en charge) et sur les contrats trompeurs qui, à première vue, sont à compte d’éditeur mais qui, dans le contrat, vous demande tout de même une participation financière. Il faut être prudent par rapport à ce que l’on souhaite. Pour exemple, j’ai refusé 4 contrats d’éditions pour Out of Control, avant d’accepter le cinquième, parce qu’il me convenait.

Quels conseils donneriez-vous à une personne voulant se lancer dans l’écriture ?

Tout d’abord, de savoir pourquoi vous écrivez. Pour vous, pour les autres, pour gagner de l’argent ? L’écriture, c’est une passion. Ce n’est pas donné à tout le monde, néanmoins, ça se travaille, c’est comme tout.

Ensuite, de savoir où vous voulez aller quand vous écrivez. Avez-vous un message à faire passer ? Est-ce simplement votre imagination qui vous pousse à inventer ? Quel type de public ou de tranche d’âge visez-vous ?

Après, c’est de s’y mettre vraiment. Si vous voulez écrire une histoire, obligez-vous à travailler dessus régulièrement. Je vous assure, quand on laisse quelque chose trainer, on a beaucoup de mal à y revenir. Trouvez votre méthode de travail : création des personnages sur ordinateur, sur cahier, idées jetées par ci par là ou très organisées dès le départ… Qu’est-ce qui vous correspond le mieux ? Et surtout, si vous vous lancez, forcez-vous à n’écrire qu’un roman à la fois. Quand on a l’habitude et que c’est une passion, passer d’un manuscrit à l’autre se fait plus facilement mais au départ, centrez-vous.

Et enfin, amusez-vous ! Si vous écrivez pour les autres, vous allez vite vous lasser. Faites ce que vous avez envie, il sera toujours temps de retravailler ensuite si vous souhaitez proposer vos écrits à un éditeur.

Peut-on vivre de l’écriture ?

Difficilement ! Disons que quand on est connu, publié dans plusieurs pays, oui. Mais la plupart du temps, non. Même les écrivains qui ont gagné un concours par le passé ou ont eu du succès rapidement peuvent retomber dans le presque anonymat et ne pas ou ne plus en vivre. C’est pour ça que l’écriture est une passion avant tout. Je suis comme la plupart des écrivains : j’ai un travail à côté ! Et à temps plein !

Un mot pour la fin ?

Lisez, écrivez, jouez avec les mots. Les histoires sont inventées pour une seule raison : s’évader, alors, qu’attendez-vous ?

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Julie Will

Je ne remercierai jamais assez Fanny pour le temps qu’elle a prit à lire mon roman, à échanger avec moi et à faire cette interview. C’est un grand et immense plaisir, partagé, je l’espère !