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Ikiru , « il faut tenter de vivre »

Qui n’a jamais eu ce fantasme de tout quitter, du jour au lendemain pour aller ouvrir un bar à cocktail sur une plage paradisiaque? 

Maintenant qui a réellement sauté le pas ? Si c’est votre cas, respect !

Ikiru est un film de Akira Kurosawa de 1952. Ce film nous conte les derniers instants d’un vieil homme atteint d’un cancer. Les dés sont jetés, il lui reste peu de temps à vivre. Que va t-il faire de ces jours comptés ?

C’est vrai que pour un début de film, il y a plus joyeux. Mais c’est sans compter sur le rythme de cette balade qui vous prend par le bras et vous emmène dans ses différentes atmosphères. Tantôt cruel, tantôt magnifié.

Au delà de sa poésie, la réalisation vous désarme par sa réalité. Elle nous plonge dans un Japon procédurier, où l’organisation en entreprise est poussée à son paroxysme. Une scène évoque un conflit entre un groupe de femmes et l’administration qui ne souhaite pas leur venir en aide. L’ambiance est brute, tout comme son récit.

« Ikiru » met en avant les inégalités et compose ses portraits en décrivant différentes générations.
De l’enfant aux parents, de la jeune salariée au comédien quarantenaire, A.Kurosawa nous transporte dans chacun d’eux. Sur leur compréhension du monde, sur leurs attentes et leurs cultures. 

Par le biais de la mise en scène du film, le réalisateur expose et exprime de manière subtile, le comportement de ses protagonistes face à autrui et à son personnage principal.

En effet nous découvrons au premier abord un personnage (interprété par Takashi Shimura) qui semble, stoïque, ragaillardi par les années, son corps ne fait qu’un avec son bureau. Comme si avec le temps, il était devenu son fardeau voire son propre tombeau.

Apres l’annonce du docteur sur son état physique, sa motivation n’est plus la même. Il décide tout simplement de vivre sa vie. Pas celle qu’on lui impose et qu’il s’est imposé à lui avec le temps. Mais retrouver le vrai sens de la vie, avec ses tournants, ses joies, ses réflexions et ses regrets.

Ainsi commence le voyage de cet homme qui ne demande qu’à redécouvrir des moments de partage avec autrui. De la douceur à l’ivresse, l’homme jouit de tout son être. L’une des plus belles promesse du film est la détermination de ce personnage, le courage qu’il embrase pour finaliser son ultime projet.

Bien que le film ait presque 70 ans aujourd’hui, le sujet est pourtant très actuel. Ikiru nous renvoie à ce que nous sommes, des êtres stagnants et parfois changeants.
Ne nous laissons pas dicter par une pression ou un doute. Il faut vivre, pas pour eux, pas pour lui mais pour soi.

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