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Fast and furious road : Mad Max 4

Flashback en 2015.

Max Rockatansky revenait après trente ans d’absence, toujours aussi « destroy », pas une ride, mais encore plus excessif. Avec un budget démultiplié, le petit-film indépendant australien qu’était le premier Mad Max en 1979, devenait alors le blockbuster hollywoodien couronné de 6 Oscars, aux boutons tous tournés au maximum. Au lendemain de la décennie juste écoulée, ce film d’action survitaminé figure sur nombre de listes des top de 2010-2019 !

Le créateur original de la saga, George Miller, réalisateur et scénariste, reprends les commandes de son bolide à l’allure folle, dans le même univers dystopique. C’est un monde désertique, post-apocalyptique, où s’agitent furieusement une poignée de survivants d’un univers atomique, dans le sable infini de dunes à perte de vue, sous un soleil de plomb. Voilà sans doute à quoi peuvent s’attendre nos futures générations du réchauffement climatique…

Immortan Joe

Ces quelques nomades attroupés en gangs de motards, en milices armées, en sectes suicidaires, s’affrontent sang et eau pour le contrôle de l’essence et de l’eau. Ces denrées raréfiées font l’objet de négoce en marge de la légalité, de chantage et de guerres intestines. Qui les possède est roi du monde. Immortan Joe est l’un de ces rois mégalomaniaque à tendance sectaire. Il a levé une armée de sbires dévoués corps et âme à ses desiderata belliqueux. Ses troupes avides d’action et de mort, les «  war boys », ont capturé Mad Max, qui est de groupe sanguin O, donc donneur universel. Il se retrouve pendu au plafond relié à une intraveineuse qui transfuse, Nux, un war boy souffreteux, lequel deviendra son ami après maints poursuites, combats et trahisons.

Le film commence dans la citadelle gouvernée par Immortan Joe, où la plèbe est réduite en esclavage et rationnée pour l’eau pompée secrètement dans les profondeurs de souterrains de ces grottes rocheuses imprenables. Max est entraîné malgré lui, comme poche de sang portable, arrimé à l’avant d’un bolide caparaçonné par des ferrailleurs, conduit par Nux en quête de reconnaissance post-mortem. Ils sont à la poursuite d’un camion-citerne-militaire dévoyé. A bord du précieux convoi à la dérive, c’est Impérator Furiosa, incarnée par une Charlize Theron au crâne rasé et amputée d’un bras, qui s’évade de la secte para-militaire avec un chargement confiné : les esclaves sexuelles du leader Joe. De belles mannequins, une blonde, une brune, une rousse, une noire, vêtue de toges diaphanes. L’une d’elle est enceinte jusqu’au cou.

C’est la guerre des sexes avant l’affaire Weinstein et le mouvement #MeToo. Un film d’action féministe, où les femmes sont plus fortes que les hommes, mais tout de même avec tous les codes masculins du genre : grosses voitures, armes à feu, explosions, gros muscles, sang, heavy-metal…

Et le héros, mâle, est celui qui sauve les demoiselles en détresse, même s’il commence par se battre contre elles.

Le graphisme des compositions du cadre est spectaculaire. Aidé par un dessinateur de bandes-dessinées, l’artiste britannique Brendan McCarthy, Miller signe des images époustouflantes, aux lignes dynamiques, aux couleurs flamboyantes. L’écran est divisé en deux sur l’horizon : bleu pétard dans le ciel, et orange saturé dans les dunes. La nuit tout est bleu. Les costumes et les véhicules blindés, soudés de bric et de broc, comme des armures de fortune, sortent d’un univers « steam-punk ».

Pratiquement tout se passe sur la route, à fond la caisse, comme si on ne pouvait pas s’arrêter pour souffler. En ce sens, cet opus rejoint la saga des Fast and Furious ou des Mission Impossible. Mais je dirais plutôt que c’est un dessin animé de la fin des années soixante, Les fous du volant (avec Satanas et Diabolo) qui donne le ton au montage effréné d’un course insensée où tous les coups, les pièges, les bottes secrètes sont permis. Les uns passent devant, puis sont dépassés, détruisent leurs concurrents, sont rattrapés par d’autres, tombent en panne, sont sauvés par une tempête de sable… et j’en passe. Qui dérobe son volant, qui bloque les freins, qui injecte de l’essence dans l’entrée d’air, qui arrache le radiateur, qui crève les pneus, qui explose sous les roues. Avec l’énergie et l’immortalité des cartoons !

Là où le premier film de Steven Spielberg, Duel, jouait sur le silence, le non-dit et les préconceptions pour générer l’angoisse et le suspense impressionnant d’un automobiliste suivit par un camion de trop près, jusqu’à la mort, l’épique road-movie de George Miller ravage tout sur son passage et bombarde l’écran de violence à chaque instant, pour que le spectateur, le souffle court, ne puisse pas se ressaisir.

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