Le Ticket Mode
Le p'tit mot de Maÿlis

Expo Nadar à la BnF, la saga des Tournachon

Explorer le phénomène Nadar, c’est pénétrer le mystère d’une famille, la complexité et la complicité des rapports entre passionnés. C’est aussi toucher du doigt la densité artistique du XIXème siècle et découvrir la faune des écrivains, peintres, danseurs ou comédiens à travers l’objectif de l’appareil photographique.

Les Nadar ne s’appellent pas les Nadar

Félix et Adrien Tournachon sont frères. Félix épouse Ernestine qui accouchera de Paul qui lui-même aura une fille, Marthe. A eux cinq, ils vont forger la légende Nadar, pseudonyme utilisé par tous les membres du clan et qui signe toutes les photos de l’atelier.

Félix

Quand on parle de Nadar, on entend surtout Félix, artiste protéiforme, à la fois caricaturiste de talent, romancier, journaliste, aéronaute et historien de la photographie. Principalement connu pour sa pratique de la photographie, à laquelle il donnera ses définitives lettres de noblesse, il forme le noyau de la fratrie Nadar, fondant son premier studio au 113 rue Saint-Lazare, élu pour sa position laissant place à la lumière naturelle. C’est là qui exécutera ces plus célèbres portraits, gimmick de la maison, de tout le bestiaire parisien, depuis Charles Baudelaire jusqu’à Sarah Bernhardt. Formé par le dessin, il saisit l’intime dans chacun par la grâce unique des drapés et l’éclipse des contours pâteux.

Sarah Bernardt, Félix Nadar

Ernestine

Elle et Félix se marient en 1854. Ernestine est un pilier de la famille, la tête bien faite et le cœur généreux. Elle fait tourner le studio grâce à une bonne comptabilité et le relève plus d’une fois de la faillite. Sensible et discrète, elle gère les backstages sans jamais toucher à l’art de la photographie.

Ernestine, Félix Nadar

Adrien

Moins célèbre que son frère Félix, Adrien n’en demeure pas moins une figure artistique extrêmement riche. Peintre à l’origine, il gardera toujours un œil singulier et une maîtrise exceptionnelle de la lumière. Adrien utilise le soleil cru en contre-plongée pour questionner la réalité des visages qu’il campe avec une sensibilité exacerbée. Il installe ses modèles sur des fonds neutres, clairs ou foncés, laissant toute la place au personnage pour s’exprimer. Comme voilé par l’ombre de son frère, il signe Nadar Jeune. Adrien est bohème, compliqué, excessif. Sa vie se clôture dans la misère, assombrie par ses différends avec Félix.

Gérard de Nerval, Adrien Nadar

Paul

Fils de Félix et d’Ernestine, il grandit à l’atelier entre les cuves de développement et les objectifs en réparation, servant de modèle à répétition. Attrapé par l’hérédité, Paul manifeste très tôt un goût prononcé pour la photographie qu’il pratiquera exclusivement, à l’opposé de son oncle et de son père, avec lequel il entretient d’ailleurs une relation complexe. Caractérisé par une ardeur persévérante, Paul se consacre aux progrès techniques de la profession et dirige l’atelier Nadar d’une main de maître pendant près d’une cinquantaine d’années, assisté par sa fille Marthe.

Joséphine Baker, Paul Nadar

L’exposition écrit l’histoire des Nadar comme on raconte le XIXème siècle, avec sa richesse artistique incroyable, ses avancées techniques et ses guerres sociales. Cet article pourrait en dire beaucoup plus, sur la passion de Félix pour les montgolfières ou sur le lien entre électricité et photographie. Mais pour savoir ces deux trois choses-là, allez donc faire un tour à la BnF, l’expo continue jusqu’au 3 février.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Related posts

FASHION REVIEW #5 : FW 2019 à Londres, la folie Vivienne Westwood

Maÿlis Magon de la Villehuchet

Réflexion sur le coup de soleil

Maÿlis Magon de la Villehuchet

Agence Wanted, être beau différemment

Maÿlis Magon de la Villehuchet

Poster un Commentaire

avatar
  S’abonner  
Me notifier des