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Badiner avec l’amour : la leçon de Gangrène

On vous en parlait dans notre sélection littéraire du mois de juillet, “Gangrène, une histoire d’amour” est une remise en question de la société et de son obsession pour le couple et le sentiment amoureux, dont son personnage principal Chloé subit les frais.

De tout temps, l’amour ou du moins le couple a été perçu comme le signe d’une réussite sociale. Être seul(e) dérange et enchaîner les conquêtes plus encore… Du moins lorsqu’on est une femme. En effet, pendant très longtemps, la convenabilité et la vertuosité d’une femme était influencées par sa caste sociale mais aussi (et surtout) à sa virginité. Si les galipettes des hommes étaient excusées par une volonté de parfaire leur éducation, les femmes risquaient la damnation éternelle : finir vieille fille. Fort heureusement, la révolution sexuelle qui s’est tenue entre les années 50 et 60 ont signé le happy ending d’une société plus tolérante et ouverte sur les différents modes de vie… Vraiment ?

Représentation de Chloé © Léa Dutertre pour Le Ticket Mode

Chloé, représentation de la femme libérée qui assume pleinement son corps et sa sexualité

Dans Gangrène, Chloé est en définitive un personnage intéressant à analyser. Terriblement séduisante, elle assume pleinement son corps et sa sexualité et pourrait être qualifiée comme ce qu’on appelle communément une “croqueuse d’hommes”. Chloé n’a jamais connu l’amour mais ne s’en porte pas plus mal pour autant : c’est un sentiment qu’elle méprise et fuit.

Les petites filles qui rêvent du prince charmant et d’un mariage en grande pompe, personne ne cherche à les détromper. On trouve cela naturel, et on cajole leurs illusions, omettant de leur parler de divorce, de pension alimentaire, d’enfants à torcher – routine écrasante. Et à celles qui comme moi savent viscéralement qu’elles ne sont pas faites pour cela, qu’elles ne se marieront jamais, qu’elles refusent les choses de l’amour, qu’elles ne se plieront jamais aux romances balisées, on leur dit inlassablement qu’elles se trompent.

Gangrène une histoire d’amour, page 22. Chloé.

Peut-on dire que Chloé est une femme comblée ? Si son boulot lui mine le moral, la parisienne d’adoption trouve un certain réconfort dans le bras de ses amants. Chez elle, le sexe est libérateur et frôle l’addiction.

Pourtant, un jour son cœur vacille et tombe sous le charme d’un certain Colin. Intriguée par son sourire et son comportement énigmatique, la jeune femme tombe petit à petit dans le piège de la romance. Au fil des pages, on assiste à une métamorphose de Chloé qui se fait au contact de l’amour.

Ah, l’amour, le tant attendu et espéré. Pourtant, le noble sentiment ne la rend pas plus heureuse. Au contraire, on assiste au fil de la lecture à sa lente mise à mort, jusqu’à ce que la Gangrène infecte totalement son cœur et l’éteigne.

Je passais de virus en virus avec désinvolture. Nul besoin de traitement : ils disparaissaient comme ils étaient venus, creusant parfois quelques sillons en mon âme, et je laissais le temps faire son travail de chirurgien de l’oubli.

Gangrène une histoire d’amour, page 188. Chloé.

L’amour, une finalité en soi ?

Dans Gangrène, l’amour n’arrive pas naturellement. Si le personnage le vit au fur et à mesure des pages, il est provoqué par son groupe d’amis qui ne supportaient plus de la voir célibataire. Ceux qui connaissent l’amour ou l’expérience de vivre à deux sont persuadés d’avoir touché du bout des doigts le bonheur ultime et l’imposent malgré eux aux autres.

Il faut dire que depuis tous jeunes, hommes ou femmes, la société nous conditionne : faire de longues études, travailler, trouver l’âme sœur, fonder une famille… Et si ce n’était pas suffisant, chaque année la Saint-Valentin te rappelle à quel point la vie à deux est un privilège. Faut dire que la Saint Célibataire sonne moins bien, pourtant il existe une journée internationale du célibat qui a lieu le 11 novembre chaque année.

Si Chloé fuit l’amour, c’est parce qu’à ce moment de sa vie il est indépendant de son bonheur.

Je me refusais à l’amour, car je voulais éprouver avec mon corps tous les plaisirs, toutes les voluptés, pour qu’un jour il accepte d’être dompté et de succomber à ce sentiment que j’estimais pernicieux. Vous m’avez volé ce moment.

Gangrène une histoire d’amour, page 234. Chloé s’adressant à tortionnaires.

Finalement, ne peut-on pas dire que plus que la solitude, c’est la liberté qui dérange ? Accepter les différences, c’est également prendre conscience qu’il n’existe pas une, mais plusieurs formes de bonheur.

On vous fait gagner un exemplaire de Gangrène une histoire d’amour

On vous donne rendez-vous sur notre compte instagram pour tenter de gagner un exemplaire du livre Gangrène une histoire d’amour ! Pour ce faire, rien de plus simple :

  • Être abonné aux pages Instagram de Le Ticket Mode et de l’auteur du roman L-J Wagner.
  • Identifier en commentaire sous la publication 2 Chloé qui partagent votre vie
  • Bonus chance en partageant la publication en story et en nous identfiant !

Fin du concours lundi 10 août à minuit et annonce du gagnant mardi 11 août dans la matinée. Bonne chance à tous et à toutes !

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