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Interview musique

AJJY, à la rencontre d’un nouveau talent

AJJY, transcription sonore des initiales de l’artiste, est une auteure – compositrice – interprète. Après avoir sorti son premier single “Aime-toi”, Alice nous revient avec un second EP, toujours aussi intime, mais cette fois-ci plus sombre, “Exil”. Rencontre. 

Léa Dutertre : peux-tu te présenter, me dire qui tu es ?

AJJY : j’ai envie de te répondre que je suis quelqu’un de normal. J’habite à Marseille, et je fais de la musique depuis peu. J’ai commencé par écrire des textes, composer mes musiques, pour ensuite y poser ma voix… Et me voilà ! J’ai sorti un premier titre il y a un mois et le second est sorti vendredi dernier. 

LD : quel a été le déclic qui t’a fait commencer la musique ?

AJJY : j’ai “goûté” à la musique il y a longtemps : 1 an de piano au collège et un peu de guitare en autodidacte, sans aller très loin dans ma démarche. Je ne pensais pas être un jour musicienne. L’écriture était plus innée chez moi que la musique. En primaire j’écrivais quelques poèmes, au collège des nouvelles. J’ai eu une prof de français au collège que j’adorais, que j’ai cherché à retrouver en vain, avec elle j’adorais écrire. Et j’ai toujours continué. L’année dernière, alors que j’écoutais le tout dernier album de Lomepal, “Jeannine” dans mon bain, ses textes intimes m’ont parlé. Il m’a ouvert l’esprit, j’ai réalisé que dans le monde du rap on pouvait aussi parler de soi sans gêne et aborder d’autres choses que des sujets bateaux. 

C’est ce que j’ai commencé à faire moi aussi : j’ai eu envie de raconter mes petites histoires. Je ne me voyais pas confier des textes aussi intimes à quelqu’un, ça n’avait pas de sens. Il fallait que j’aille au bout de ma démarche et que ce soit moi qui les interprète. Et finalement, malgré la petite peur que l’on ressent à l’idée de se lancer, j’en suis heureuse.

LD : comment décrirais-tu ton style musical ?

AJJY : j’ai toujours eu un peu de mal à me mettre une étiquette. Ma première question quand je fais écouter l’une de mes musiques à quelqu’un c’est “comment tu définirais mon style ?”. Maintenant, s’il faut vraiment le catégoriser, je dirais qu’il s’agit d’un mélange de rap, de chants et de slam. En fait, j’y vais au feeling : j’aime avoir une musique soignée qui parle. J’ai encore un peu de temps pour me définir, je pense que cela se fera au fil de l’eau, en fonction des retours que l’on me fera. 

LD : d’où te vient ton inspiration ?

AJJY : de la vie. J’ai la chance de ne commencer pas trop jeune, j’ai des choses à raconter et du temps à rattraper. Je me suis rendu compte pendant le confinement que bien souvent, quand je regarde un film, une série, ça me fait souvent penser à quelque chose, à des souvenirs. Alors, je commence à gratter deux trois phrases dans un bloc notes. J’ai tout un carnet de paroles en vrac comme ça. En fonction des mélodies sur lesquelles je travaille ensuite, je les ressors pour composer mes couplets.

J’aime aussi beaucoup faire passer mes messages à travers les titres de mes chansons. Je n’aime pas les chansons vides de sens. Au contraire, j’aime les textes qui ont un vrai sujet de a à z. Au collège par exemple, j’étais fan de la musique de Diam’s. 

LD : peux-tu m’en dire plus sur ton premier son “Aime toi” ? Pourquoi l’avoir choisi en premier ?

AJJY : il y a beaucoup de sons que j’ai voulu garder pour le premier EP, mais mon choix s’est porté sur “Aime-toi” parce que j’avais besoin de me présenter. C’est une musique entrainante qui me raconte, je trouvais ça important pour un premier single. Ce n’est pas un exercice facile de se livrer de cette manière, mais j’ai pensé que c’était une bonne façon de s’introduire et un bon challenge pour se lancer. C’est une musique qui donne un peu de confiance, à force de se la répéter.

LD : et ton nouveau titre, Exil

AJJY : c’est un titre encore une fois assez intime, plus sombre et pessimiste. Cette fois-ci ce n’est plus un dialogue avec moi-même, je parle à quelqu’un. J’évoque une certaine solitude. Si je partage mon vécu, c’est aussi et surtout pour moi une façon de dire aux autres qu’ils ne sont pas seuls, que je les comprends. 

À la base j’avais prévu un clip avec un effet de foule pour contraster avec la solitude que j’évoque. Mais vu les circonstances sanitaires actuelles, il m’était impossible de le réaliser. J’ai pris le contre pied total en faisant un clip seule avec des jeux de lumière.

Je tenais vraiment à ce que les deux premiers titres parlent de moi et montrent deux de mes facettes. J’avais besoin de me faire la main sur des titres avant de me lancer réellement.

LD : j’ai cru comprendre que tu te charges aussi de la création de tes clips ? 

AJJY : j’ai effectivement fait le tout premier clip seule pendant le confinement. Pour le second, j’ai eu besoin de l’aide d’une amie pour les jeux de lumière. En effet, je décide moi-même des plans, des couleurs, des maquillages, et je compte faire tous mes clips comme cela. J’ai toujours aimé la photographie et la vidéo. Et la musique me permet de mélanger toutes ces choses que j’aime faire.

LD : des projets pour les mois à venir ?

AJJY : il n’y a pas encore de date fixée pour la sortie de mon prochain EP, qui est toujours en préparation. Pour l’instant, j’ai 4 titres, construits autour d’un concept qui est entrain de se finaliser. C’est un vrai projet, mais cette fois-ci totalement différent de “Aime-toi” ou “Exil”. 

Après la finalisation de cet EP, je souhaite avoir assez de titres pour pouvoir faire des concerts quand ce sera à nouveau possible. C’est un peu compliqué de se lancer en cette période, puisqu’on ne peut pas aller à la rencontre du public, et faire des petites salles. La prochaine étape donc sera d’aller défendre cet EP sur scène, qui est un aspect super important pour moi. Et j’ai déjà quelques idées originales en tête.

LD : un mot pour la fin ?

AJJY : J’invite ceux qui aiment à partager, c’est ainsi qu’on fait vivre la musique.

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