2

When they see us : un regard sur la discrimination raciale et ethnique américaine

Sortie le 31 mai dernier sur Netflix, la mini-série « When They see us » (Dans leur regard), réalisée par Ava DuVernay, met en lumière une histoire vraie qui a touché les États-Unis en 1989 : les « Cinq de Central Park ».

©Netflix

En 1989, une jeune femme blanche se fait agresser physiquement, sexuellement et est laissée pour morte dans Central Park alors qu’elle faisait un jogging. Rapidement, 5 jeunes afro-américains et hispaniques se retrouvent accusés alors qu’aucune preuve ne les accable. 3 d’entre eux n’ont même pas 16 ans. L’enfer commence alors.

Un contexte sociétal qui n’aide pas

Dans l’Amérique des années 90, le contexte politico-sociétal est assez trouble : tensions raciales, guerre du crack, émeutes, violence policière… Le système judiciaire n’est alors que le juste reflet de la société. Sélectionnés au pif par la police qui n’a que pour seul objectif de ne pas laisser une affaire de viol non élucidée, KevinAntronYusefRaymond et Korey se font interroger et torturer (physiquement et mentalement) par les policier, sans la présence de leurs parents. Épuisés et apeurés, ils finissent par avouer un crime qu’ils n’ont pas commis.

Les médias s’approprient rapidement l’affaire et surnomment nos lycéens les « Cinq de Central Park ». La haine et le déchainement médiatique commencent alors. Les personnalités politiques s’en mêlent et une tête que l’on connaît très bien aujourd’hui apparaît : Donald Trump, connu pour l’immobilier à l’époque, demande à ce que la peine de mort soit rétablie pour ces jeunes et les condamne fortement.

©The Viral Network/CNN

Ce choix n’est certainement pas anodin lorsque l’on sait que, si cette histoire date d’il y a 30 ans, elle est toujours d’actualité. Dans une interview donnée à USA Today, la réalisatrice Ava DuVernay a expliqué avoir délibérément choisi d’utiliser des images d’archives plutôt que de faire jouer le rôle de Donald Trump par un acteur. Faut dire que les images parlent d’elles même.

When they see us, un trouble identitaire

Ils disent qu’il faut que jeunesse se passe. Mais quand ils parlent de jeunesse, ils ne parlent pas de la nôtre.

Raymond Santana, épisode 3, When they see us.

Ce qui est intéressant et touchant dans When they see us, c’est également la problématique de réinsertion dans la société. Lorsque l’on est un jeune issu du ghetto, que l’on est afro/latino-américain et que l’on a fait de la prison pour viol, quelles sont les chances de réussites dans la société ?

Quasi nulles.

Dans When they see us, on suit le parcours de chaque personnage à leur sortie. Celui de Raymond Santana est le parfait exemple des difficultés que l’on peut éprouver lorsque l’on fait son retour dans la société.

Une fois sorti de prison, Raymond retrouve des paysages qu’il n’avait pas vu depuis près de 10 ans. Un monde à qui il n’a pas manqué et qui a évolué sans lui. Il retrouve son père remarié, un demi-frère qu’il ne connait pas, une chambre qui ne lui appartient plus.

Néanmoins, Raymond s’accroche à la vie et garde espoir pour lui, sa vie future et celle de sa copine. Il finit par trouver un petit job qui accepte les anciens détenus. Malheureusement, il se fait virer du jour au lendemain. Quel espoir reste-t-il lorsque l’on n’a plus rien ?

La drogue.

Raymond est remis en prison. Dans un échange téléphonique avec son père, il explique avoir essayé de s’insérer dans cette société qui ne veut pas de lui. Finalement, la prison est le modèle qu’il connaît le mieux : celui dans lequel il a grandi et s’est construit son identité.

2001, l’espoir renaît

12 ans plus tard, le véritable coupable se dénonce finalement. L’enquête est réouverte et le système judiciaire de l’époque est remis en cause. KevinAntronYusefRaymond et Korey sont finalement blanchis. Ils obtiennent d’ailleurs plus tard des excuses publiques et plus de 40M$ d’intérêts.

Korey Wise qui était le principal suspect de l’affaire, a décidé de mettre cet argent à profit pour créer le Korey Wise Innocence Project qui vise à aider des personnes qui affirment avoir été condamnées à tort au Colorado.

Rendez-vous sur Hellocoton !