Versailles : mode, style de vie et trahisons à la française

Un budget de 28 millions d’euros, des perruques qui nécessitent trois semaines de confection, un tournage sur un site classé patrimoine mondial de l’Unesco, voici la grandiloquente série française à succès Versailles. La saison 2 est sortie le 27 mars dernier.

Près d’un an et demi après la diffusion de la première saison, la série historique Versailles, réalisée par Simon Mirren et David Wolstencroft, est plus sombre. Dans sa prison dorée, Louis XIV doit affronter les pires instincts de sa cour. La saison 2, tourne autour de plusieurs assassinats par empoisonnement. Cette fois, le danger vient de l’intérieur. Louis XVI ne peut contrôler sa cour et l’empêcher de comploter en coulisses.

Rivalités

Même si la série reste une fiction, elle est riche en allusions historiques. Dans la première saison déjà, les rivalités religieuses entre catholiques et protestants étaient au cœur de l’intrigue. Ici, le scénario va plus loin. Les querelles intestines dépassent la religion et sont bien liées aux influences et à la recherche du pouvoir.

Grâce à un mystérieux personnage qui fournit aux nobles un puissant poison, des ennemis ou des proches trop encombrants disparaissent. Ces meurtres sont facilités par la circulation de petites fioles « sous le manteau ». Entre l’opium et les liquides aphrodisiaques dont raffolent la cour, les mélanges mortels parviennent entre de mauvaises mains et font des victimes parmi les proches du roi.

Versailles : une prison ? 

La force de la série est d’esquisser de façon réaliste ce que pouvait représenter, pour les nobles de l’époque, le fait de devoir quitter ses terres pour vivre de force dans le château du roi. La révolte s’organise de l’intérieur. Le Roi n’avait-il pas pour objectif de mieux la contrôler en cloisonnant les nobles entre les murs de son palais? Les épisodes s’enchaînent et on se demande toujours si le Roi est naïf où si tout se passe comme il l’avait prévu…

La naissance de la mode

Le personnage phare de la série reste le frère de Louis XIV, Philippe d’Orléans (Alexander Vlahos). Après le décès de sa précédente femme Henriette d’Angleterre, il est remarié de force par arrangement avec Elisabeth-Charlotte de Bavière. Ouvertement homosexuel, le frère du roi est aussi l’amant d’un personnage des plus désinvolte et des plus libérés, le débauché chevalier de Lorraine. Las, lui aussi, de subir la volonté du roi, il cherche à s’émanciper et à exercer le pouvoir par un autre moyen : la mode.

le Frère du roi, philippe d’orléan (à gauche) et son amant le chevalier de Lorraine (à droite), joué respectivement par Alexander Vlahos et Evan Williams.

Ainsi, les scénaristes ont fait de la série un défilé grâce à des costumes travaillés jusque dans les moindres détails. Le scénario s’inscrit dans cette continuité. En témoigne l’extrait suivant  :

« Tous les ans, à chaque changement de saison, on va imposer une nouvelle règle : une nouvelle couleur, une tendance, quelque chose d’amusant. Si cette mode a suffisamment d’adeptes, les autres se sentiront forcément exclus, et se sentiront obligés de suivre. On pourrait gouverner par la couleur » , s’exclame le chevalier dans un dialogue avec le Duc d’Orléans. La concept de la mode vient d’être créé.

Des personnages forts, un décor monarchique et un scénario rebondissant, le succès ne pouvait qu’être au rendez-vous. Vendue à plus de 135 pays, la série ne se contente pas de tourner autour du soleil.  George Blagden, 27 ans, qui incarne Louis XIV, en convient « On ne regarde pas Versailles pour l’histoire du roi mais pour celles de ses sujets. Mon personnage est celui qui donne à toutes ces stars leur partition ». Une brillante réussite.

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