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L’uniforme scolaire fait sa rentrée !

La cloche de la cour de récréation retentit, c’est l’heure de se mettre dans les rangs pour rentrer en classe. Plus de 12 millions d’enfants et d’adolescents ont pris le chemin des écoles et vont vivre une rentrée sous le signe des réformes. Parmi celles-ci, on compte le retour d’une ancienne tradition, celle du port de l’uniforme devenu obligatoire dans certaines écoles.

L’uniforme scolaire, une tradition vieille comme le monde (ou presque)

L’uniforme scolaire est apparu en Angleterre au XVIème siècle et fût adopté par les écoles les plus démunies du pays. Il fait son entrée dans les écoles primaires, secondaires et privées françaises au cours du XVIIIème siècle pour contrer les violences et bagarres entre les élèves et ainsi faire régner la discipline dans les établissements scolaires. L’uniforme obligatoire pour tous est à l’image de ceux portés par les militaires. Les écoles privées vont très vite se l’approprier comme signe distinctif des hautes sphères de la société.

Les uniformes vont évoluer avec le temps, s’accessoirisant de blasons ornés sur les chemises ou blazers. Ce signe distinctif permet de différencier les écoles. C’est en 1968 que les uniformes sont officiellement abandonnés en France, hormis quelques exceptions dans des écoles spécialisées.

Il est important de savoir que le port de l’uniforme n’a jamais été une obligation dans les écoles publiques françaises. “Il n’y a jamais eu de blouses obligatoire en France. C’est clair et net. Ce n’était pas une pratique généralisée et pas une obligation dans les écoles communales. Les enfants portaient des blouses [ndlr avant tout pour des raisons pratiques et non égalitaires], pas tous la même, pour protéger les vêtements des tâches d’encre à des époques où le textile était très cher.“, rappelle l’historien Claude Lelièvre sur Slate.fr.

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http://r.sangouard.free.fr/pagesSaintjacques/Sjgrim10.php

Pour l’uniforme ?

L’uniforme reste un moyen historique qui permet de se “concentrer sur l’apprentissage et l’éducation” et oublier tout ce qui est “superflu”. Aujourd’hui, certains parents, tout comme leurs enfants, sont persuadés que l’uniforme est un signe de discipline qui permettrait d’assurer un meilleur apprentissage. Ainsi, porter un uniforme aux couleurs de son établissement renforcerait l’attachement et l’appartenance à ce dernier, créant ainsi de véritables ambassadeurs de l’école à l’extérieur.

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http://etudiant.lefigaro.fr/article/ces-ecoles-publiques-ou-les-eleves-portent-l-uniforme_686202de-de50-11e7-9511-98d62490889b/

Les fervents défenseurs de cet uniforme déclarent que son retour va mettre fin à la guerre des marques et mettre à mal les barrières sociales. On oublie les derniers modèles à la mode, mais on dit également non aux discriminations vestimentaires : il ne doit plus y avoir de guerre entre le t-shirt de marque versus le t-shirt basique des grandes enseignes. Cela reste certainement un moyen de simplifier nos matins, aucune hésitation possible entre tel ou tel haut assorti à son jean préféré.

Ou contre l’uniforme ?

L’histoire semble nous rappeler qu’au XIXème siècle, notre société se devait d’être lisible par profession et catégorie sociale. Aujourd’hui, où en sommes-nous ? Les enfants ont leur uniforme d’enfant, à l’image de ceux des militaires. Ils font partie d’une catégorie qu’il semble important de distinguer des autres. Or, être enfant ne répond pas à une catégorie sociale ou à une profession, c’est bel et bien le moment pour eux d’être libéré d’un quelconque carcan imposé par la société extérieure.

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On peut croire que l’apprentissage des enfants passe aussi par cette recherche de soi, de personnalisation, ce besoin de s’exprimer au travers de vêtements soigneusement choisis. La singularité des uns et des autres s’exprime par l’assemblage de matières, la customisation ou l’accessoirisation. En bref, l’uniforme pourrait-il enfermer les enfants dans un style sectaire au détriment de leur personnalité ?

La question du port obligatoire de l’uniforme à l’école ne trouve pas encore de consensus national. Dans un établissement privé dans le département de l’Oise, à Sévigné, l’uniforme est devenu obligatoire pour l’ensemble des élèves de la petite section jusqu’à la terminale. Une démarche qui a globalement reçue les faveurs des parents d’élèves, même si certains d’entre eux ont refusé d’adhérer au projet impulsé par le directeur de l’établissement.

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