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Tribunal du maquillage : faites entrer l’accusé

Le maquillage est un intemporel qui était déjà utilisé du temps de nos aïeux. Dédaigné aujourd’hui par l’homme mais aussi certaines femmes, il renvoie bien souvent à des étiquettes, dont celle de la superficialité. Faites entrer l’accusé, j’appelle à la barre le maquillage !

Dans Eloge du maquillage : du cosmos aux cosmétiques, Camille Saint Jacques dénonce combien l’homme a pu traiter avec légèreté ce qui est pourtant aussi important que “les armes et les autres éléments du mobilier funéraire que les chercheurs s’attendent à trouver parmi le bagage minimal du défunt dans son voyage à travers la mort”.

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L’être ou le paraître, telle est la question

Le maquillage est bien souvent comparé à de la superficialité : les femmes qui se maquillent sont tout de suite rangées dans des cases, sont critiquées des autres femmes, mais aussi des hommes. Combien de fois, nous autres femmes, avons été confrontées à des frères qui nous disaient que nous étions trop maquillées ? Des hommes qui nous scandaient que si nous nous maquillions, c’était forcément pour séduire ?

Je te préfère naturelle, avec un maquillage naturel. T’es mieux, là c’est trop.

Le saviez-vous ? 

Pour un maquillage “naturel”, il est nécessaire d’utiliser beaucoup plus de cosmétiques qu’un tout autre grimage. Le make up nude est donc la technique la moins naturelle qui puisse exister.

Dans les sujets dits de société, il y a bien souvent une classification : le maquillage et la mode, pour ne citer qu’eux, ne sont bien souvent pas pris au sérieux parce qu’ils relèvent du paraître.

Eloge du superficiel, France Inter, 22/07/16

Le maquillage, une affaire de bonne femme ?

Source : tumblr

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Bien souvent, les hommes qui se maquillent aujourd’hui sont critiqués, humiliés, moqués. Pourtant, ce même maquillage est utilisé dans le monde du mannequinat, de la photographie ou de la télévision. Mais non dans la vie réelle, celle où vous et moi prenons notre café et allons travailler. Celle où nous faisons la fête jusqu’au bout de la nuit.

Attention cependant. On parle souvent des hommes qui sont dures avec leurs semblables, mais ils ne sont pas les seuls que l’on doit condamner. Beaucoup de femmes n’en pensent pas moins.

L’homme et la femme sont condamnés de façon différente

Ainsi, aujourd’hui l’être qui se maquille sera quoi qu’il arrive condamné et rangé dans une case. La société oublie cependant que nous avons tous une image et un usage différent du maquillage. Nous avons également tous une représentation du maquillage parfait qui diffère.

Si l’homme sera critiqué, sera confronté à l’incompréhension de ses proches ; critiqué sur son orientation sexuelle et sa santé mentale, la femme quant à elle sera qualifiée de femme facile, de superficielle, et plus encore de “tromperie”.

Mais, finalement, ne sommes-nous pas tous coupables de ce besoin pour certains de se maquiller ?

A l’image des cultes de la minceur, du healthy, ou des rondeurs, le maquillage est également lié à l’image que renvoie la société et ses canons de beauté : des femmes et des hommes parfaits.

Pour beaucoup, le maquillage aide à prendre confiance en soi : une peau plus lisse, un teint plus mate, les imperfections cachées… Nous avons tous nos raisons de nous sublimer. Il ne faut pas oublier que le make up est un art qui n’est pas donné à tout le monde. Apprenons à nous accepter, et à nous tolérer les uns et les autres, tels que nous sommes. Non, le maquillage n’est pas superficiel : c’est un art.