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Le Ticket Mode se livre #2

Émotions garanties avec notre sélection littéraire du mois d’octobre. 5 livres, 5 moyens de faire de belles découvertes, de s’évader, de ressentir.

Le choix de Graziella

Viser la lune – Anne-Fleur Multon : une bouffée d’air frais

On peut le qualifier comme l’un des meilleurs romans jeunesse de ces dernières années. En effet, ce court roman qui met en scène quatre adolescentes d’horizon différent, est un véritable appel à la tolérance et à la pensée positive. Édité chez Poulpe Fictions en 2017, il est le premier tome d’une saga prometteuse qui s’adresse tant aux enfants qu’aux adultes. Anne-Fleur Multon se fait un devoir d’ouvrir les esprits et de diffuser des bonnes ondes, associées avec les superbes illustrations dynamiques de Diglee.

“Aliénor, Itaï, Azza et Maria ont 13 ans et habitent chacune aux 4 coins de la planète, mais de leur rencontre sur un forum, naissent à la fois une grande amitié et une chaîne Youtube à succès ! Des vidéos sur l’astronomie, par Aliénor, aux conseils d’Itaï en jeu vidéo, d’Azza en pâtisserie et de Maria en photo, les filles partagent leurs passions et voient grossir leur confiance et leur communauté. Quand Itaï se voit écartée d’un championnat d’e-gaming prétendument masculin, elles ont l’outil en main pour médiatiser l’affaire et lutter contre cette injustice !”

Un véritable brin de soleil qui évoque des sujets sérieux tout en légèreté.

Le tome 3 sortira très bientôt.

La sélection d’Elodie

La vraie vie – Adeline Dieudonné : chasser ou être chassé

Il a été l’une des sensations de la rentrée littéraire. Et pour cause. Adeline Dieudonné, pour son premier roman, nous entraîne dans un monde confrontant la naïveté de l’enfance à la réalité du monde.

La naïveté de l’enfance se traduit par des moments de jeux entre un frère et une sœur, par ce rituel qu’ils ont tous les deux d’attendre le marchand de glace.

La réalité du monde, c’est un père violent et une mère éteinte qui semble avoir choisi de se faire une raison, c’est aussi un accident qui bouleversera des vies.

La naïveté de l’enfance c’est de vouloir construire une machine à remonter le temps pour revoir le sourire des gens qu’on aime.

La réalité du monde c’est un père qui fait de sa fille une proie à chasser. Littéralement.

En bref : Le thème récurrent du livre est le monde animal. Cela peut nous laisser dubitatif, mais on comprend rapidement que la métaphore est idéale pour dépeindre la réalité de l’héroïne. Plusieurs émotions se sont bousculées à la lecture de ce livre. La perplexité, la colère, le malaise, la tristesse, la compassion. Mais en même temps, l’envie de donner du courage à cette petite fille qui est en train de construire sa vie et voit le monde s’écrouler autour d’elle. Et quelques larmes qui font oublier certains passages plus flottants. 

” Les histoires, elles servent à mettre dedans tout ce qui nous fait peur, comme ça on est sûr que ça n’arrive pas dans la vraie vie “

 

Petit Pays – Gaël Faye : la guerre à travers le regard d’un enfant

Le Burundi, on y est. On imagine le paysage, on entend les musiques, on voit ces gamins s’amuser. C’est un beau pays. Tout semble si simple. Et puis il y a la politique, les coups d’état, la guerre. La guerre, vue par un adulte, c’est horrible. La guerre, vue par un enfant, c’est tout aussi horrible. Voire plus.  Comment comprendre, à dix ans, que les hommes estiment que certains ne méritent pas de vivre parce qu’ils ne sont pas comme eux ? Mais ça veut dire quoi, “être comme eux” ? Pourquoi un Hutu et un Tutsi ne sont pas égaux ? Qu’est-ce qui fait que l’un est supérieur à l’autre ? Quand tout le monde s’entretue, comment savoir qui est le gentil et qui est le méchant ?

En bref : un livre coup de poing. Un coup de poing dans la figure quand on réalise l’absurdité dont peut faire preuve la nature humaine. Un coup de poing dans l’estomac qui nous donne envie de vomir face à la violence donnée, subie, vécue. Un coup de poing dans le cœur  en se disant qu’à 10 ans, on n’est pas prêt pour vivre une guerre et voir toutes ces horreurs. Un coup de cœur tout simplement.

” – La guerre entre les Tutsi et les Hutu, c’est parce qu’ils n’ont pas le même territoire ? 

– Non ce n’est pas ça, ils ont le même pays. 

– Alors, ils n’ont pas la même langue ?

– Si, ils parlent la même langue.

– Alors, ils n’ont pas le même dieu ?

– Si, ils ont le même dieu.

– Alors… pourquoi se font-ils la guerre ?

– Parce qu’ils n’ont pas le même nez.”

Les conseils de Jess

Khalil – Yasmina Khadra : Au nom de Dieu ?

Khalil par KhadraMohammed Moulessehoul est un écrivain algérien né en 1955… Pardon de vous interrompre mais qui est ce monsieur Moulessehoul ?

Au temps pour moi, son nom de plume est Yasmina Khadra. Ah oui, il est connu ! Ce fameux auteur qui utilise les deux prénoms de sa femme. En effet, pour lui rendre hommage, elle qui l’a toujours soutenue. Il le dit « sans elle j’aurais abandonné ». Car Mohammed était avant tout un militaire et a connu la censure… Le cadre posé, quel livre présenter ? Son œuvre est si grande. La magnifique trilogie présentant le conflit entre L’Orient et l’Occident : Les hirondelles de Kaboul, l’Attentat et les Sirènes de Bagdad. Peut être l’un de mes livres préférés. Ou encore Les derniers jours du Rais, présentant la fin de vie de Khadafi. Il n’hésite pas à peindre des situations si compliquées à comprendre et qui rythment le monde.

Mais restons sur le présent et parlons de son dernier roman Khalil, sorti il y a quelques mois. L’histoire d’un jeune belge d’origine marocaine qui aurait dû participer à des attentats sur Paris. Souvenez vous de ce triste soir du vendredi 13 novembre 2015. Le stade de France, les rues de Paris, le Bataclan. Ce soir qui reste encore dans nos mémoires. Khalil, lui, devait se faire sauter dans le RER au nom d’un idéal. Mais « par miracle », sa ceinture n’explose pas. Pourquoi ? Quelles sont les explications ? Qu’est ce qui a poussé Khalil à en venir là. Lui, ce jeune des quartiers défavorisés de la banlieue belge.

L’Arabe du futur – Riad Sattouf : Entre Orient et Occident

Résultat de recherche d'images pour "l'arabe du futur"Le Moyen Orient, déjà évoqué. Cet endroit qui fait peur, qui terrorise… que personne ne semble comprendre. Mais pourquoi tant d’aversion pour un lieu que nous ne connaissons pas. De nombreux auteurs en parlent. Yasmina Khadra, Amine Maalouf présenté la dernière fois et il y a Riad Sattouf. Sa particularité ? C’est à travers la bande dessinée qu’il s’exprime. Autre particularité ? Né d’un père syrien et d’une mère française. Comme quoi la mixité est possible. Son plus grand succès à notre sens est sa série titrée ” L’arabe du futur “. Une trilogie tout d’abord avant la sortie du 4, il y a peu, et le 5 qui n’a pas encore de date.

Chaque tome représente une partie de sa vie, son enfance entre la France, la Libye puis la Syrie. Venez découvrir les mémoires d’un enfant devenu adulte dans des pays controversés de 1978 à 1992.

 

 

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