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Siem Reap, la ville à l’arrière des hôtels

Siem Reap, ville dortoir des célèbres temples d’Angkor, est aussi la plus visitée du Cambodge. Retour sur l’une des city les plus adorées des touristes.

Cette dernière a une histoire récente, mais aussi difficile, avec une guerre qui a considérablement appauvri le pays et assassiné ses intellectuels. En 1992, les temples d’Angkor sont classés “patrimoine mondial” de l’UNESCO. La ville devient alors très touristique et se développe rapidement !

Qu’en est-il aujourd’hui ? 

Aujourd’hui, le site archéologique reçoit plus de visiteurs que le Colisée à Rome. Ces voyageurs sont à la recherche d’aventure, d’authenticité et de dépaysement. Mais sont-ils véritablement immergés dans la culture Cambodgienne ?

Par rapport à d’autres pays d’Asie, comme notamment la mitoyenne et très riche Thaïlande, le Cambodge a eu un développement beaucoup plus tardif et reste donc plus traditionnel et plus authentique. 98 % des touristes, visitant le Cambodge, passent obligatoirement par Siem Reap. Cela en fait une des villes les plus développées du pays.

Dans certaines parties du centre ville, l’immobilier est aussi cher qu’à Paris, alors que le revenu moyen de la population est de 70 dollars par mois. Le centre semble n’accueillir que les touristes rejetant les habitants à la périphérie.
Les visiteurs ne sont alors pas confrontés à la véritable “vraie” vie de Siem Reap, ces derniers étant généralement parqués dans les quartiers riches.

maisons de pécheurs à sec à la saison sèche

Siem Reap, vue par les touristes

Avant d’organiser un voyage, surtout aussi lointain, il est préférable de se renseigner par le biais de guides touristiques ou sur notre bon vieux internet. D’ailleurs, les trois entrées de recherche les plus fréquentes sont : Wikipedia, Google image et les blogs de voyageurs.

La recherche sur Google images est tout aussi fascinante. En tapant “Siem reap” sur le moteur de recherche, on retrouve les mêmes photos reprises en boucle par tous les touristes : pub street, la piscine de l’hôtel, Angkor watt et des selfies devant tous les monuments d’Angkor et quelques photos d’insectes grillés. Comme si les seules choses que retennaient les touristes de leur voyage, étaient les rues touristiques, les restaurants, les hôtels et le temple du Cambodge le plus visité (et le plus cher). Mais où est donc passée l’authenticité ?

montage des photos glanées sur le web

Le blog du voyageur : oui mais…

Les blogs de voyageurs, quant à eux, sont beaucoup plus nuancés. Plusieurs types de voyageurs se dégagent : il y a les baroudeurs, ceux qui voyagent en famille, en couple, ou en groupe organisé. Tous ont des attentes différentes et des façons diverses de voyager. Alors pour élargir les points de vue, on peut également consulter des blogs de personnes aux nationalités différentes : français, anglais, américains, australiens, italiens, et espagnols. Et là aussi, suivant les cultures, la façon de voyager varie légèrement.

L’envers du décor…

Nous retrouvons les enthousiastes qui ont adorés le levé de soleil sur les temples ou qui ont mangés une bonne pizza en centre ville pour enfin finir avec un bain de minuit. Et puis à l’opposé, sans transition,  il y a les survoltés. Pour d’autres, les temples sont trop chers et bondés de touristes (ironie de sort lorsqu’on est soit même un touriste), la ville de Siem Reap est trop bruyante et les restaurants ne sont pas donnés.

Ces blogueurs là ont visiblement été déçus par une destination pas assez authentique. Mais, étonnamment, très peu d’entre eux ont tenté de passer de l’autre côté du décor, de dépasser les hôtels et d’aller à la rencontre de la population ou de se perdre dans les rues de terre de l’autre Siem Reap, celui de ses habitants. Ce sont plus souvent les bénévoles et les humanitaires qui ont franchi ce cap.

Notre voyage au coeur même de Siem Reap : désillusion ?

Quoi de mieux que de vérifier par soi même. C’est donc avec nos sacs à dos et nos petites bottines que nous sommes partis à Siem Reap. Notre souhait ? Essayer de trouver une solution à l’impossible conciliation entre les touristes et les habitants. Nous avons donc fait comme tout le monde : location d’hôtels, réservation de restaurants… Nous avons passé un mois à sillonner les rues de cette ville intrigante. Et effectivement, aucun touriste ne se trouvait sur les sentiers rouges de terre battue, foulés par les habitants. Déception…
Les enfants nous suivent et se bouscules pour apercevoir les carnets de dessins, d’autres nous crient “hello” et partent en courant et en riant. Les quelques adultes parlant anglais, persuadés que nous sommes perdus, nous indiquent le chemin pour Angkor Watt. Quand nous leur expliquons que nous ne voulons pas aller voir les temples que nous visitons juste leurs quartiers qui sont très beaux, ils ne comprennent pas. Ils sont souvent pauvres, il y a des déchets dans leurs jardins et des poules sur la route. Ils ne comprennent pas que des touristes européens s’intéressent à eux. Et c’est justement ce qu’il faudrait changer ! Nous avons trouvé des gens très accueillants qui, même si ils ne comprenaient pas notre intérêt pour eux, nous ont laissé visiter leurs maisons perchées sur de fins bambous parfois à plus de 8 mètres.

extraits de blogs de touristes

 

ville des touristes : rouge
ville des habitants : vert

 

vieux marché au nord de la ville