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Septembre sportif pour le coin lecture

Le coin lecture est de retour! Rentrée tardive mais rentrée sportive! Une sélection 100% sport, pour les grands amateurs d’exploits, pour ceux qui chaque matin courent aux aurores, pour ceux qui lisent l’Equipe, pour ceux qui se contentent de mater la ligue 1 à la TV, pour ceux qui passent plus de temps à se regarder dans le miroir qu’à bosser à la salle de fitness, mais aussi et surtout pour ceux qui aiment les livres et les belles histoires.

Basky Surf Party – Patxi KENNEDY

Et on débute la sélection avec un ouvrage qui va réveiller l’adolescent qui reste plus ou moins éveillé, ou endormi, en chacun de nous. C’est l’histoire de Benji, un jeune garçon de 14 ans, qui vit au Nevada. Fan de skate et de roller, son monde s’écroule lorsque sa mère lui annonce qu’ils déménagent pour les pays basques français. Dire au revoir à son crew, laisser de côté le skate et la fille qui lui plaît lui paraissent des épreuves insurmontables. Il se questionne, se cherche, jusqu’au jour où Benji se retrouve face à l’océan.

source image : livre.fnac.com

Entre coup de foudre et révélation, on suit l’adolescent dans ses apprentissages du surf, mais aussi de la vie. Être ado, grandir, vieillir, les filles, la famille… Ce roman met particulièrement bien en lumière les questionnements incessants de cet être que l’on sent partagé entre l’enfance et l’âge adulte. Il se découvre en même temps qu’il découvre son nouvel environnement, essaye de paraitre plein d’assurance alors que les doutes rythment son quotidien.

On aurait pu croire à un banal roman presque « jeunesse », mais non. On s’attache très vite à cette graine de surfeur, on se met à penser en même temps que lui, à partager ses réflexions et interrogations, il nous fait sourire! Un joli roman en somme, qui ne vous passionnera que plus si vous aimez le surf ou si vous souhaitez le découvrir.

« La plupart des pionniers du surf avaient eu des destinées heureuses, prouvant que ceux qui glissent  la vie debout vont plus loin que ceux qui s’y vautrent couchés »

Invisible sous la lumière – Carrie SNYDER

Quittons l’océan et revenons sur la terre ferme. Après le surf, la course à pied.

Nous sommes en 1928, les Jeux Olympiques d’Amsterdam battent leur plein. C’est la première fois que les femmes sont autorisées à disputer les épreuves d’athlétisme, et encore, pas toutes ! Aganetha Smart remporte la médaille d’or sur 800m et devient la première championne olympique de la distance. On retrouve Aganetha aujourd’hui, alors âgée de 104 ans, dans un fauteuil roulant qu’elle ne peut plus quitter. Seule dans un hospice, deux inconnus l’emmènent sous prétexte d’un documentaire sur sa carrière. De lieux marquants en lieux marquants, Aggie et sa mémoire qui flanchent reviennent sur toute une vie de femme.

source image : gallimard.fr

Au delà d’une biographie fictive, Aganetha n’a jamais existé, c’est plus largement l’histoire des pionnières du sport et de la femme du début du siècle qui nous est retracé tout au long du livre.  La course comme moyen de traverser les épreuves de la vie, comme moyen de s’émanciper, comme moyen d’évacuer. Entre amitié et rivalités, secrets de familles et société qui a du mal à faire une place aux femme, c’est un combat que mène Aggie, une féministe des premières heures. Femme passionnée et passionnante, vous serez très vite happé par son récit de vie.

 

Courir ou mourir – Kilian JORNET

Deuxième ouvrage orienté course à pied mais nous délaissons le tartan pour grimper vers les sommets. On ne présente plus Kilian JORNET, un coureur d’exception au palmarès aussi long qu’impressionnant, à se demander s’il n’a pas du sang de chamois qui coule dans les veines!

Courir ou Mourir est son autobiographie, et j’insiste sur l’autobiographie. Monsieur manie les sommets, mais également les mots! Fils d’un gardien de refuge, la montagne est son terrain de jeu depuis son plus jeune âge. Sa mère apprend qu’il est un fervent adepte de l’école buissonnière, préférant courir dans les montagnes…
Je ne vais donc pas vous raconter son histoire, il le fait beaucoup mieux que moi. En revanche, on peut discuter de sa philosophie de vie, de sa modestie, de la souffrance, de son gout pour le dépassement de soi, de celui de la victoire. On peut aussi discuter de la montagne, des lacs, des paysages, des pentes, des sommets toujours plus hauts et des chronos toujours plus bas. Il est impossible de suivre les traces de Kyllian, il va trop vite pour nous, alors on le regarde, on le lit et déjà il nous donne envie de mettre nos baskets et d’aller tutoyer les sommets, même si ce n’est que la butte Montmartre!

source image : livre.fnac.com

C’est le goût de la victoire qui t’attrape et comme s’il s’agissait d’une drogue , c’est lui qui te donne envie de le sentir encore, qui t’oblige à tout recommencer pour qu’au bout de quelques mois, des années peut-être, tu sentes de nouveau pendant quelques secondes cette force hors du commun et cette émotion, ce bonheur inouï.

 

 

54×13 – Jean Bernard POUY

On ne pouvait pas parler sport sans parler vélo! Tous en selle et direction le Tour de France avec un ouvrage pas très épais, j’en conviens, mais suffisant tant le rythme peut être soutenu.

source image : livre.fnac.com

On suit Lilian Fauger, jeune coureur inconnu tout droit venu de Dunkerque, sans prétention aucune. Membre d’une équipe, il bosse pour le patron, mais ce jour là, dans la 17eme étape du tour, il a des ailes, et s’échappe, seul contre tous. On le suit tambour battant dans son aventure solitaire. A l’image de Kilian Jornet, que peut-il se passer dans la tête d’un homme en plein effort, coups de pédales après coups de pédales, quand tout votre corps fait mal et souffre, quand la machine est malmenée et poussée au bout de ses possibilités et quand une armée est à vos trousses. Jean Bernard Pouy nous raconte cette épopée, cette histoire d’un coureur inconnu au bataillon, dont l’ombre n’est pas en mesure d’inquiéter les leaders. Ce court moment de gloire bien narré nous touche et nous montre aussi les aspects les plus cruels de la compétition.

Si vous êtes un fan de la Grande boucle, du cyclisme en général ou plus largement des exploits sportifs, vous apprécierez ce livre, qui se lit vite et bien.

« On a beau ouvrir des routes,
Porter ou non des casques
Et monter des machines
Avec des roues en peau de saucisson
Tellement c’est léger,
Pareil, ça sera toujours pareil,
Ça sera toujours des mecs
Qui en chieront sur une bécane
Et qui font un truc dangereux.
C’est dangereux, le vélo. »