Like

Scandale pour une histoire de bêtes

Le scandale fait rage auprès des associations de défense des animaux qui s’insurgent face à la marque française Histoires de bêtes qui commercialise des peluches en vraie fourrure.

La marque 100% française

Catherine, jeune fondatrice, lance sa tannerie en 1980. En véritable passionnée elle créait sa marque de fabrique à base de fourrure animale. Le lapin semble être la matière première des peluches confectionnées par la marque. En véritable entreprise familiale, la marque Histoires de bêtes ne voit le jour qu’en 2014 par les deux sœurs Kiama Colas, actuelle présidente, et sa jeune sœur Flora. Elles prônent le made in France pour des peluches luxueuses tout en assumant l’utilisation de vraie fourrure animale “issue de l’industrie pétrochimique”.

“Pour tout ceux qui sont contre la fourrure, le cuir, même la laine et préfèrent se tourner vers des matières synthétiques, nous comprenons leur point de vue. Néanmoins nous ne sommes pas d’accord. L’industrie pétrochimique et notre attachement aux matières fossiles n’ont toujours pas résolu ces sujets. Nous croyons aux matières naturelles, aux petites productions locales, moins d’objet avec plus de sens. Nous remercions toutes les associations de défense des animaux pour leur travail de veille afin de dénoncer les élevages à l’étranger notamment qui sont peu scrupuleux sur leurs méthodes et n’ont aucun contrôle.”

Lapin, ragondin ou vison

La marque propose un large catalogue de produits réalisés à base de cuir et de véritable fourrure animale. Ainsi, on peut retrouver des ours en peluche qui s’élèvent jusqu’à 1 800€,  des poupées, des bijoux de sacs pour environ 400€ ou encore des décorations de Noël pour 180€. Leurs réalisations sont faites mains avec de la peau et des poils de visons, lapins et autres ragondins mais aussi des écailles de crocodile pour le nez “si mignon” des oursons.

Restée silencieuse à ce jour, la fondatrice a accordé une interview exclusive pour le journal Nice Matin, le 9 janviers dernier, s’expliquant sur cette récente polémique : “Il ne faut pas faire l’amalgame avec ses vidéos d’abattoirs atroces où l’on voit des animaux agoniser. Ici tout provient d’élevages éthiques, d’ailleurs régulièrement visités par des associations. Nos cuirs et le croco sont achetés à la division cuir d’Hermès qui a un tracé sur toute sa production“.

http://www.shophistoiresdebetes.com/

http://www.shophistoiresdebetes.com/

Une pratique jugée monstrueuse qui est fortement dénoncée par les associations de défense des animaux. La marque française ne se cache pas sur la provenance de leurs matières premières. Ils se fournissent auprès de producteurs locaux de fourrure animale. Histoires de bêtes propose des peluches de luxe allant de 900€ pour un “baby ourson” en vison jusqu’à 1 800€ pour un “baby teddy” en peau de lapin.

“Histoires de bêtes banalise la cruauté et la souffrance animale. Je regrette vraiment que cette entreprise soit aussi en retard. Le regard de la société a changé. Aujourd’hui, nombreuses sont les personnes qui luttent pour protéger les animaux et qui expriment leur répulsion face aux mauvais traitements qu’on leur inflige” (Céline Sissler-Bienvenu, directrice de l’association IFAW France)

L’entreprise Histoires de bêtes s’inscrit en rupture avec la tendance générale des marques. Depuis quelques années le monde de la mode s’est décidé à trouver des alternatives à la fourrure animale et propose des imitations et/ou du synthétique dans un souci éthique.  On se rappelle notamment du scandale de la marque The Kooples menacée par l’ONG PETA. Aujourd’hui l’image de marque est fortement liée au made in France, aux processus de fabrication ainsi qu’à la provenance des matières premières.

La peau de l’ours on ne la tue pas et on ne la vend pas, proverbe maison

L’utilisation intensive de fourrure et autre attributs animaux revient à banaliser une tuerie animale et ainsi accepter l’élevage de certaines espèces pour la qualité de leurs fourrures. “Un supplément d’âme et de douceur” revendiqué au prix d’une barbaries sans nom, si seulement les acheteurs savaient et encore … Mais après tout le luxe made in France n’as pas de prix et surtout pas celui de la vie animale.

Plusieurs associations se sont insurgées face à la découverte de cette marque. La présidente de la célèbre Fondation 30 millions d’amis, Reha Hutin s’est exprimée dans les colonnes du journal Le Figaro : “Ces peluches sont destinées à des gosses. Comment des parents peuvent offrir des animaux morts à leurs enfants? Pour moi, c’est incompréhensible. Si les enfants étaient au courant de comment sont confectionnés leurs nounours, je suis certaine qu’ils seraient écœurés. Chaque année, c’est des millions et des millions d’animaux qu’on tue et qu’on massacre. Il est temps que ça s’arrête. Et puis vraiment, leur slogan “des peluches d’exception avec un supplément d’âme et de douceur”, quel cynisme!”

Le mot d’ordre est lancé : boycotter la marque. La pétition “VRAIE FOURRURE pour des peluches! NON!!!” a déjà rassemblé plus de 10 000 signatures et ne compte pas arrêter le combat en si bon chemin. Dénoncer les barbaries revendiquées sur les animaux, une lutte presque sans fin.

Rendez-vous sur Hellocoton !