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La REcyclerie, une alimentation saine, locale et durable

Une adresse récente sur Paris permet de savourer un repas avec des aliments frais en partie produits sur place. Un nouveau concept qui rentre dans la lignée de l’évolution des us et coutumes en terme d’alimentation. Dans la partie 1, nous découvrons la REcyclerie, restaurant du 18è à Paris qui veut sensibiliser le grand public aux valeurs éco-responsables. En route pour une immersion au coeur de ce lieu atypique !

“Tout par vous et pour vous”

Fort de sa volonté de proposer une alimentation alternative, la REcyclerie organise tout l’espace ainsi que son service aux clients autour de l’idée du lien avec la nature mais aussi du lien social avec chaque individu, tel qu’il soit, qui franchit les portes de l’ancienne gare.

Montaigne affirmait que “Nature peut tout, et fait tout”. Quel bel exemple à suivre que notre mère Nature ! A la REcyclerie, on s’inspire de cette dernière pour s’organiser et ajuster sa carte. C’est ainsi qu’il est défini un pari pour chaque saison qui apporte la ligne directrice des actions du restaurant. Quatre valeurs fondamentales se succèdent au fil des années:

  • En hiver, le pari(s) d’une société collaborative
  • Au printemps, le pari(s) d’une alimentation responsable
  • En été, le pari(s) d’un mode de vie éthique
  • A l’automne, le pari(s) de ressources mieux gérées

Créer un lieu autosuffisant qui réunit des personnes ayant les mêmes valeurs de partage et de consommation solidaire. Voilà l’idée qui nous vient à l’esprit quand on visite les locaux et que l’on décide de bruncher ou manger.

La première visite dans le restaurant prend des allures de rendez-vous dominical chez le grand-père qui conserve tout. En effet, tout le mobilier semble être de la récupération. Les canapés, les chaises, les tables, la salle toute entière ressemble à une boutique d’antiquités. Le tout permet de ressentir une atmosphère familiale qui met tout de suite à l’aise. “On rentre manger à la maison” !

Et les surprises ne s’arrêtent pas là…

©Marjorie Bordenave

Un service minimum existe avec les personnes qui prennent les commandes ou encore les “planqués” de la plonge. Néanmoins, chaque consommateur participe au service : on trie son assiette à la fin de son repas.  Pas question de laisser ses verres sur sa table ! L’heure est au partage non seulement du repas mais également de tout ce qui va autour. Rassurez-vous, vous n’aurez pas la vaisselle à faire.

En flânant dans tout l’espace, on découvre la ferme urbaine, véritable tour de force de la REcyclerie. Le restaurant réussit le pari de “respecter la biodiversité de la petite ceinture, tout en participant à la restauration des sols au sein d’un ancien terrain ferroviaire”.

Un mix d’espaces complémentaires et interdépendants

Le défi était de taille : comment réussir à créer un véritable écosystème qui permettrait de rester dans le fil rouge du restaurant, à savoir proposer une alimentation saine, locale et durable ? Le pari est tenu. Le travail de toutes les équipes a permis ainsi d’obtenir :

  • une forêt comestible
  • deux systèmes de compostage
  • une jungle végétale intérieure
  • une prairie mellifère sur le toit accueillant 4 ruches
  • un poulailler avec une basse-cour de 16 poules et 2 canards coureurs indiens
  • un potager collectif de 400 m² dont 150 m² d’installations agricoles pédagogiques en pleine terre.

http://www.larecyclerie.com/espaces/

Quel plaisir de savoir que les oeufs qui sont dans notre assiette viennent tout juste de derrière le mur que l’on aperçoit une fois assis à sa table. Quelle surprise de se rendre compte que les restes et déchets de nos assiettes iront au compost qui nourrira la terre du potager et donc les légumes de nos prochains brunchs. En quelque sorte, la boucle est bouclée.

Des partenariats permettent de faire vivre la ferme. En ce sens, les adhérents à la RECyclerie peuvent bénéficier des oeufs des poules de la ferme. Un menuisier du quartier apporte des copeaux de bois pour le poulailler justement. Un échange de bons procédés car il peut s’en débarrasser à moindre coût. Les abeilles profitent du bel espace qui leur est proposé sur le toit et en échange, exécutent leur rôle dans la pollinisation .

La diversité du contenu de la ferme urbaine permet de mettre en place des ateliers divers pour petits et grands. Une vraie dynamique est créée autour du “consommer autrement” qui ponctue la vie de tous les acteurs de prés ou de loin dans cette ancienne gare.

Le concept original du restaurant permet de pousser la proposition de services encore plus loin. Nous découvrons ainsi l’atelier de René qui est une chance donnée à chacun de partager avec autrui sur divers projets de réparation d’objets par exemple.

A la recherche d’une consommation alternative

Consommer local, ce n’est pas qu’un projet idéaliste, c’est une réalité pour de nombreux consommateurs aujourd’hui. Une étude de l’Observatoire Société et Consommation publiée en mars dernier dévoile des chiffres impactants prouvant ainsi l’intégration de cette tendance alternative dans nos modes de consommation.

Seuls 44% des Français font confiance aux enseignes de grande distribution. Un constat indéniable d’une méfiance vis-à-vis des longs circuits de distribution et des produits d’origine lointaines, et dont les méthodes de production sont plus que douteuses. A partir de là, les associations de défense de consommateurs deviennent les référents pour bien consommer.

De plus en plus de Français se tournent alors vers des réseaux d’achats groupés, notamment sur des produits fermiers. Ainsi, le bio est devenu en l’espace de quelques années l’élément central d’une alimentation alternative. Soucieux de protéger l’environnement des désastres sanitaires et chimiques dus à l’hyper-industrialisation, les “conso-bio” privilégient des produits issus de l’agriculture biologique qui se veut respectueuse de l’environnement par son mode de production.

Devenir consomm’acteur

Un mode de vie sain et local qui n’est pas empreint d’une nouvelle mode. Nos grands-parents chérissaient les cultures et alimentations saines et locales dans leur potager maison, où le mot engrais chimique était bien loin de leur langage courant.

Aujourd’hui, nous constatons  un véritable retour aux sources, aux valeurs locales et environnementales et cela passe aussi dans nos assiettes. Mais d’autres courants de consommations alternatifs voient le jour tels que le veganisme, végétarisme, flexitarisme… Une volonté pour ces nouveaux consommateurs de se nourrir de manière plus saine et surtout de sortir d’une agriculture dite conventionnelle.

Article co-écrit avec Ric Moungs