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Rana Plaza, six années après le drame

C’est arrivé le 23 avril 2013, à Dhaka, la capitale du Bangladesh, une usine de fabrication textile nommée Rana Plaza s’effondre et cause la mort de 1138 personnes ainsi que des milliers des blessés.

La prise de conscience fut inévitable, les limites et les dangers du Fast Fashion sont mis en évidence aux yeux de tous à ce moment-là. Il s’agit de l’accident le plus important dans l’industrie du textile.

Le bâtiment menaçait de céder depuis bien des années, mais la demande productivité semblait plus importantes pour toutes les grandes marques internationales qui y sous-traitent comme Gap, Benetton, Mango, etc. Acheter à bas-prix n’est plaisant qui si on en ignore les conditions de production de la main d’œuvre sous-payés qu’elles engendrent.

Le bâtiment menaçait de céder depuis bien des années, mais la demande productivité semblait plus importantes pour toutes les grandes marques internationales qui y sous-traitent comme Gap, Benetton, Mango, etc. Acheter à bas-prix n’est plaisant qui si on en ignore les conditions de production de la main d’œuvre sous-payés qu’elles engendrent.

Nous voici aujourd’hui six années après ce drame et nous pouvons nous interroger sur l’évolution et les changements qui ont eu lieu à la suite de cette catastrophe ?

Si le Fast Fashion est loin d’avoir disparu des modes de consommation et si le « Made in Bangladesh » n’a pas disparu de nos étiquettes, des mesures ont tout de même été misent place. En effet, un Accord a été signé, il s’agit de l’Accord Bangladesh qui oblige une surveillance de la sécurité des usines de fabrication textiles et leur protection contre les incendies. La cour suprême a d’ailleurs décidé au mois de mai 2019 de rallonger cet accord pour une année supplémentaire.

Mais dans les faits, quelle évolution pour les usines textiles et leurs ouvriers au Bangladesh ?

  • À la suite de l’accident, le gouvernement bangladais, sous la pression internationale, a amendé sa législation du travail. C’est le Bangladesh Labour Law Bill. Une avancée très prometteuse qui a permit l’augmentation du salaire minimum par secteur de 70 % en 2013. Mais, à ce jour, le salaire minimum mensuel du secteur textile reste à 60 euros ce qui correspond au salaire le plus bas au monde.
  • 400 syndicats dans les 5 000 usines implantées sur le pays ont pu être créés, mais le gouvernement demeure répressif face aux mouvements sociaux des travailleurs et ceux-ci ne parviennent pas vraiment à faire entendre leurs droits et leurs besoins.
  • Concernant la sécurité, l’Accord Bangladesh a permis des progrès plus conséquents, notamment grâce à l’intervention d’inspecteur internationaux se déplaçant sur les sites de production.
  • En février 2017, la France a adopté la loi relative au devoir de vigilance des sociétés mères et entreprises donneurs d’ordres. Cela crée une obligation de vigilance pour les grandes multinationales française concernant les droits humains et environnementaux causées par les activités de leurs filiales, sous-traitants et fournisseurs avec la mise en place de normes à respecter.
  • La pression exercée par les marques internationales sur les chefs de production du Bangladesh ne fait que croître. Ils demandent une productivité de plus en plus importante pour des prix de plus en plus bas pour satisfaire les acheteurs occidentaux. En effet, à l’air du Fast Fashion, les consommateurs tendent vers une mode jetable.
  • L’exploitation des ouvriers du textile est toujours présente : travail sans contrat, sans sécurité d’emploi, violence exercée notamment sur les femmes.

Si l’Accord Bangladesh survenu au lendemain du drame a permis certaines évolutions concernant les conditions de travail dans les usines textiles au Bangladesh, l’état des lieux six ans plus tard pour le second producteur textile mondial reste tragique notamment concernant le bien-être des ouvriers. Une prise de conscience internationale devient donc fondamentale que ce soit au niveau des gouvernements, des marques et des consommateurs.

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