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PS : READ ME

C’est trop tard. Si j’avais su… J’aurai du. Ce sentiment étrange, d’avoir oublié de dire l’essentiel à cette personne disparue. La mort n’attend pas, la mort ne prévient pas. Difficile de rester, seul(e), avec des non-dits. Difficile aussi de continuer à vivre, de grandir et de se construire sans l’être cher. C’est cette fatalité que Nicolas DURAN a voulu briser via son application PS READ ME. Rencontre.

Facebook : PS Read me

Son visage vous dit peut-être quelque chose. En cinq jours, son post Facebook a été partagé un millier de fois. Cet ancien pompier de Paris, reconverti dans l’immobilier, nous raconte. Une aventure singulière, vécue avec émotion.

Le concept

PS READ ME, c’est une plateforme en ligne, qui permet de déposer des messages qui seront transmis à vos proches, après votre disparition. Elle vous permet de choisir la photo et la musique qui accompagneront vos obsèques. Vous pouvez aussi déposer une vidéo, un message, qui seront envoyés à la personne de votre choix. L’abonnement est mensuel ou one shot en fonction des formules. Vous pouvez modifier le contenu, sans limite de temps. Ultra-sécurisé, les données sont cryptées immédiatement. Vous êtes le seul à avoir accès au contenu, même PS READ ME ne peut le lire.

Source : https://ps-readme.com/

Comment ça marche ?

« Dès que vous vous inscrivez, on vous demande de vous identifier en enregistrant une pièce d’identité. Ensuite, vous choisissez deux à cinq témoins parmi vos proches. Ces personnes doivent être celles qui seront les premières au courant si il vous arrive quelque chose. Ce sont elles qui le confirmeront. Evidemment, ces personnes ont le choix. Si elles acceptent, elles doivent également confirmer leur identité avec un document officiel. Le jour où il vous arrive quelque chose, elles n’auront qu’à confirmer le décès avec un certificat, pour déclencher le processus ».

Comment vous est venue l’idée ?

« J’étais pompier de Paris, voir des personnes disparaître faisait partie de mon quotidien. J’étais souvent le dernier confident dans la douleur, je devais transmettre un message… à ceux qui restent. C’est à ceux-là que je veux apporter mon aider. Ceux qui restent après le drame. Je pense surtout aux enfants, qui n’auront peu ou pas connu un parent. J’ai vu ça dans mon entourage, je sais le traumatisme. Je connais la difficulté d’avoir à se (re)construire sans pilier. PS READ ME permet de donner vie à ce parent disparu. Et cela va au-delà de la simple photo qui prend la poussière. On donne du corps à la personne, un peu de vie. Un timbre de voix, une mimique sur un visage. La vidéo permet de donner le sentiment d’avoir connu l’être cher, à travers un regard, des mots et des expressions. »

Le choix du nom, une évidence ?

« Pas du tout ! Je cherchais un nom… Ça n’a pas été facile, avec tout ce qu’il y a sur internet. J’ai dû contourner aussi ce qui avait une conation religieuse. C’est plutôt à tâtons que je suis arrivé à PS READ ME. »

Le film PS : I love you … Un rapport ?

« Non, aucun. J’ai cette idée en tête depuis 15 ans.  Elle m’est apparue quand j’ai commencé à côtoyer la vie très intime des gens, en tant que pompier. C’était bien avant la sortie du film, qui date de 2007. »

Quelles sont les personnes qui vous ont aidé ?

« Aucune. Je me suis levé un matin, j’ai reporté tous mes rendez-vous, et je me suis enfermé pendant 48 heures. J’ai vécu ça comme une décharge émotionnelle, comme un besoin. Puis j’ai contacté un webmaster, pour développer le site, qui était gratuit au début. Nous sommes rapidement passés sur une version payante, qui inspire plus de confiance et qui apporte le côté sécurisant. »

Combien de temps avez-vous mis pour la concrétiser ?

« A partir du moment où je me suis lancé dans la création du projet, il m’a fallu 8 mois. Aujourd’hui, déjà 200 personnes sont inscrites, en seulement six mois ! »

Les prochaines étapes ?

« Mon post Facebook à réellement donné un coup de boost ! On a lancé une campagne de crowfounding, pour nous aider à développer le projet. Récemment, j’ai sollicité l’influenceuse Julie Bourges, alias @douzefevrier. Elle a vécu un grand traumatisme dans sa vie, elle a donc accepté sans hésiter… La prochaine étape, c’est de continuer à développer le site, et de créer l’application… »

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