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Plongez du côté obscur de l’application Tik Tok

Impossible de passer à côté de la vague Tik Tok. Les coups de com vont bon train, et les publicités envahissent YouTube et Instagram. Au premier coup d’œil, des vidéos cools poussent les jeunes au partage et à la créativité ; mais derrière cette étoile montante des réseaux sociaux, l’envers du décor est loin d’être rose. Zoom sur le côté obscur de la nouvelle application star des adolescents.

Certains se souviennent peut-être de l’application Musical.ly qui, passé un temps, a connu son heure de gloire. Et bien figurez-vous qu’elle continue de vivre au travers de Tik Tok. En 2017, une grosse société d’application du nom de Bytedance rachète Musical.ly pour, à peine quelques mois plus tard, la renommer Tik Tok. En réalité, ce nom existait déjà et correspondait à l’équivalent chinois de Musical.ly. Bytedance a juste fusionné les deux communautés.

Sur la plateforme, on trouve des vidéos courtes reprenant des danses, des chansons ou encore des scènes de films. Un contenu varié, à priori drôle et divertissant, mais qui soulève un problème important. Pour le comprendre, il faut avant tout préciser une chose : Tik Tok est réservé au plus de treize ans… Du moins officiellement car, officieusement, beaucoup d’utilisateurs sont bien plus jeunes.

Narcisse es-tu là ?

À l’image d’Instagram et ses influenceurs dignes de véritable top model, Tik Tok offre un contenu très superficiel. Dans cet univers, tout est fait pour être beau, se mettre en avant et faire envie aux autres. Tenue, coiffure, geste ou encore maquillage, tout est calculé pour un rendu parfait. Ceci est facilement vérifiable. Dans l’espace commentaire, rares sont ceux complimentant la performance de l’utilisateur. Le banal « trop cool, j’adore », laisse place à des « super déhanché », « magnifique silhouette », « un véritable avion de chasse ». On passe donc d’un contenu divertissant à un contenu qui se doit d’être superficiel. Il n’y a qu’à regarder les comptes les plus suivis.

Un simple coup d’œil sur leur page suffit à comprendre le problème ; car être beau sur les réseaux sociaux, ce n’est pas sans risque, surtout pour une application à grosse concentration de jeunes.

Une génération hypersexualisée ?

Pas de panique, nous ne blâmons pas Tik Tok. Au milieu de cette vague de commercialisation et de médiatisation, l’application n’est qu’une petite goutte d’eau. Il s’agit d’un tout : publicités, réseaux sociaux, émissions, photos… affichant des femmes et hommes parfaits ayant tout pour plaire. Logique que les jeunes enfants et adolescents, très exposés, rêvent de devenir comme eux. C’est pourquoi, il n’est pas rare de croiser sur Tik Tok des vidéos de jeunes filles maquillées à outrance, arborant petite brassière, mini short et décolleté, qui twerkent et dansent de façon suggestive. Leur seul objectif : imiter les stars de l’appli.

Pour un exemple concret, prenons Brianna Buchanan.

Cette jeune fille, née en 2005, a aujourd’hui 13 ans, l’âge « légal » de Tik Tok. Or, elle a commencé ses vidéos il y a presque deux ans. Son feed propose un contenu sexy, anormal pour son âge. On a typiquement le cas d’une enfant qui reproduit un comportement d’adulte décomplexé. Le problème réside dans la banalisation de cette hypersexualisation. Cela choque de moins en moins et c’est bien triste !

En voyant la réussite de ces « influenceurs », les utilisateurs veulent acquérir le même succès, et comment les blâmer ? Ce n’est que le résultat d’un comportement humain : vouloir la même attention, le même impact que les « peoples »… faire partie d’une communauté. On en vient ainsi à notre troisième problème.

T’es beau, tu restes / T’es moche, tu sors

Baladez-vous quelques minutes sur l’application et attardez-vous un instant sur les like. Vous dresserez sans doute le même constat que nous : au plus le contenu est sexy/vendeur, au plus il y a de like. Cela montre à quel point on pousse le truc, il faut être beau et parfait car si le contenu n’est pas à la « hauteur », les moqueries fusent. N’oublions pas que l’objectif de Tik Tok est de divertir, il n’est donc pas normal de trouver des « drôle de tête », « t’es loin du missile », « pas du tout en bombe », « t’es grosse », « ton pote il n’est pas transsexuel ? », dans les commentaires, sous prétexte que la personne ne rentre pas dans les « normes esthétiques ».

Il s’agit d’un vague aperçu de la méchanceté des enfants entre eux. Certains autres commentaires vont jusqu’aux insultes et on le sait, à cet âge-là, l’avis des autres compte et blesse.

« Viens faire un tour dans ma camionnette »

Grosse phrase clichée du parfait pervers pédophile, mais cela reflète bien la partie la plus obscure de Tik Tok. Vous allez peut-être vous dire que c’est un peu tiré par les cheveux de pointer du doigt un potentiel réseau de pédophiles, mais quand on y réfléchit… L’application regroupe la plus grosse concentration de jeunes utilisateurs, ayant pour la plupart, moins de 18 ans. Il est donc logique que des personnes mal intentionnées prennent pour cible ce réseau social. C’est inévitable. Toutes les applications de jeunes sont victimes de ces personnes à l’esprit tordu, mais le sujet reste encore trop tabou pour être abordé. Le pire, c’est que c’est juste sous nos yeux. Ces personnes ne se cachent même pas ! Encore une fois, ouvrez l’application, regardez un peu les commentaires et les like avec attention. Vous tomberez à moment ou à un autre sur un profil suspect (parfois même avec une photo d’un homme de 55 ans), laissant des commentaires très explicites ou demandant par exemple des nudes ! Cliquez sur ce profil, et regardez un peu le genre de contenu liké par ce compte. Surprise ! Le même contenu revient : jeune fille, contenu sexy et danse.

Preuve supplémentaire : un simple play-back peut amener 70 like, tandis qu’une danse sexy en rapportera 1500. Cela montre bien qu’il y a un public pour ce genre de vidéos.

Cet article n’a absolument pas pour but de descendre l’application, car les problèmes exposés ici sont les mêmes sur tous les réseaux sociaux. Il s’agit uniquement de mettre en avant les dérives de certaines applications, notamment lorsque les plus jeunes y sont exposés.

Notre rôle n’est pas de juger les utilisateurs, simplement de montrer les “effets secondaires”.

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