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La petite histoire #55 : le langage des fleurs

Du temps de la grande Égypte, la reine Cléopâtre, afin de rappeler son amour, emplissait de pétales de roses les bains de son amant Marc Antoine. Les Grecs, dans un but similaire, utilisaient les fleurs pour transmettre un message d’amour. Aujourd’hui, les fleurs sont devenues un langage universel pour « transmettre des sentiments » et La Saint Valentin est l’une des fêtes où elles sont le plus offertes.  D’où vient cette tradition ? Quel est ce langage ancestral ? Partons à la découverte de cette coutume déjà vieille de plusieurs siècles.

© Astérix

Origines orientales

©guide culture de l’iran overblog

La Perse, au XVIII° siècle, Lady Mary Wortley Montagu alors épouse de l’ambassadeur anglais basé à Constantinople, découvre dès 1715 le langage raffiné des fleurs largement utilisé dans les harems de l’Empire ottoman. Séduite par cette pratique, elle la retranscrira dans un ouvrage posthume. Il paraîtrait même que ce langage complexe (la fleur utilisée, la composition, le nombre ou encore le type ou la couleur… tout avait une symbolique bien définie) aurait été détourné par les militaires pour transmettre des messages aux yeux et à la barbe de leurs ennemis.

     ©Lady Mary Wortley Montagu, Wikipédia 

L’allégorie de la caverne… préhistorique

D’une reine égyptienne fantasmant sur son amant nu dans un bain à une aristocrate anglaise qui, on ne sait trop comment, a fréquenté les harems ottomans… le langage des fleurs semble déjà remonter loin dans le temps… Mais, si je vous disais qu’il est encore bien plus vieux que cela ?  Du temps des cavernes pour être exacte !

Et oui, les hommes poilus & musclés qui vivaient dans des grottes étaient fans de fleurs 😉 ! En effet, d’après leurs recherches, les archéologues ont trouvé des restes de pétales sur plusieurs sites préhistoriques notamment en Israël. Apparemment, cela daterai de -14000 ans car dans les sépultures, les corps reposeraient sur des lits de pollens fossiles. Les plantes, à cette époque, auraient alors commencé à jouer un rôle dans les rites funéraires.

©dico citations

Le moyen âge ou comment détrousser une jeune pucelle… ou puceau mais bon, l’histoire en a voulu autrement

©Interflora collection Chantal Thomass

Alors, nous pouvons imaginer que Lancelot & Guenièvre seraient précurseurs de ce développement. Au moyen-âge, la plante tient un rôle médicinal. Mais, le « fin’amor », l’amour courtois donc, fait son apparition dans la littérature. Ah, l’église catholique, toujours là pour brimer les gestes d’affection publiques. Face à son étroitesse, les amoureux vont donc combler les démonstrations par l’offrande de fleurs. Chabadabada, chabadabada… Ainsi, ces dernières vont représenter la conversation sans parole. L’attrait pour les jardins floraux se développera par la suite. La Renaissance inondera la tendance déco fleurie, par ses tapisseries.

Vive la France ! Mais god save the Queen aussi !

©meemelink

Ladies & gentlemen let me introduce you Louise Cortambert alias Charlotte de la Tour. Et oui, en 1819 cette Française fut la première à écrire un ouvrage sur le langage des fleurs, suivi en 1884 par l’anglaise, Kate Greenway sous l’ère victorienne. A cette époque, les messages secrets prenaient la forme de petits bouquets. Ainsi, la rumeur court qu’accepter une fleur de la main droite était une réponse positive et inversement de la main gauche. Le grand puritanisme de cette époque sous le règne d’Elisabeth  fût l’une des périodes les plus strictes. Paradoxalement, se développe la poésie et le romantisme. Nos amoureux transi vont donc contourner l’austérité. Bref, succès immense au Royaume Uni pour cette population devenue depuis friande de botanique !

©La Pause Jardin, un jardin à l’anglaise

L’amour n’est pas forcément un bouquet de violettes !

 

©moving Tahiti, fleur: oiseau de paradis ou strelizia

A cet instant « t » j’imagine que vous vous attendez à la révélation : que signifie chaque fleur ? Et bien au risque de vous décevoir la tâche s’avéra trop difficile ! Vous n’imaginez pas tout ce qu’il est possible de trouver et, parfois, il y a tout et son contraire. Alors retenez une chose, l’attention. En tant que femme, recevoir des fleurs restera toujours une source intarissable d’un immense bonheur !

Qu’y a-t-il dans un nom ? Ce que nous appelons rose, par n’importe quel autre nom sentirait aussi bon.

William Shakespeare, Roméo & Juliette, 1597, Artiste, écrivain, poète (1564-1616)

©Interflora collection Chantal Thomass

 

 

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