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La petite histoire #12 : le piercing

Le body piercing est un élément de notre quotidien qui a fait bien des voyages à travers l’espace et le temps, prenant ainsi différentes significations. Aujourd’hui, le piercing est devenu un vrai mode de vie, permettant la distinction, ou l’appartenance. Mais d’où vient ce “happy ending” ? On rembobine, prenez place, c’est parti pour la petite histoire du piercing !

Ötzi, le plus vieil homme tatoué … Et percé !

Source : nouvelobs.com

Ötzi est l’un de nos ancêtres chasseurs, dont le corps momifié de plus de 5 000 ans a été retrouvé. Ce serait donc à l’époque néolithique que les premiers signes de piercings apparaitraient : des lobes d’oreilles percés, mais aussi élargis de 11 millimètres. Si les punks pensaient être les premiers, vous pouvez aller vous rhabiller les gars, ça a été fait il y a de ça des milliers d’années ! A l’époque, les tribus primitives pratiquaient le piercing pour des raisons plus ou moins singulières. Certains accordaient au body piercing une valeur esthétique, d’autre initiatique, ou encore magique. Hmm étrange, vous avez dit bizarre ?

L’antiquité, le début d’une ère

Source : skyrock.net

Nous avons tous une période clé dans notre vie où nos subissons de gros changements. Il en est de même pour le piercing qui voit son évolution prendre forme dès l’antiquité : il commence alors à apparaître à divers endroits du corps. Bouche, oreille, langue, ou encore sexe, ils y passeront tous.

Tire-moi l’oreille, et je te dirai qui tu es

Source : hostingpics.net

Si vous n’êtes pas bouddhistes, vous aurez tout de même remarqué un certain trait physique de notre ami Bouddha (et pas Bouba… Ou Booba ?). Issu de famille noble, il aurait abandonné ses biens et ses bijoux, ses lobes d’oreille sont la représentation de cette perte. Mais Bouddha n’était pas le seul à porter des boucles d’oreille : la chose était également répandue en Mésopotamie, en Grèce antique, en Etrurie, à Rome et à Byzance. La rumeur raconte d’ailleurs que Jules César en aurait porté. Info ou intox ? S’il n’est plus là pour en témoigner, on sait en revanche que certains hommes se laissaient tenter par les boucles d’oreilles, mais aussi les femmes et les enfants qui n’en portaient que d’un côté (le droit).

Langue, lèvre et nez : un peu d’exotisme

Source : Pinterest

Notre voyage au pays du piercing continue en Amérique du sud où de nombreuses tribus ont eu leur rôle à jouer. Côté langue (et je parle bien de l’anatomie, pas celle qui est parlée), il s’agissait plutôt d’une sorte de rituel pour les Aztèques, les Mayas, et les Tlingit (tribu d’Amérique). La lèvre elle, était plutôt percée chez les hommes aztèques de rang supérieur : le bijou en forme de serpent était en or, incrusté de pierres jade et/ou obsidienne. Du côté des tribus d’Afrique de l’est, le piercing à la lèvre était plutôt esthétique, et était alors réservé uniquement à la gente féminine. Enfin, le nez percé est répandu dans l’histoire de plusieurs pays ou régions, notamment en Amérique précolombienne, en Inde, et en Indonésie. Le “bijou” pouvait prendre différentes formes : défense de porc, os, plumes … Si on remonte un peu le temps, on retrouve même des traces de nez percé 4 000 ans plus tôt : dans la Bible, l’épouse d’Isaac se voit offrir un anneau d’or pour le “shanf” (nez en hébreux).

Cachez moi ce sein que je ne saurai voir …

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Source : casimages.com

Si le piercing au téton semble féminisé aujourd’hui, sachez que les hommes sont à la base de cette pratique ! En effet, ce sont les centurions qui ont initié ce qu’ils appelaient “l’anneau de poitrine”, afin d’y accrocher leur cape. Ave César !

Coucou, tu veux voir mon …

Dans la catégorie sado-masochiste, nous sommes heureux de décerner le prix de l’invention la plus folle aux romains et leur “fibule du prépuce” ! Comme son nom l’indique, cette dernière consiste à insérer un anneau sur prépuce … Pour empêcher les rapports sexuels ! L’infibulation du prépuce était utilisée chez les écoliers, les chanteurs , les comédiens, mais aussi les gladiateurs… Aïe !

Source : memegen.com

Aujourd’hui, le piercing permet la marginalité. Il n’est plus imposé, et appartient au libre arbitre. A l’image du tatouage, il permet la construction identitaire de l’individu : une appartenance revendiquée, de la rébellion … Certains piercings sont associés à la religion, notamment ceux faits aux nez ou encore aux oreilles, mais il est aujourd’hui plus communément un accessoire de mode.

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