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La petite histoire #32 : la Petite Ceinture, paradis caché

Chacun aime à dire que Paris est une ville polluée, qui manque de nature, dans laquelle on se sent étouffé… Mais avant de faire le procès de Paris, il vaut mieux se renseigner. Parsemée de parcs et de squares, la ville est pleine de verdure, à chaque coin de rue. La nature l’entoure même, littéralement. La Petite Ceinture est une ligne de chemin de fer abandonnée de 32km autour de Paris, bien trop méconnue par ses habitants et idéale pour une balade de printemps, légale… ou non !

L’histoire de la Petite Ceinture

Le projet de la Petite Ceinture voit le jour à la toute fin du 19ème siècle, lorsque les chemins de fer se développent en France. Paris recherche une liaison ferroviaire à l’intérieur de la ville, entre les gares qui y sont éparpillées. Le transport de marchandises devient un enjeu de la révolution industrielle. Les travaux commencent lentement, au vu du chantier colossal qui s’annonce. C’est la gare des Batignolles qui s’ouvre en première, en 1852. Bien que la Petite Ceinture serve en priorité à transporter des marchandises, les trains prennent parfois des voyageurs.

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Avec les gares internes comme Saint-Lazare et Montparnasse, la « Grande Ceinture » concurrence vite la Petite Ceinture, dès 1886. Le transport des voyageurs devient la première préoccupation des compagnies ferroviaires, qui préfèrent transiter par les gares dans Paris. La périphérie est peu à peu délaissée et l’essor des lignes de trains se tarit pour laisser place à la construction du métro, en 1903. La Petite Ceinture reste alors ouverte pour quelques trains de marchandises inter-réseaux. La destruction du viaduc d’Auteuil lors de la deuxième Guerre Mondiale signe la fin de la Petite Ceinture, la continuité du tracé étant interrompue.

La réhabilitation par la Mairie de Paris

Après l’arrêt total de la circulation des trains sur la Petite Ceinture, les trente-deux kilomètres de chemins de fer ont été totalement laissés à l’abandon et la nature y a repris ses droits. SNCF Réseau, propriétaire de la Petite ceinture, ne s’y est intéressé que très récemment, en 2007. Plusieurs associations les y ont forcé, afin de redécouvrir Paris sous un autre angle. Le premier tronçon aménagé se situe dans le 16ème arrondissement, il s’agit maintenant d’un sentier nature, où des chemins piétons côtoient les rails authentiques. Ce réservoir de flore et de faune en plein milieu urbain est mis en avant par les experts et associations, qui tiennent à garder la tranquillité des espèces, tout en ouvrant ce puits de verdure aux citoyens.

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Un véritable paradis naturel

La Petite Ceinture ne se fond que rarement dans la ville. Son inaccessibilité empêche les parisiens non avertis de s’y intéresser et son accès est difficile. Afin de la rendre plus accessible, la SNCF a permis aux collectivités d’en investir les abords. Ainsi, quelques potagers et jardins partagés se sont invités et fleurissent la voie ferrée. De plus en plus de Parisiens s’intéressent à la Petite Ceinture et souhaitent son ouverture au grand public. D’ailleurs, l’accès restreint pour le commun des mortels incite certains à s’y faufiler, de manière illégale. C’est ce que l’on appelle l’ « urbex », c’est-à-dire de l’exploration urbaine. C’est une pratique qui peut s’avérer dangereuse, il faut souvent rentrer par des endroits escarpés. Afin d’éviter cela, la ville de Paris n’a pas beaucoup de choix, elle doit ouvrir la totalité de cette belle inconnue parisienne, afin de la rendre publique.

Vous pouvez en profiter toute l’année, la balade est calme et apaisante, loin du tumulte parisien. Mais je vous recommande le début du printemps, pour profiter de la beauté fleurie du chemin de fer le moins arpenté de France !

Les accès légaux :

  • 21 rue de Rottembourg – Métro Michel Bizot
  • 99 rue Olivier de Serres – Métro Convention
  • 60 rue Damesme – Métro Maison Blanche

© Photos prises par mes soins