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Paul Bocuse, le “pape de la gastronomie” quitte les cuisines

Paul Bocuse, un homme généreux avec une pointe de créativité, le tout relevé d’amour pour les bonnes choses.

Monsieur Paul, un digne représentant de la gastronomie française qui partageait volontiers son amour de la bonne cuisine. “J’aime le beurre, la crème, le vin”, et pas “les petits-pois coupés en quatre”, avait-il l’habitude de dire. Un bon vivant qui voyait les choses en grand, assez paradoxal pour cet homme épris d’amour pour son terroir.

Il n’y a pas de bonne cuisine si au départ elle n’est pas faite par amitié pour celui ou celle à qui elle est destinée. Paul Bocuse

Au fil des années, la cuisine s’agrandit, car oui Monsieur Paul est un véritable homme d’affaires qui a réussi à lui seul à monter un patrimoine estimé à plus de 100 millions d’euros. Véritable ambassadeur de la gastronomie, il exporte sa marque, son nom, d’abord dans le Rhône, département estampillé Bocuse, puis à Lyon en passant par le Japon et les États-Unis. Une mayonnaise qui semble prendre autant auprès du grand public que des médias.

http://www.purepeople.com/media/paul-bocuse-avec-daniele-evenou-dans-l-e_m3804676

Une pâte récompensée en 1965 par trois étoiles au guide Michelin pour son restaurant emblématique, l’auberge du Pont de Collonges à Collonges-au-Mont-d’Or, près de Lyon. Mais ce succès croustillant n’est pas la seule fierté de Monsieur Paul, puisque son goût pour l’héritage culinaire l’amène tout naturellement à soutenir les écoles qui forment les cuisiniers de demain. Direction les fourneaux pour décrocher le prochain Bocuse d’Or, mais pour gagner, il faut affronter des grands cuisiniers du monde entier venus pour quoi ou plutôt  pour qui ? Pour Monsieur Paul bien sûr ! Un chef qui comprend bien assez tôt tous les enjeux de la communication et du rôle des journalistes, une cuisson à point pour le succès ! Il flaire rapidement la révolution d’une mondialisation des nourritures, “il sort la cuisine des cuisines” comme le résume si bien L’Humanité.

On peut vivre comme des seigneurs sans avoir d’argent, parce qu’on a ce métier, on a nos produits, nos restaurants, et on peut donner aux gens ce que le commun des mortels ne peut pas donner.Paul Bocuse

http://www.leparisien.fr/societe/paul-bocuse-75-ans-de-cuisine-en-images-20-01-2018-7512711.php

Pierre Gagnaire, chef du restaurant du même nom, ami de longue date de Monsieur Paul, se remémore le charisme de ce grand homme : ” Il avait une énergie débordante que j’ai ressenti partout dans cette maison et c’était il y a 40 ans ! S’il a réussi à l’entretenir toutes ces années, c’est parce qu’il aimait les gens. Il a su construire autour de lui quelque chose d’unique dans notre métier, une espèce d’armée de gens dévouée à sa cause. C’était un rassembleur.”. On dit souvent qu’en cuisine, il faut toujours un ingrédient secret, Paul Bocuse l’avait, c’était, disait-il “le beau produit, le reste suit tout seul, mais ça gardez-le pour vous”.

https://france3-regions.blog.francetvinfo.fr/cote-chateaux/2015/01/01/paul-bocuse-le-monument-de-la-gastronomie-francaise-vous-souhaite-ses-meilleurs-voeux-pour-2015.html

Aujourd’hui, la cuisine semble bien grande sans Monsieur Paul, son tablier est posé sur le comptoir pour un dernier au revoir mais pas un adieu, car le goût de sa cuisine nous restera pour toujours en bouche.