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Orange Is The New Black saison 5 : entre rebondissements et réflexion

Attendue pendant un an par ses fans, la cinquième saison de Orange is the new black de Netflix, a été dévoilée le 9 juin. Fidèle au style des précédentes, cette dernière ne tarie pas de rebondissements et offre de nombreux axes de réflexion. Décryptage.

 

Le speech de la nouvelle saison

 

La nouvelle saison d’Orange is the new black raconte la mutinerie de la prison pour femmes de Lichtfield et propose de nombreuses pistes de réflexion, notamment sur la démocratie. Après le choc engendré par la fin de la dernière saison, il était nécessaire pour la série de se réinventer, et de proposer quelque chose de novateur afin de se renouveler et captiver le spectateur.

En effet, les détenues sont révoltées après la mort de leur camarade afro-américaine Poussey, asphyxiée par un garde novice qui l’avait maintenue couchée au sol. Pour elles, il faut défier les surveillants, et renverser le rapport de forces. La saison 5 s’ouvre quelques secondes après que Dayanara (Dascha Polanco) ait récupéré l’arme d’un garde tout en le menaçant avec ce dernier. Moins d’une minute après le début, un coup de feu part, et la révolution est en marche. Les prisonnières voulent obtenir justice et que leurs revendications, telles que des conditions de vie plus humaines, soient entendues.

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Natasha Lyonne, qui interprète la surprenante Nicky, avait d’ailleurs déclaré durant le lancement mi-mai à Londres : «Cette cinquième saison est un croisement entre la situation politique américaine actuelle et le roman de William Golding Sa Majesté des mouches».

 

 

72h pour la démocratie

 

La particularité de cette saison tient tout particulièrement dans le rythme pressé qu’elle adopte. L’urgence dans laquelle les femmes se trouvent se traduit par des épisodes en temps presque réel, tel que dans 24 Heures chrono. Ici, 72 heures au milieu d’une mutinerie durant lesquelles les alliances se modifient, le pouvoir change de main et les réflexions de chacun évoluent. Des groupes, des clans se forment, pas toujours en fonction de leur cercle d’origine, mais plutôt de la place que ces dernières veulent jouer dans l’évolution de leurs conditions.

Taystee (Danielle Brooks) se révèle dans cette saison. profondément meurtrie par le meurtre de sa meilleure amie. Elle prend à coeur de lui rendre hommage, mais surtout, d’obtenir justice. Ainsi, elle se bat aux côtés de ses camarades, afin que soient établies de meilleures conditions de détention, et que la reconnaissance de l’erreur du garde à l’égard de Poussey soit reconnue. Les réseaux sociaux seront leur allié, afin de les aider à alerter le monde extérieur.

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Pour autant, toutes ne se sentent pas aussi concernées par ces revendications, et tentent plutôt de profiter de ce pouvoir inversé. Certaines des éternelles opprimées, veulent renverser l’intégralité des conditions de vie avec les matons. Humiliation et dédain sont au programme afin de leur rendre la pareille.

D’autres détenues, quant à elles, vont préférer raser les murs et éviter de se faire remarquer. Ne pas se battre pour ne pas subir les éventuelles retombées. Une situation que toutes ne peuvent assumer, à l’image de l’égocentrique Piper. Taylor Schilling, son interprète,  déclarait ainsi au Figaro : «Elle tente de se fondre dans la masse mais cela se révèle intenable… Les excès de certains la mettent mal à l’aise. En adoptant cette attitude passive, elle devient complice… C’est inhumain de ne pas réagir face à l’injustice».

Ces différents groupes sont l’illustration d’un parallèle certain entre la série et les Etats-Unis actuels. Orange is the New Black a toujours été engagé, afin de dénoncer le système carcéral américain «industriel», les violences policières, les discriminations raciales, défendant les transgenres, mettant en valeur des héroïnes aux corps, aux origines et à la sexualité multiples. Une comédie noire qui cette saison encore, offre des pistes de réflexion sur les questions de démocratie. Comment cette dernière née, entourée d’espoirs et d’idéalisme, mais également parfois de vengeance et de violence. Sans oublier la résistance, la protestation et l’implication variable selon les individus. 

Une ressemblance frappante avec la présidence de Trump dont la série ne se défend pas. Taylor Schilling a d’ailleurs déclaré : «Notre créatrice, Jenji Kohan, a un flair inégalé pour saisir l’air du temps. Nous avons une responsabilité vis-à-vis des générations futures. À quel moment nous mobilisons-nous? Cette question, nous l’avons rencontrée à chaque tournant de notre histoire: la lutte pour les droits civiques, la mobilisation contre le sida…».

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Une dramédie réussie

Si le traitement en “temps réel” peut donner l’impression de traîner en longueur dans les premiers épisodes, cela bascule vite à partir du quatrième. Le rythme prend alors un tout autre aspect, et la machine est lancée. 3 jours pour vivre la mutinerie de Lichtfield. Cette subtilité mise en place par Jenji Kohan et son équipe, leur a permit de rester dans la même qualité de production et réalisation que les saisons précédentes. Un cadre classique de la fiction de prison qui permet à Orange is the New Black  de se réincarner dans sa caractéristique initiale, la dramédie. Un subtil mélange de drame et de comédie, parfois un peu absent dans les saisons précédentes.

Si un aspect négatif était à soulever, l’absence quasi totale de Sophia Burset (interprétée par Laverne Cox) lance un soupçon de déception. Le personnage transgenre a su se creuser une place dans le coeur des téléspectateurs, qui ont souffert de son manque d’apparition. Pour autant, la performance de Danielle Brooks ( Taystee) suffit à ravir les plus exigeants, dans la profondeur dans laquelle s’illustre la détenue. L’histoire du gardien Piscatella est également mise en valeur dans cette saison. Pour autant, les flashbacks de son histoire ont parfois un goût amère pour les fans, estimants que ces derniers excusent un peu trop son caractère cruel, antipathique et impardonnable.

Au final, la série permet de mettre en valeur la démocratie dans ses aspects positifs et négatifs. Impossible de ne pas citer la différence de traitement par l’opinion publique, à l’égard du sort d’une personnalité publique telle que Judy King, et des détenues “lambdas”. Sans oublier les critiques de notre société, à travers la découverte du monde extérieur par les jeunes femmes. L’exemple des tutos vidéos de Maritza et Flaca permettent ainsi de montrer l’influence de ce type de contenus, aussi bien sur les créateurs que les récepteurs. 

La fin de la saison nous laisse présager un avenir sombre pour les détenues. Vont-elles être puni ? Les conditions de vie vont-elles s’améliorer ? Taylor Schilling prévient, malgré le renouvellement d’ Orange Is the New Black pour deux saisons supplémentaires: «Plus rien ne sera comme avant et les détenues ne pourront pas rester à Lichtfield.» 

Janine est fan mais…. maintenant il faut attendre un an pour la saison 6 ! Pourquoi ne pas binge watcher les 5 saisons une deuxième fois dans ce cas ? 

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