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Orange Is the New Black, le reflet de l’état des prisons américaines

Orange Is the New Black, rappelons-le, est basé sur les mémoires de l’Américaine Piper Kerman. Son livre autobiographique Orange is the New Black: My Year in a Women’s Prison raconte son expérience en prison pour blanchiment d’argent. Se baser sur des faits réels est dans l’essence de la série Netflix. Il n’y a rien d’étonnant à ce que la saison 6 maintienne les liens entre fiction et réalité. L’actualité et la politique américaine ne sont jamais bien loin. 

Après l’émeute de Litchfield, les détenues quittent leur prison de semi-liberté pour une nouvelle structure. Derrière les barreaux, se trouvent des femmes mises en prison pour des faits plus graves de violence, meurtre… Ce qui n’augure rien de bon pour Piper, Alex, Red, Taystee, Nicky, Cindy et les autres. Elles vont devoir trouver leur place ; se frayer un chemin dans cette jungle de l’injustice autant subie que provoquée par certaines détenues. 

Les anciennes de Litchfield vont défiler devant leur avocat. La MCC, société propriétaire de la prison veut désigner deux coupables de l’émeute et du meurtre d’un gardien. Très rapidement, la réalité rattrape les filles qui ont eu espoir d’obtenir justice pour leur amie Poussey Washington, tuée par accident dans la saison 4. Elles ont l’administration contre elles. Les avocats, pour la plupart commis d’office, leur font comprendre qu’elles doivent plaider coupable pour éviter un procès. Ils sous-entendent également qu’au vue de la couleur de peau de certaines, elles n’ont aucune chance d’être entendues. 

Les militants du mouvement Black Lives Matter ont suivi de près l’émeute. Ils ont entendu le message de Taystee. Elle va devenir le symbole des discriminations contre les afro-américains. Alors que tout semble perdu pour elle, elle réalise qu’à l’extérieur des gens sont près à l’aider.

Car, dans ce genre de cas, seul l’opinion public et l’emballement des médias donnent du poids à la parole d’une détenue.

Plus engagée que jamais, la série amplifie sa portée politique et dénonce toujours autant l’incarcération de masse et les conditions de vie désastreuses dans les prisons américaines. 

Les prisons privées veulent faire du bénéfice et dépenser le moins possible pour leurs détenues, leur confort ou leurs activités. Là aussi, le contexte est bien réel.

Les États-Unis ont décidé de renationaliser certaines d’entre elles car elles ne répondaient pas aux exigences du ministère de la Justice en matière de sécurité notamment. Elles étaient 13 sur 123, et d ‘ici les dix prochaines années elles ne seront plus que 10. 

Bref, il est bon de retrouver tous les personnages mythiques de la série. Les réalisateurs n’ont pas lésiné avec l’humour, mais aussi avec la pertinence de leur scénario. Les personnages sont tout aussi marqués de destins brisés, particuliers, qui sont approfondis lors de portraits individuels développés à chaque épisode. Qui commence la série, ne peut la terminer sans s’attacher à toutes ces filles. 

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