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NTM – IAM : ils sont encore là !

La musique est une passion, un sentiment, un moment de partage entre l’artiste et la personne qui l’écoute. Certains préfèrent le jazz, d’autres l’électro ou le métal. Dans cet article, nous nous intéresserons au rap. Mais avant toute chose, il est important de respecter les goûts de chacun, de ne pas enfermer les gens et les genres dans des cases. Les personnes âgées écoutant des musiques d’antan, la bourgeoisie de l’opéra, les gens des quartiers populaires du rap… La musique permet l’évasion et les plus mélomanes respecteront toujours celles des autres. Comme disait Kant, « la musique est la langue des émotions ».

Retour aux sources

Et quelle émotion quand on repense au 18 mars 1997 et au 20 avril 1998. Ces dates ne vous disent rien ? Allez essayer de réfléchir un peu. Un indice ? Deux albums monumentaux ! Un autre ? Deux groupes de rap aux 3 lettres. Vous y êtes ! IAM et NTM, les deux groupes légendaires du rap français sortaient respectivement « L’école du micro d’argent » et « Suprême NTM » avec des morceaux comme « Petit frère », « Demain c’est loin », « Laisse pas trainer ton fils », « Ma benz » et bien d’autres. Ces deux albums ont marqué les esprits de plusieurs générations et continuent de rassembler les plus jeunes et les moins jeunes. Ils sont indémodables et malgré les 20 ans passés, le message est toujours d’actualité. Shurik’n, le lyriciste d’IAM, disait « On sait ce que tu es quand on voit ce que tu possèdes », pendant que Kool Shen, le phénomène de NTM nous faisait prendre conscience des dangers de la rue avec ce fameux « laisse pas trainer ton fils si tu ne veux pas qu’il glisse ». A l’image des vers de Baudelaire qui sont indémodables et continuent de faire frissonner plus d’un lecteur, les amateurs de rap ne se lassent pas d’écouter ces deux groupes. Et pour notre plus grand bonheur, ils reviennent sur la scène de l’ACCOR ARENA, IAM en novembre prochain pour fêter les 20 ans de l’album et NTM en mars 2018 pour fêter les 30 ans du groupe. Cette annonce a suscité un tel enthousiasme que les organisateurs ont dû ajouter des dates supplémentaires. Cependant, certains restent dubitatifs et ne voient en ces retours qu’un coup marketing et financier.

Le marketing plus important que la passion ?

On peut en effet se poser la question quand on sait que NTM n’a pas sorti d’album depuis plus d’une décennie. Pendant des années, les deux acolytes ne se parlaient plus, jusqu’à leur retour en 2008 pour quatre dates à Bercy (pleines à craquer pour une ambiance de folie). De plus, les deux membres du groupe ont choisi des carrières différentes entre le poker et le cinéma. Les marseillais de IAM ont, quant à eux, fait leur retour cette année avec un nouvel album que le public semble plébisciter. Mais, ils n’ont plus le même âge et sont loin de l’époque « Lacoste – Stan Smith » du célèbre morceau « Je danse le mia ». Seront-ils capables d’assurer le show ? De nous faire vibrer comme à l’époque ? Chacun son avis. Pour la rédaction, qui sera présente aux deux concerts, c’est un réel plaisir de voir ce retour et les dates sont attendues avec une grande impatience. De plus, cela peut susciter une autre question : Pourquoi les anciens groupes rassemblent autant alors que la nouvelle génération essaye de faire sa place ?

« Le rap, c’était mieux avant » ?

Ce fameux slogan repris par les puristes est un éternel débat entre l’ancienne et la nouvelle génération. A l’image du monde, la musique a évolué avec le temps, les nouveaux moyens, la démocratisation d’internet et des réseaux sociaux. Chacun essaye de faire son buzz et de percer pour devenir célèbre au point parfois d’en oublier l’essence même de la musique, de la passion qu’il faut pour la composer. Ecrire des vulgarités ou la vie des quartiers et les déverser sur une instrumentale mélodieuse ou rythmée, mettre de l’auto-tune, des voitures dans les clips ne suffisent pas à faire un classique. Et le public s’en rend compte. On ne connait plus l’émotion de ces albums, de ces textes qui nous amenaient dans une réflexion, qui dégageaient une exaltation pour beaucoup. Et ce problème s’étend à tous les genres musicaux. De plus en plus, on voit le retour des légendes des années phares des différents mouvements comme Metallica, Guns N’ Roses ou autres. Alors oui, les places de concerts peuvent être chères pour des « anciens de bientôt 50 ans », et oui, on connait par cœur ces morceaux et il ne faut pas vivre dans le passé. Mais messieurs, faites nous rêver et ramenez nous à l’époque du grand rap qui est une grande musique !