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Nesting, analyse d’une tendance à s’approprier en 2018 ?

Dans une société où tout va vite et où la vie semble devoir répondre à des critères de communication élévée, le besoin de ralentir et de se poser se fait souvent sentir. Credo d’une génération à bout de souffle, le “nesting” fait peu à peu son nid dans les esprits de chacun. Pour le meilleur, et peut-être le pire.

Le “nesting”, de l’anglais “faire son nid”, prend peu à peu sa place à l’intérieur des magazines et des sites internet. Partout, la phrase “quand rester chez soi devient plus cool que sortir” noircie les papiers et remplie les pages en ligne. Pour comprendre le phénomène, il faut d’abord s’intéresser à la véritable signification du terme. Pris d’un point de vue marketing, le nesting représente une tendance sociétale propice au recentrage sur soi et à l’amélioration de l’habitat, représentative du  style de vie et de l’image des habitants. En soi, elle nage à contre courant d’un mouvement longtemps installé, propre aux années 80-90. De ces décennies colorées, a principalement perduré ce besoin de sortir boire des verres, danser en boîte de nuit ou encore manger au restaurant. Une envie d’activité sociale, racontée avec entrain au petit matin.

Le Nesting, réponse à l’évolution d’une société

Et pourtant. Pourtant la société a elle aussi évolué, aux côtés de ses protagonistes, de ses innovations. Elle s’est transformée en un claquement de doigts, dès qu’Internet a franchi les portes des bureaux, puis des foyers. D’une génération esclave du fax et du téléphone, le monde est passé à une liaison sans borne, à une connectivité sans faille. Partout et tout le temps, chacun peut raconter ce qu’il fait, ce qu’il vit, ce qu’il voit. Nul besoin d’attendre, il faut tout. Tout de suite.

Oui mais, dans une rapidité exigée, peut-être nous sommes nous laissé entrainé par un tourbillon, au point d’en perdre pied. Face des interactions humaines intensives, à la montée du stress, à un consumérisme grandissant et à un contexte politique, économique et écologique difficile, le besoin d’un cocon devient irrépressible. L’envie de créer un endroit où l’on se sent bien, en sécurité, où tout est beau, doux, et chaud. Oubliée la gueule de bois du lendemain de soirée, et place au DIY (do it yourself). Customiser son intérieur pour créer une harmonie à son image.

Un rendez-vous galant avec Netflix

Après une semaine à déambuler perché sur ses escarpins, engoncé dans un costume cravate, et dans l’obligation d’être sociable avec ses collègues, rester chez soi semble une solution plutôt sexy. Confortablement vêtu d’un pyjama pilou-pilou, de grosses chaussettes ou d’un survêtement, une tisane dans une main, un bol de glace dans l’autre, le date du jour s’appelle Netflix.

Le géant du streaming a lui aussi sa part de responsabilité dans cette évolution. Face à l’engouement provoqué par les séries et par leur multiplication, il devient nécessaire de consacrer du temps à cette activité pour être à la page. Loin de pouvoir se vanter de ses exploits festifs, le pouvoir est à ceux qui sont restés chez eux. Qui est mort ? Qui a rompu ? Qui a couché avec qui ? Quel dragon a volé à la rescousse du héros ? Ces questions sont sur toutes les lèvres. Votre soirée, quant-à elle, est déjà connue de tous grâce aux réseaux sociaux. Rien de nouveau.

Plus qu’une expression, “Netflix and chill”  incarne un credo adopté par beaucoup, et revendiqué sur les réseaux sociaux, voire sur les pulls et autres supports. Le binge watching est devenu “IN”, et les plaids sont les nouveaux accessoires du moment.

Un mode de vie bénéfique

Contrairement aux idées reçues, l’envie de rester chez soi n’est ainsi pas liée à l’âge, ou à la maturité. Il incarne plutôt une tendance pour la plupart, un mode de vie. Pour autant, s’il ne s’agit bien que d’un phénomène de mode pour certains, pour d’autres, le mouvement incarne l’assurance. Pouvoir assumer leurs envies et leurs goûts sans honte et contraintes. Au revoir la simulation de maladie ou les longues soirées imposées par un ami, rester chez soi fait briller en société.

Certains avantages sont inhérents à ce mouvement. Impossible de ne pas citer le docteur barcelonais Vicente Saavedra , interrogé par El País, pour qui rester chez soi de temps en temps, permet à nos cellules et à nos organes  de se régénérer.

Un équilibre essentiel

Pour autant, si le ras le bol d’une société hyper connectée qui ne ressent plus le besoin de sortir pour socialiser est bel et bien présent, peut-être faut-il se méfier.  Si commander en ligne est facile, rencontrer l’amour sur une application est possible et parler à distance est incontournable, gare à ne pas laisser le virtuel prendre le pas sur la réalité. Si les échanges se sociaux “in real life” finissent par se réduire à ceux qui nous sont imposés, ces interactions humaines vont rapidement être superficielles et contraignantes. Or la nature même de l’homme est de vivre en société.

Peut-être alors faut-il se demander si, au lieu de jongler entre deux extrêmes, entre le cocon et la connexion permanente, il n’est pas préférable de trouver un équilibre. Si les moments de cocooning sont à préserver, ceux entre amis le sont tout autant. Si ces derniers se trouvent totalement supprimé d’un quotidien, la vie se retrouverait rapidement bien morose.

Préservez-vous, prenez du temps pour vous, profitez de ceux qui tiennent à vous.

P.S : Pour vos soirées cocooning, pensez à tricoter ! Retrouvez-ici, les bienfaits de la tricothérapie.