1

Mythes et légendes : direction l’île de la Réunion

Il y a quelques mois, on vous parlait de l’Île de la Réunion, également appelée “L’Île intense”, surnom qui fait échos à la richesse de sa culture et de ses paysages. Aujourd’hui, il sera question de mythes et de légendes qui ont construit l’histoire de cette île située dans l’Océan Indien. Après la série d’articles sur Redécouvrir Paris, Zoom sur la Réunion !

Source : cortodanzigese YouTube channel

Gran Mèr Kal

source : ipreunion.com

Halloween est fini, mais comment ne pas vous parler de Gran Mèr Kal !? La sorcière mal-aimée est utilisée pour faire peur aux petits réunionnais qui ne sont pas sages. De multiples versions existent à l’heure actuelle, ces dernières diffèrent en fonction du point de vue adopté (colons blancs ou esclaves noirs ), des régions. Le point commun reste néanmoins que selon les légendes, Gran Mèr Kal serait une vieille dame, adepte de sorcellerie, qui annoncerait de nombreux malheurs …

Gran Mèr Kal, quelle heure i lé ? (Grand-Mère Kal, quelle heure est-il ?)

Attention à ne pas être dehors à minuit ! Gran Mèr Kal pourrait vous manger.

Parmi les deux versions de l’histoire qui reviendraient le plus régulièrement, Gran Mèr Kal serait une riche et méchante propriétaire d’esclaves ou une très belle esclave nommée Kalla. Après avoir connu une mort terrible, Gran Mèr Kal errerait toujours dans l’île, son corps n’ayant pas été enterré comme il le fallait. Si un jour vous la croisez, gare à vous, elle est toujours en quête de nouvelles victimes ! Cette dernière peut d’ailleurs se changer en oiseau noir. Elle est d’ailleurs associée au Papangue, présage de mauvaise augure.

Madame Desbassayns

Source : culture-outre-mer.com

Madame Desbassayns est un personnage emblématique de l’histoire de l’île de la Réunion ! Héritière d’une grande propriété familiale, Marie-Anne Desbassayns se marie à l’âge de 15 ans à Paulin-Henri Panon (surnommé Desbassayns ). Le couple construit alors 3 propriétés, et se lancent dans la culture du coton avec plus de 400 esclaves.

Dans la famille Desbassayns, c’est Madame qui faisait tourner les affaires : Monsieur était bien souvent appelé en France métropolitaine pour des affaires familiales. Ainsi, Madame Desbassayns fit construire dans les hauteurs de St Paul, dans un endroit prénommé Glacière, un puit qui servait à conserver les blocs que ramenaient les esclaves à leur contremaitre. Ces derniers étaient ensuite chargés de briser la glace (sans vouloir faire de jeux de mots), et de la transporter chez le fils de Marie-Anne Desbassayns. Le trajet était si horrible, que certains esclaves se blessaient. D’autres mettaient tellement de temps, que la glace fondait. Alors, Madame Desbassayns les fouettait. Si un esclave avait le malheur de s’indigner, la contremaitre les enterrait vivants.

Une histoire qui fait froid dans le dos ? Attendez donc de lire la suite. Madame Desbassayns est morte en 1846, soit deux ans avant la fin de l’esclavage. L’histoire raconte qu’en 1910, une de ses maisons s’écroula. On retrouva des murs imbibés de sang, les murs ayant servi de liant pour le mortier. Pour toutes ses mauvaises actions, le diable aurait condamné l’âme de Madame Desbassayns à être fouettée indéfiniment dans le cratère du volcan.

“Chauffe Madame Desbassayns, chauffe…”

Sitarane

Source : mainstendues.com

Sitarane, Simicoudza Simicourba de son vrai nom, fait l’objet de nombreux cultes de magie noire à la Réunion. Né en Afrique, il arrive à l’âge de 20 ans à la Réunion afin de travailler comme cultivateur sur une propriété à Cambourg. Rapidement, Sitarane souhaite partir de la propriété, ne supportant plus la lourdeur de l’air et l’humidité. Le propriétaire refuse, obligeant l’homme à s’enfuir vers l’ouest 2 ans plus tard. C’est à Grand-bois qu’il va refaire sa vie.

Là bas, Sitarane trouve du travail et fait la rencontre de plusieurs personnes : Pierre Elie Calendrin, également appelé “Saint-Ange”, sa femme, plus âgée que lui et qui a une fille mariée à Emmanuel Fontaine, avec qui Sitarane va se lier d’amitiés. Et là, rien ne va plus : l’homme va, en plus d’essuyer les échecs au travail, changer de comportement. Violence, paresse… Tout cela va pousser Sitarane à voler, et à former un trio avec Saint-Ange et Emmanuel Fontaine.

Rapidement, en plus des vols, la bande va aussi commettre des meurtres. Saint-Ange devient le chef de file et est celui qui instaurera les rituels de magie noire dans leurs opérations. Les voleurs (et meurtriers) passent un pacte de sang : ce dernier consiste à avaler en 3 gorgées un sirop de cadavre. Il finira par le remplacer par du sang humain. Ensuite, la bande s’assit en cercle,  et brûle un morceau de camphre. Saint-Ange fait alors des passes au-dessus de la flamme que dégage le morceau de camphre avec un roi de pique. Puis, Saint-Ange interroge l’au-delà quant à la possible réalisation de ses méfaits, et finit le rituel en plantant 7 coups de couteau dans le camphre.

La légende raconte que, après cette étape du sang humain ajouté au rite, les trois hommes ont vu les visages des gens qu’ils ont tué au cours de vols : deux hommes et une femme enceinte. Ces mêmes silhouettes, qu’ils ont vu dans les flammes, les auraient alors empêché de réaliser leur avant-dernier casse chez Monsieur Celly, propriétaire d’une boutique à Saint-Louis.

25 jours plus tard, les trois hommes retantent un nouveau vol chez Charles Roussel au Tampon. Tentative infructueuse qui fut celle qui les condanna : en voulant s’enfuir des lieux, les individus laissèrent derrière eux divers objets qui ont permis aux policiers de les identifier. La bande fut arrêtée. Sitarane et Fontaine furent condamnés à mort, tandis que Saint-Ange fut condamné à l’exil.

Aujourd’hui, on ne retient que l’histoire de Sitarane qui n’était pourtant pas le chef de file. Certaines personnes se rendent sur sa tombe pour y effectuer des offrandes et des sacrifices. On lui prête des pouvoirs de sorcier. Gare à Sitarane !

Rendez-vous sur Hellocoton !