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Musique : le passé est toujours présent

 Polo Lacoste, air max, IAM en fond sonore, votre grand frère vous raconte sa jeunesse lors d’un week-end familial. Puis vous tournez la tête et voyez votre petit cousin né en 2000 habillé de la même manière et chanter par cœur les PAROLES d’une CHANSON sortie en 1997. Les yeux ébahis, vous vous demandez si vous n’êtes pas revenus 20 ans en arrière mais non ! Comme le dit  MAŸLIS MAGON DE LA VILLEHUCHET dans son article sur les années 2000 :  « la mode est un éternel recommencement ». On aime beaucoup faire du neuf avec du vieux, car au final, de nos jours nous n’inventons plus grand chose. La mode est de recycler les tendances d’autrefois en les remettant au goût du jour. Jacques Audiberti disait « le passé n’est jamais tout à fait passé ». Prenons cette phrase, appliquons lA à la musique, réflexion !

La musique, un art indémodable

Quand Tchaikovsky a composé Le Lac des Cygnes, pensait-il que, 100 plus tard, son chef d’œuvre serait toujours aussi apprécié et joué plusieurs fois par an dans chaque grande capitale du monde ? Beethoven, Miles Davis, Metallica, Notorious BIG, tous ces artistes sont indémodables au fil des années et leur musique marquera encore les générations futures. Le talent n’a pas d’âge et est reconnu des décennies après. C’est toujours agréable d’écouter un son « old school », de se remémorer la première écoute et d’entendre la personne avec qui vous êtes à ce moment-là dire « il était vraiment génial ce morceau, on ne retrouve plus cela aujourd’hui ». Sommes-nous des nostalgiques, bercés par des souvenirs ou le talent est-il de plus en plus rare ? Sommes-nous attachés aux premières musiques que nous avons découvert ou incapables d’évoluer avec notre temps ? Une chose est sûre, les groupes d’antan perdurent davantage que les groupes à la mode du moment. Rares aujourd’hui sont ceux étant capables de se vanter de la longévité de leur carrière. Même ceux ayant été au premier plan l’espace de quelques années.  Dans ces cas-là, différentes solutions s’offrent à ces gens, se renouveler complètement et suivre le mouvement ou au contraire revenir en arrière en reprenant un style autrefois populaire ou en reprenant carrément des tubes. Volonté de renouer avec la grande musique ou simple coup marketing ? Encore un débat qui divise !

Les reprises : un concept à la mode

Reprendre une musique n’est pas un concept récent, ce phénomène se pratique depuis des années. Cependant, c’est à présent une mode. Chacun veut se réapproprier un morceau, un artiste particulier ou celui qui ferait bien pour repartir en tournée ou revendre des disques. Pour cela on profite de l’anniversaire d’un album mythique, de la disparition d’une grande star, ou de tout événement pour revenir au-devant de la scène. Nous avons pu voir par exemple Matt Pokora reprendre les tubes de Claude François, Amaury Vassili reprendre ceux de Mike Brant et ces exemples ne sont que deux parmi tant d’autres. Nous respectons totalement ces artistes mais il est vrai qu’il était très étonnant de les voir reprendre ces deux chanteurs. Et nous pouvons comprendre les plus sceptiques qui n’y voient qu’une manière de relancer une carrière.

Quand Nirvana reprenait « The man who sold the world » de David Bowie, ou Israel Kamakawiwo’ole « Somewhere over the Rainbow » de Judy Garland, c’était magique. A tel point que  seuls les plus connaisseurs savent que ce sont à l’origine des reprises. Ils ont su magnifier ces titres et en dégager une énergie, dans leur propre style. Voilà la recette d’une reprise qui fonctionne et qui vaut la peine !

Plus récemment, Rihanna, Dj Khaled et Bryson Tiller ont sorti « Wild Thoughts » en reprenant  en semple le fameux « Maria Maria » de Santana. Dj Khaled qui n’a plus grand-chose à prouver, a su rafraîchir ce classique des années 90 et le mettre à la mode d’aujourd’hui pour un résultat plutôt satisfaisant pour les fans.

Un retour aux sources perpétuel ?

Comme évoqué dans l’article « NTM – IAM : ils sont encore là » , on constate un retour au premier plan des groupes qui ont marqué leur mouvement, créant à chaque fois un élan de folie, de joie. Pour les plus anciens, il s’agit de renouer avec son passé, pour les plus jeunes, d’enfin découvrir ces anciennes stars sur scène. Mais ces retours ne sont qu’éphémère car on ne peut vivre dans le passé constamment et écouter les mêmes musiques au quotidien. Plus loin que l’aspect musical, c’est toute la société qui a du mal à avancer dans un monde où l’on prône dorénavant la quantité à la qualité. En un seul album, « Ready to die », Notorious BIG a marqué les générations quand d’autres artistes n’en auront marqué aucune avec plusieurs. On veut toujours faire plus et plus vite pour rester à la mode et surfer sur le buzz. Mais le talent ne se mesure pas. Il faut parfois des années pour faire une belle toile, un grand roman, une belle histoire d’amour. Alors oui il est très difficile de nos jours de se faire une place, mais n’oubliez pas que le travail paie et que la différence sera toujours récompensée et appréciée. Ne devenons pas des clones et des machines à produire car comme le disait William James « il y a peu de différence entre un homme et un autre, mais c’est cette différence qui est tout »