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Critique séries : Mindhunter, dans la tête des criminels

Série incontournable de cet automne, Mindhunter a débarqué il y a un mois sur les écrans Netflix. Face à son trailer, les attentes concernant ses 10 épisodes étaient nombreuses. Pari réussi ?

 

Sortie le 13 octobre, la nouvelle série Netflix explore les débuts du profilage dans l’Amérique de la fin des années 70 à travers les travaux de deux agents du FBI. Une première saison de 10 épisodes qui a su donner l’eau à la bouche des serial-watchers, grâce à une communication bien ficelée.

Le speech :

A la fin des années 1970, l’expression “serial killer” n’existe pas encore. Pour la société, les personnes naissent mauvaises ou bonnes, rien de plus compliqué. La procédure classique est alors de s’appuyer sur des faits matériels pour tenter d’expliquer les motivations possibles de l’assassin. L’Académie du FBI, à Quantico (Virginie), où les agents spéciaux sont formés, a pourtant décidé de créer une unité de sciences du comportement, afin d’analyser les profils de meurtriers multirécidivistes. Ces derniers semblent impossibles à comprendre à l’aide des clés actuelles. Deux scientifiques de la criminologie, l’agent Holden Ford (Jonathan Groff) et Bill Tench (Holt McCallany) décident alors de parcourir le pays afin d’interviewer les grands tueurs et enregistrer leurs confidences sur cassettes. Entrer dans leur tête, cerner leur personnalité et comprendre leur raisonnement, tel est leur but. Naît-on criminel ou le devient-on ?

©NETFLIX

Résultat ?

Créée par Joe Penhall, auteur de théâtre et scénariste pour le cinéma et la télévision, et avec quatre épisodes réalisés par David Fincher, Mindhunter est une de ces séries qui fait rentrer dans l’action en un claquement de doigts et dont les épisodes s’enchaînent sans aucun problème. Bien écrite et rythmée, les longueurs sont absentes et la qualité des images, des acteurs et des sons est indéniable. Grâce à un humour sous-jacent et à des interrogations propres à l’époque post-guerre du Vietnam et Watergate, le spectateur se plonge facilement dans l’état d’esprit des protagonistes.

©thisisinsider.com

La psychologie des personnages est dévoilée tout au long des épisodes, intégrant la découverte de cette dernière à celle des criminels interrogés. Peu à peu, le spectateur entre dans le jeu du duo d’agents, et se prend à essayer d’analyser le mode de fonctionnement des tueurs en série. Une véritable immersion dans ce travail titanesque basé sur la volonté d’effacer une interrogation iconoclaste du début des années 70, où les criminels n’étaient que des “mauvaises graines” dans la société. « Mais comment arrêter des meurtriers fous si on ne sait pas comment ils pensent ? », un argument des deux partenaires du FBI à leur hiérarchie qui résume parfaitement leur direction. Position qu’ils devront également défendre face à leur second, Wendy Carr (Anna Torv), une universitaire pour laquelle il faut établir une “norme” de la criminalité et analyser les tueurs à l’aide d’outils standardisés.

©NETFLIX

Attention :

Mindhunter est une série psychologique et non gore. Dans ces épisodes, les crimes ont déjà eu lieu, les criminels sont emprisonnés et aucun changement de jugement n’est envisagé. Inutile d’attendre des effusions de sang, des retournements de situation au tribunal ou une traque de la police au milieu des rues. Le but est de parler avec les tueurs en série et d’en cerner le fonctionnement de l’esprit. Il est nécessaire de bien comprendre cela pour apprécier Mindhunter à sa juste valeur.

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La petite info :

La série s’inspire du livre publié en 1995, ­Mindhunter, Inside the FBI’s Elite Serial Crime Unit, dans lequel ­l’ancien agent spécial John E. Douglas raconte son travail au sein de l’unité de sciences du comportement du FBI, avec l’aide de Mark Olshaker, auteur de films et de livres. Récemment réédité en France sous le titre Mindhunter, dans la tête d’un profileur (Michel Lafon), il a inspiré Jack Crawford dans de nombreux films et séries, du ­Silence des agneaux à Hannibal.

 

©AMAZON

Pari réussi pour la nouvelle série Netflix, dévorée en quelques jours sans ennui. Une psychologie précise mais à la portée de tous, un générique prenant et quelques minutes de début intrigantes, vivement la saison 2 !

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