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Un bout d’histoire de vie : Mémoires d’enfant – Épisode 5

Le Ticket Mode continue la série de ses coups de cœurs. place a une autre portrait. Nous retrouvons le dernier épisode de l’histoire de ce jeune adolescent qui vit la réalité d’une guerre civile dans son pays. Dans l’épisode 4, une lueur d’espoir apparaît avec une opportunité de quitter le théâtre des affrontements. L’occasion pour eux de trouver un nouveau refuge…!

 

L’arrivée dans ce petit village côtier était vécue comme un soulagement par le groupe de réfugiés que nous étions. Les visages avaient un air moins grave et des fous rires s’entendaient par-ci et par-là. Une fête va être célébrée en l’honneur de notre “sauvetage”. C’est ainsi que tous les parents cotisent pour acheter un énorme cochon. Il sera cuit à la broche par les autochtones.

Nous formons des groupes non mixtes afin d’aller nous baigner. L’eau de la rivière est tellement limpide et fraîche. Cela fait des jours que nous ne nous sommes pas baignés. Quel plaisir de pouvoir enlever toute la crasse accumulée. Nous passons sans nous en rendre compte quasiment 3 heures dans l’eau.

L’heure est à la préparation et à l’organisation de notre lieu de vie. Le temps est clément et nous pouvons dormir à la belle étoile. C’est pourquoi nous allons, une nouvelle fois, à la chasse aux feuilles de bananiers avec Papa. Ces dernières permettent de compenser la dureté et les bosses du sol sur lequel nous allons dormir.

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Mais pour l’instant, place à la fête. Nous mangeons et buvons en écoutant la musique traditionnelle du village qui nous accueille. Un merveilleux moment !

 

Deux jours ont passé, durant lesquels les responsables du groupe attendent une réponse de la part de l’organisation qui emploie maman. En effet, nous avons obtenu l’autorisation de traverser la frontière uniquement. Il nous faut maintenant obtenir le statut de réfugiés avant de pouvoir nous déplacer dans le pays.

Réfugies déclarés, une toute nouvelle aventure…

Le fameux sésame finit par arriver par un coup de fil. Nous pouvons donc nous rendre dans la capitale où nous serons pris en charge. En conséquence, nous avons été récupérés par un camion du Haut Commissariat aux réfugiés qui nous a déposé dans un couvent. Les règles du couvent obligeaient une séparation entre les hommes et les femmes. Ce fut difficile d’accepter d’être séparés après tout ce que nous avions vécu.

Ma première nuit dans le couvent a été reposante. En dépit du fait que nous avons dormi à même le sol, le froid de ce dernier ne nous a en aucun cas dérangé. Une forme de sérénité était probablement apparue du fait de se sentir sauf. Nous pouvions enfin nous relaxer et profiter du fait d’être en vie.

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Après une journée dans ce couvent, nous avons été récupérés par des autocars qui nous ont acheminés vers la capitale du pays. Quel plaisir de savourer le confort des sièges du car et de ne plus avoir à marcher la peur au ventre.

Nous arrivons dans la capitale. Les bureaux de l’organisation où travaille maman ont été fermés aux salariés afin de pouvoir nous accueillir. Il nous est fourni des denrées alimentaires ainsi que des produits de première nécessité comme des brosses à dents, du linge de toilette, etc.

Toute cette aventure est arrivée l’année où je préparais mon brevet. Papa ne veut pas que je perde une année d’études. Nous rentrons donc dans notre pays en passant par la zone sans combat avant de rejoindre la deuxième plus grande ville. Papa utilise tous ses contacts et notre trajet se déroule en une journée.

La vie reprend son cours normal. Une nouvelle histoire de vie nous attend…!

FIN

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