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LVMH et Kering s’engagent dans la protection des mannequins

L’ère des mannequins squelettiques semblent être révolu : les deux poids lourds du monde du luxe s’allient pour lutter contre les mannequins trop maigres et trop jeunes. Un engagement qui veut s’inscrire durablement sur les podiums.

Non aux tailles 32, non aux filles de moins de 16 ans

Alors que la Fashion Week de New York éteint les projecteurs des podiums des grandes maisons de couture, le combat des deux grands groupes de luxe, LVMH et Kering, résonne encore dans une lutte acharnée et durable contre la maigreur et l’âge trop jeune des mannequins défilant sur les podiums des grandes marques.

“Nous voulions aller vite et frapper fort, pour que les choses bougent vraiment, et essayer d’inciter au maximum les autres acteurs de la profession à nous suivre”

François-Henri Pinault, PDG de Kering

Une charte commune pour le bien-être des mannequins

La charte mise en application lors de la Fashion Week de New York pour les marques appartenant aux deux protagonistes, à savoir Gucci, Balenciaga, Dior et Louis Vuitton, marque un tournant significatif pour des standards de beauté très fortement ancrées en mode.

Interdire de faire défiler des mannequins de taille inférieure à 34 pour les femmes et 44 pour les hommes,  et/ou âgés de moins de 16 ans pour des vêtements adultes semble être une révolution profonde pour le monde de la mode, c’est pourtant une évidence et du bon sens. Ces engagements pris par LVMH et Kering s’appliquent pour l’ensemble des entités des groupes :  Gucci, Bottega Veneta, Saint Laurent, Balenciaga, Alexander McQueen, Christopher Kane, Stella McCartney chez Kering, et Dior, Louis Vuitton, Givenchy, Céline, Kenzo, Fendi, Loewe, Berluti, Pucci, Marc Jacobs et Loro Piana pour ne citer que celles du groupe LVMH.

D’autres mesures concernent l’encadrement des mannequins âgés entre 16 et 18 ans : pas d’activité professionnelle entre 22h et 6h du matin, la présence obligatoire d’un accompagnateur désigné par agence et le respect de leurs obligations scolaires.

Pour ce qui concerne le sujet sensible de la nudité, là aussi la charte prévoit un encadrement particulier : les modèles de moins de 18 ans devront donner un accord explicite en complément de celui de son représentant légal. Dans le cas contraire, le mannequin ne sera pas autorisé à poser. Pour les mannequins de plus de 18 ans, les marques devront explicitement prévenir du degré de nudité (totale ou partielle) afin que les modèles puissent donner leur accord pour un défilé ou une séance photo.

Une action durable et mondiale

Ces engagements pris par LVMH et Kering sont valables dans le monde entier, aucun pays n’est épargné par cette charte. Mais ils ne concernent pas seulement les défilés de mode et s’appliquent également aux séances photos de campagnes publicitaires des marques des deux géants français.

Cette charte s’inscrit dans une continuité plus engagée de la loi sur l’emploi des mannequins instaurée par l’ancienne ministre de la santé, Marisol Touraine, en mai dernier.

Retour sur Les mesures inscrites dans cette loi :

– visite médicale pour obtenir un certificat d’aptitude physique et mental valable deux ans,

– leur indice de masse (IMC) corporel doit être supérieur à 18,5

– les photographies retouchées doivent (à partir d’octobre) être accompagnées d’une mention qui indique cette intervention

La charte LVMH et Kering va plus loin dans la démarche de protection du bien-être des modèles. En effet, elle prévoit un certificat médical datant de moins de six mois attestant de la bonne santé des mannequins, mais elle bannit aussi toute taille inférieure au 34 pour les femmes et au 44 pour les hommes (taille française).

L’ensemble de ces mesures se verront supervisées par un comité de suivi instauré par LVMH et Kering.

“Les PDG des marques de mon groupe vont veiller à ce que les mesures soient appliquées partout. Une marque qui ne se conformerait pas à la charte devrait me rendre des comptes”

François-Henri Pinault, PDG de Kering

Le prochain combat qu’envisage les deux PDG français est d’instaurer la notion de diversité dans le monde du mannequinat. Un chantier qui progresse lentement dans l’univers de la mode mais qui fait ses armes auprès des grandes marques.

Une prise de position forte de la part du groupe LVMH et Kering dans un monde où l’image et le culte du corps prévaut sur le reste. Cependant, cet engagement féroce n’en est qu’à son commencement car les mentalités du milieu de la mode n’évoluent que très lentement et doit faire face à des luttes internes fortes.

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