Like

Loi mannequins et maillot de bain, les normes évoluent

En 2017, la maigreur semble palote face aux nouvelles normes destinées aux mannequins. Photoshop semble destiné à retrouver les oubliettes et laisse place À des modeuses à l’aise dans leurs baskets. Décryptage.

 

La “loi mannequins ” en application depuis début mai

Le printemps 2017 a été marqué par une grande avancée dans la lutte contre l’anorexie et la maigreur sur les podiums. En effet, dans un communiqué du ministère de la Santé en date du 5 mai, ce dernier déclare qu’ “il sera obligatoire d’accompagner les photographies à usage commercial de la mention photographie retouchée lorsque l’apparence corporelle des mannequins a été modifiée par un logiciel de traitement d’images, pour affiner ou épaissir leur silhouette”.

Ces décrets concernent les articles 19 et 20 de la Loi dite Marisol Touraine sur la Santé. Ils concernent les photographies «insérées dans des messages publicitaires» dans la presse, les affiches, internet, les catalogues ou les prospectus. Pour autant cet aspect de la loi ne sera applicable qu’au 1er octobre.

Le point de la loi le plus impactant pour le grand public s’incarne dans le certificat médical obligatoire pour les mannequins afin de défiler. Délivré par la médecine du travail et valable deux ans, il attestera «que l’état de santé global de la personne (…), évalué notamment au regard de son indice de masse corporelle, lui permet l’exercice de l’activité de mannequin». Ainsi, l’IMC minimum, établit par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), est de 18.5. S’il est inférieur, la personne est considérée comme maigre.

Si selon le ministère « la profession a été associée à la rédaction de ces textes et donc informée en amont», les agences de mannequins ne souhaitent communiquer sur les changements à venir. Ces derniers pourront, si les décrets sont appliqués, être constatés durant la Fashion Week parisienne de juillet. Sans oublier que cette mesure s’applique aussi bien aux mannequins français, qu’aux étrangers d’un autre pays de l’Espace économique européen lorsqu’ils exercent en France.

©Initialscb.fr

Par ces dispositions, le ministère de la santé espère  agir sur l’image du corps dans la société, afin de voir évoluer les mentalités, protéger la santé des mannequins et surtout, prévenir les troubles alimentaires chez les jeunes. En effet, ces derniers touchent environ 600 000 jeunes en France (dont 40 000 anorexiques), les plaçant en seconde cause de mortalité chez les 15-24 ans après les accidents de la route.

Billet de retard pour la France

Pour autant, notre pays n’est pas le premier à agir sur ce fléau. En septembre 2006, Madrid a été la première capitale européenne à prendre des mesures en interdisant le défilé des mannequins à l’IMC inférieur à 18 au Pasarela Cibeles, important rendez-vous de la mode madrilène. De plus, en Israël, la loi “Photoshop” votée en 2012, interdit de présenter une publicité avec un mannequin qui a l’air d’être trop maigre, d’engager comme mannequin une personne avec un IMC inférieur à 18,5 et d’utiliser un logiciel de retouche pour amincir un mannequin sans le préciser. Sans oublier, que l’Italie, le Chili et la Belgique ont également pris des dispositions législatives ou réglementaires similaires, faisant de la France, la petite retardataire.

 

Desigual réchauffe les corps avec une campagne maillot sans retouche

Pour sa campagne beachwear printemps-été 2017, la marque ibérique a décider de révolutionner le monde des maillots de bain. Desigual a ainsi fait appel à Charli Howard, une mannequin activiste célèbre pour avoir quitté son agence qui l’avait “sommée” de maigrir. “Un été sans complexe”, une campagne 100% naturelle pour dire au revoir au diktat de la maigreur imposé aux mannequins et aux femmes. Ici, pas de photos retouchées, ni de corps à l’IMC faible, mais une femme bien dans sa peau, qui assume ses courbes et profite de son été.

©Desigual

©Desigual

Une nécessité face aux tendances des RS

Ces changements interviennent dans un contexte toujours plus oppressant pour la gente féminine. Si chaque été les magazines titrent “opération bikini” ou traitent du dernier régime à la mode, les réseaux sociaux enfoncent le clou. Après la mode de l’écart entre les cuisses marqué, le thigh gap, c’est au tour du Ribcage Bragging de faire son apparition. Le concept ? Poster des photos de soi avec les côtes les plus apparentes possibles. Si cela peut-être naturelle chez certaines, pour d’autres, le sacrifice alimentaire est souvent la clé.

Ces mesures ont ainsi pour but de contrer les dérives possibles et de remettre les formes naturelles de chaque femme à l’honneur. Mince, ronde, petite ou grosse poitrine, grande ou petite, elles sont toutes belles et méritent ainsi de se sentir bien et entendue. La guerre pour le six packs est terminé, nous vous l’expliquons ici.

Alors, armez vous de votre maillot et de votre sourire. Vous êtes belles comme vous êtes !

Rendez-vous sur Hellocoton !