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L’interview musique #3 : Chine Laroche

Auteure, compositrice et interprète, Chine Laroche est de retour avec un nouvel EP intitulé « Outsider ». La jeune parisienne, âgée de 23 ans, a su créer son propre style et nous emmène dans un monde singulier, basé sur l’électro. Un univers que l’on retrouve dans ses cinq nouveaux titres, à découvrir sans plus tarder.

  • Vous jouez du piano, de la guitare et de la batterie. Pourquoi avoir décidé d’ajouter une voix ?

Ça s’est passé naturellement. Comme je faisais mes prods sur Logic Pro, que je pouvais enregistrer mes sons librement, et que j’avais des choses à raconter, je me suis dit : « Au lieu d’aller chercher une chanteuse, fais-le ». Et même si je ne chantais pas de base, ça s’est plutôt imposé à moi. J’ai essayé, ça m’a plu et j’ai décidé de continuer dans cette voie.

  • Vous avez lancé votre propre style, avec des influences diverses. Quelles sont-elles ?

Je suis aussi fan de The Internet, des Pink Floyd, que de jazz. Franchement mes influences, elles sont vraiment très vastes. Sur scène, on va pouvoir faire de l’électro rock puis d’autres morceaux électroniques, mais qui pencheront plus vers le jazz. En fait, c’est vraiment un gros mélange, on peut y retrouver plein de styles : rock, jazz, électro, hip-hop… Je pense que je n’arriverai jamais à faire un choix dans ma vie. C’est un peu comme un métissage de cultures, j’appelle ça du hip-pop *rire* !

  • A la suite de votre 1er EP, vous avez dit vouloir aller vers d’autres rivages musicaux. Qu’entendez-vous par là ?

Ça signifie de se laisser les portes ouvertes. J’ai mon son, toujours une même vibe, mais je n’ai pas envie de m’enfermer là-dedans. Le but c’est de ne pas se fermer de porte, d’être toujours libre et ouvert d’esprit. Le tout, en gardant sa même touch, son même mood de base, pour se faire reconnaître.

  • Dans vos chansons il y a des rythmes plus ou moins rapides, des propos profonds sur le monde, son flou, le système… mais toujours avec une certaine sensualité dans la voix. Pourquoi un tel choix ?

J’aime bien le contraste de dire des choses plus lourdes de sens, mais avec une voix, pas nonchalante, mais plus posée. Une voix qui dit des choses avec impact, mais sans crier. Je trouve ça intéressant de livrer un message profond sans forcément être dans le « too much » de la voix et sans être dans la surenchère au niveau du timbre.

  • Outsider signifie “en dehors” ou encore “étranger”. On retrouve cette thématique dans toutes vos paroles. Vous inspirez-vous de votre propre vie ou est-ce un constat ?

Honnêtement, les deux… Dans Outsider ou Ephémère, par exemple, je parle plus de ma vie privée. Mais, quand on écoute Au-delà du réel, là, j’ai plus un regard omniscient sur ce que je raconte. Je me mets de loin, je me mets en tant qu’humain, que mortel, qui voit un peu le monde partir en vrille. De loin, mais tout ça dans une espèce de grand calme assez mystique. De toute manière, je ne m’inspire que de faits personnels et réels, tout en me positionnant par rapport à ce que le monde véhicule. Donc c’est à la fois personnel et le reflet d’un constat.

  • Il parait que l’expression “musique féminine” vous énerve ?

Oui ! Parce que lorsqu’un mec fait de la musique, on ne dit pas que c’est de la musique masculine. C’est de la musique tout simplement ! Alors quand une nana fait de la musique, je ne vois pas pourquoi elle devrait être féminine. Je me sens autant femme que masculine sur certains points, donc cette expression ne veut absolument rien dire. Moi, je fais de la musique en tant qu’être humain. Une musique qui me ressemble, qui sort de moi, peu importe fille ou garçon.

  • Pourquoi avoir attendu ce 3ème EP pour enfin chanter en français ?

Je pense que les choses viennent au bon moment, et un peu comme le chant, c’est venu à moi assez naturellement. D’autant que j’avais déjà cette envie de rendre honneur à la langue française. En plus, ça m’importait d’être comprise de « mes semblables » si je puis dire. Comme je suis française, c’est important pour moi d’être comprise en direct live parce que lorsqu’on fait des concerts et qu’on chante en anglais, les gens ne comprennent pas forcément ce que dit le texte, et pour moi, c’était vraiment une grosse frustration. Percuter directement les gens avec le propos, c’est quelque chose qui me tenait vraiment à cœur. D’où ce choix de passer au français, pour créer une connexion directe les gens.

  • Pouvez-vous résumer ce dernier EP ?

De la musique pour les nuages *rire*. En fait, c’est un peu une main de fer dans un gant de velours. Il est à la fois un peu deep, un peu dark, mais en même temps, il y a des influences un peu soul, hip-hop… Le tout avec une voix très calme. Pour moi, c’est vraiment un contraste. En fait je dirais trois choses sur ces musiques : rétrofuturistes, nuages et main de fer dans un gant de velours.

  • Un jour, vous avez dit : “Il ne s’agit que du début”. Comment vous la voyez cette suite ?

L’avenir, il s’envisage avec un album à la rentrée et puis des concerts, des rencontres, des featuring, des collaborations… Tout ce qu’il y a de sympathique à prendre avec les gens en fait !

Pour en découvrir plus sur leur univers, rendez-vous ci-dessous :

  

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