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L’esthétique camp par Gucci, les années Palace de retour ?

Chez les adeptes de l’esthétique camp, les plis volumineux se transforment et s’amplifient, en se parant de plumes, paillettes et de références à la pop culture. Avec Gucci en leader d’opinion, ils frôlent le clownesque et l’abrutissement des couleurs en insufflant un air chargé d’excès et de fête dans le quotidien de la rue.

Décryptage.

 

Ce qui se trame dans la tête d’Alessandro Michele, nul ne le sait, mais ce qui est sûr, c’est qu’il disrupte la rue. Il s’en fiche de la fermeture de visage qu’il faut arborer dans la mode, du combo noir-blanc-gris qu’on appelle élégance et du concept d’association des couleurs. L’univers que propose Gucci dans ses récents défilés est une bande dessinée exacerbée où l’exagération est portée à chaque détail. Ici, l’androgynie est célébrée non pas dans sa neutralité et dans une certaine idée de l’épure, mais bien dans une extravagance où les sexes se confondent en explosant de vitalité. Entendons-nous bien, le représentant de l’esthétique camp n’a rien de la drag queen, mais se rapproche plutôt d’une version pop et pointue d’un super-héros ostentatoire.

Le concept d’”esthétique camp” vient du verbe “se camper”, c’est à dire s’affirmer, limite prendre la pose, jambes écartées et hanche bien calée. Dans l’idée, il s’agit d’exploiter au maximum ce culte de l’apparence et incarner une époque où l’image fait loi. Concrètement, ça donne quoi ? Il faut déjà se mettre dans la tête que les limites de genre n’existent plus, ici tout le monde est funambule et joue à cloche-pied sur le fil de l’acceptable et du correct. Du coup, on a des robes cœurs, de larges pantalons pailletés, des couleurs glacières ou brûlantes, des matières voyantes et bruissantes, des froufrous au bas des jupes et de l’outrance pour le maquillage et la coiffure.

L’esthétique camp rompt avec des années dominées par le minimalisme et la sobriété. Elle nous rappelle l’époque vamp du Palace, qui mêlait à la fois une atmosphère de cirque et un relent de cour royale pervertie. Mais ici, on l’aime pour son élan positif, celui d’une franche liberté.

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