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Le Ticket Mode se livre #5

De nos jours rares sont ceux qui écrivent encore des lettres. Les textos, les photos, les réseaux ont remplacé la plume manuscrite. Loin de là l’époque où l’on choisissait la plus belle carte pour envoyer des nouvelles à sa famille qui arrivait après votre retour. Mais c’est toujours agréable de recevoir une carte du bout du monde. Même avec quelques mots…

Le choix de Jess

Et le premier livre présenté n’est composé que de lettres, un peu moins d’une vingtaine pour un grand chef d’œuvre.

Inconnu à cette adresse

Un livre qui se lit d’une traite et très rapidement. Une nouvelle épistolaire qui vous bouleversera. Nous devons cette œuvre à Kressmann Taylor, écrivaine américaine d’origine allemande. Connue principalement pour ce livre, elle est aussi l’auteure de “Jour sans retour” ou “Jours d’orage“.

L’œuvre tourne donc autour d’un échange de lettres entre Max Eisenstein et Martin Schulse, deux amis propriétaires d’une galerie d’art à San Francisco. L’un est d’origine juive, le second allemand. Pourtant très grands amis, Martin décide de rentrer en Allemagne avec sa famille. Et dès l’arrivée d’Hitler, son comportement change et il avoue adhérer à l’idéologie nazie. Par conséquent, il demande à Max de ne plus lui écrire, suite aux contrôles fréquents. Max lui demande une seule faveur “prendre soin de sa sœur”. Mais Martin a choisi la politique à son ami et celui-ci ne peux le digérer. Débute alors une vengeance jusqu’à ce fameux “inconnu à cette adresse”. On dit d’elle que c’est la nouvelle parfaite et nous faisons partis de ce « on ».

L’orangeraie

Nous avons déjà écrit sur l’Iran et les conflits du Moyen-Orient. Mais aussi sur sa beauté grâce à notre voyage en Jordanie. Une région si belle avec une grande Histoire, mais qui est malheureusement marquée par de terribles conflits. C’est dans ce contexte et par la beauté de sa plume quasiment poétique que Larry Tremblay nous frappe de plein fouet. Deux frères jumeaux vivant au Moyen-Orient, souriant et pleurant ensemble. Ils sont inséparables dans l’orangerie dont s’occupe leur père. Leur vie est “simple” et ils se contentent de peu pour être heureux. Mais voilà que leurs grands-parents sont terrassés par un obus lancé par les militaires. Les ennemis doivent payer de leur sang. Mais qui ira se faire sauter pour se venger ? Aziz ou Ahmed ? Ahmed ou Aziz ? Venez découvrir ce roman magnifique, ineffaçable qui donne une leçon de courage, de fraternité mais aussi d’horreur et de violence.

 Graziella vous conseille

Le Sabot de Sleipnir de Pierre Efratas : une lecture dépaysante

Un roman assez court, qui narre des légendes et coutumes nordiques bien méconnues. On y fait la connaissance d’Ingvar le Réprouvé, seigneur de son village, à la poursuite d’un trésor caché et d’une vengeance dans des contrées hostiles. Mais les dieux vont s’en mêler ! Attention à l’humour viking, vous pourriez bien y prendre goût !

Femmes et hommes libres, nobles jarls, bienvenue dans ma grand-salle, prenez vos aises ! Sur les flots dorés de l’amitié, par l’écume des mers grises, je vous ferai partager le destin aventureux d’un jeune Viking que tout destinait à la réussite et qui fut le jouet des Nornes, des dieux, des déesses et d’étranges créatures. Écoutez la saga d’Ingvarr le Réprouvé… »

Un excellent moyen de découvrir la toute jeune maison d’édition Noir d’Absinthe, qui propose déjà un catalogue aux genres diversifiés.

Le trésor de l’île sans nom de Gilles Abier : lecture jeunesse aux belles valeurs

Une belle ode à l’amitié et au courage, avec une histoire prenante jusqu’à la fin. Les illustrations rajoutent un véritable plus, et nous permettent d’identifier les personnages rapidement. Les dessins sont particulièrement beaux et expressifs !

Il existe une île sans nom, qui n’est répertoriée sur aucune carte et qui cache au fond de son volcan éteint le trésor d’une bande de pirates. Nul ne sait donc qu’elle abrite aussi les « coquins » : Morbleue, Flibuste, Gargousse, Babord, Tribord, Cayenne et Fantine sont tous enfants de pirates. Ils reçoivent sur l’île une éducation de qualité. Pas question qu’ils ne parcourent les mers, comme leurs parents. Mais le jour où, ceux-ci partis, une caravelle espagnole file droit sur l’île, sans dévier sa course, les coquins n’ont pas d’autres choix que de se dévoiler et protéger leur secret.

Poulpe Fictions, maison d’édition spécialisée dans la jeunesse, n’hésite pas à offrir à ses lecteurs des romans à plusieurs niveaux de lecture.

La sélection de Fanny

L’Enfant de Schindler – Leon Leyson

Sortez les mouchoirs, ce livre est tout simplement bouleversant ! C’est une histoire poignante, qui ne cesse d’éveiller notre intérêt au fil des pages. Pour ma part, je connaissais l’existence de la “Liste” durant la Shoah et savait qu’elle avait permis de sauver de nombreuses vies, mais ce n’est qu’à travers ce livre que j’ai découvert l’acte véritable d’Oskar Schindler.

Cette autobiographie est marquante par son intensité. Leon Leyson est l’incarnation même de la force et du courage. Son jeune âge a fait de lui, le plus jeune enfant juif sauvé lors de la période nazie. Il a vécu l’enfer et nous dresse tout son parcours, soulignant l’héroïsme dont a fait preuve Oskar Schinder. Membre du parti nazi, il a su prendre des risques et mettre sa vie en danger pour sauver celle de ces juifs sans défense. Au milieu de ces abominations, il a gardé son humanité. Il a réussi l’impossible. Un livre fort en émotion, que je conseille à tous.  A travers cet écrit, Leon Leyson rend hommage à sa famille, ses proches qui n’ont pas eu la même chance que lui, ainsi qu’à toutes les victimes de cette barbarie. Je le remercie de s’être livré sur cette période sombre.  Une leçon de vie et un témoignage inestimable.

Résumé :

Alors que tout semble perdu pour Leon Leyson, déporté à l’âge de douze ans dans un camp de concentration, un homme – un nazi – lui redonne espoir. En l’employant comme ouvrier dans son usine, Oskar Schindler fait du petit Leon le plus jeune inscrit sur sa liste. Une liste qui sera synonyme de vie pour lui mais aussi pour des centaines d’autres juifs pris dans les filets nazis.

Austerlitz 10.5 – François-Xavier Dillard

C’est avec une certaine ironie que l’on remarque le réalisme de ce livre qui colle avec de « récents » épisodes pluvieux en région parisienne : inondations, fermeture de certains métros, et même momentanément du Louvre pour question de sécurité. Un réalisme qui m’a d’autant plus plongé dans l’atmosphère de l’histoire. Le roman traite d’une enquête policière et aborde également le thème de l’art et de la politique. Un mélange parfaitement dosé, qui fonctionne et donne du rythme à l’histoire. Ici, on retrouve le personnage de Mallarmé, policier au caractère bien trempé et Chloé, une journaliste déterminée, prête à tout pour obtenir les informations qu’il lui faut. Forcés de collaborer, ils vont évoluer dans un monde en perdition où les ravages de la crue a dévoilé les visages les plus sombres. Un roman cheminant entre enquête policière et “guerre” politique, d’une manière très intéressante ! Il met également en avant la capacité de l’homme à basculer rapidement du mauvais côté lorsque son environnement est propice aux pires déviances. Un livre à quatre mains à lire en temps de pluie…

Résumé :

En 1910 la Seine avait atteint lors de la grande crue de Paris son niveau maximal : 8.62 mètres sur l’échelle hydrométrique du pont d’Austerlitz. Aujourd’hui, la pluie tombe depuis trois jours dans la capitale. Les trois premiers jours les habitants de la grande ville ont râlé. Et puis, le soir du quatrième jour, l’alimentation électrique a été coupée. La plupart des arrondissements ont alors connu un black-out total faisant souffler un vent de panique sans précédent dans la population. Le métro a été fermé. L’ensemble du vaste réseau sous-terrain des transports publics s’étant retrouvé noyé par des hectolitres d’eau sombre et glacée. Lorsque les premiers immeubles se sont effondrés et que la grande vague de boue a déferlé sur la ville, une véritable hystérie collective s’est emparée des parisiens et les pires exactions ont été commises. Au nom de la survie… La peur, puis la violence ont déferlé sur la ville.
Paris est dévastée et la plupart des habitants, du moins ceux qui ont la chance d’avoir encore un toit, se terrent chez eux en attendant que cette pluie démentielle cesse enfin… Sous le pont d’Austerlitz l’eau a atteint son record : 10.5.  Un an plus tard, on sait que Paris ne sera plus jamais la même. Pour François Mallarmé qui a tout perdu dans cette catastrophe, sa femme et son enfant, la vie n’est qu’un long cauchemar. Il continue tant bien que mal à faire son boulot de flic dans une ville où plus rien n’a de sens. Jusqu’au jour où une affaire de meurtres sordides le ramène à son cauchemar, au cœur même du Louvre, dans ce musée qui pour le monde entier était le symbole de ce qui fut la plus belle ville du monde, et où même la Joconde a disparu….

Article co-écrit par : 

Jess : http://www.leticketmode.xyz/author/jess/

Graziella : http://www.leticketmode.xyz/author/graziella/

Fanny : http://www.leticketmode.xyz/author/fanny/

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