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Le sport sur ordonnance, mode d’emploi

Dans le cadre de la modernisation de notre système de santé, les députés ont définitivement adoptés le 27 Novembre dernier un amendement visant la prescription médicale du sport. Entré en vigueur depuis le 1er Mars 2017, nous vous proposons un petit état des lieux histoire d’y voir plus clair.

Pour qui?

Et bien non, tout le monde n’est pas concerné par cette mesure. Seules les personnes souffrantes d’une Affection de Longue Durée (ALD) pourront se voir prescrire du sport par leur médecin traitant. Ces ALD sont au nombre de 30, elles mêmes reconnues et définies par une liste officielle : ALD30. Alors si vous ne souffrez d’aucun de ces troubles ou maladies il est inutile de demander à votre médecin de vous prescrire des cours de Pôle Dance ou d’envoyer votre licence de bière pong à la sécurité sociale, vous n’obtiendrez que des retours négatifs.
Néanmoins, ce sont presque 10 millions de personnes qui sont concernées et qui peuvent donc se voir prescrire une activité physique adaptée.

Comment ?

Vous faîtes partie de ces 10 millions de concernés ? La première étape est de prendre rendez vous chez votre médecin traitant, oui traitant, j’insiste. Il fera un état des lieux de votre état de santé afin de vous prescrire une activité physique adaptée à votre pathologie mais qui prendra également en compte vos capacités physiques et les risques médicaux.
Les médecins auront également à disposition des listes qui recensent les éducateurs et formateurs habilités à dispenser des activités physiques et sportives. Effectivement, il ne s’agit pas d’envoyer le patient dans un club de sport et de lui proposer une préparation physique digne d’un athlète olympique mais bel et bien de l’accompagner dans son processus de guérison. Au delà des éducateurs spécialisés du sport et de la santé, les kinésithérapeutes, les ergothérapeutes et les psychomotriciens feront partie intégrante du système.

La question du remboursement

Et oui! Vous le savez aussi bien que moi, ce n’est pas parce que c’est prescrit par le médecin que c’est remboursé par la sécurité sociale. Pour le moment, aucun remboursement n’est prévu, et cela cause quelques débats comme le soulève Jean Marc Descotes, fondateur de Camis sport et cancer : “Si l’on considère que l’activité physique est médicament, il faut avoir exactement la même démarche que pour un médicament. On aura pas la même égalité d’accès aux soins et c’est le problème de cette loi”. (Propos recueillis par Europe 1)
A noter que certaines mutuelles ont d’ors et déjà annoncées qu’elles iraient dans le sens de cet amendement et prévoient donc de rembourser leurs adhérents éligibles à ce nouveau système de soins.

Des exemples concrets

Comment ces belles mesures se traduisent-elles sur le terrain ? On a décidé d’aller jeter un coup d’oeil dans quelques villes qui ont lancé le mouvement avant les autres :

A Chateauneuf sur Charente, village rural, le dispositif “prescri-mouv” est en place depuis novembre 2015. A cette occasion, 2 fois par semaine, le gymnase de la ville est dédié à ces patients qui ont besoin de sport. Ces mêmes patients sont suivis par un coordinateur des activités physiques et sportives, un professeur d’activités physiques adaptées et une infirmière. Si la majorité du public est constituée de personnes âgées souffrant de maladies chroniques, il y a aussi des plus jeunes avec notamment des problèmes liés au surpoids.
Ce sont les aides de la région qui permettent de faire vivre le dispositif, que cela soit dans l’attribution des salaires ou la location des locaux.

La Seine maritime et la ville de Rouen plus précisément ne sont pas en reste. Le Tennis club de Mont Saint Aignan s’est vite mis à la page et propose des séances variées à un groupe de seize femmes atteinte d’un cancer du sein.

La commune de Biarritz à aussi réagi en proposant Biarritz Sport Santé. Après un diagnostic par le médecin traitant, un entretien est fixé pour évaluer les motivations du patient, et ses réelles capacités physiques afin de l’orienter vers une pratique qui lui soit complètement adaptée. Chaque patient encadré est détenteur d’un pass’sport santé afin de suivre le parcours sportif du patient tout au long du dispositif. Entre le surf et la marche nordique, vous choisissez quoi?

source image : http://centre.franceolympique.com

Malgré une mise en place tardive par rapport à nos voisins européens et au delà des  discussions légitimes autour du remboursement des frais engagés par la patient, cette initiative reste toute à la faveur du sport qui promet une alternative aux voies médicamenteuses. On lui reconnait (enfin) une utilité publique et de véritables bienfaits dans la lutte et la prévention des maladies, notamment du cancer. Affaire à suivre…

 

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