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Le concept des friperies : entre écologie et style

Depuis quelques années, le marché des vêtements de seconde main est de plus en plus à la mode. Que ce soit entre particuliers, depuis des plateformes dédiées, ou encore dans des commerces spécialisés, ces ventes d’occasion bousculent le marché traditionnel. Retour sur le concept des friperies et son mode de consommation qui fait fureur !

La petite histoire de la vente de seconde main

Tout a commencé au XIXe siècle, lorsque le commerce de friperie s’est distingué de celui du brocanteur ou de l’étalier (vendeur de rue) grâce au développement de la confection mécanique et standardisée.

Entre 1809 et 1911, les hangars du Carreau du Temple sont construits à Paris, avec plus de 1800 échoppes de fripiers. Les linges étaient revendus à ceux en quête de petite maroquinerie ou de chaussures raccommodées, permettant ainsi aux personnes à faible pouvoir d’achat de s’offrir malgré tout une chemise ou encore un chapeau de femme.

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À l’époque, les marchands se fournissaient grâce aux vêtements trouvés dans les hôpitaux, les industries, les institutions militaires, ou encore les morgues… Ces vêtements de fortune, souvent sales et peu entretenus, ont, à cause d’une montée de l’hygiénisme, dû être désinfectés.

Un moyen de consommer de façon déculpabilisée et responsable

À la base, les friperies avaient pour intérêt de subvenir aux populations les plus défavorisées. Mais, depuis quelques années, ce mode de consommation connaît une nouvelle ascension. Il est désormais perçu comme un moyen de dépenser moins, mais aussi de s’inscrire dans une logique éco-responsable. Une volonté de recycler plus pour acheter moins, afin de limiter la pollution…  

Il s’agit également d’un avantage incontestable pour ceux qui souhaitent vider leur dressing ou diversifier leur garde robe à petit prix, tout en entrant dans une logique d’anti-consumérisme.

Un phénomène de mode

Le vintage étant très en vogue, la fréquentation des friperies se fait de plus en plus régulière. C’est grâce à une clientèle plus diversifiée, étudiants, salariés, créateurs de mode, touristes, que beaucoup de friperies ont ouvert au cours de ces dix dernières années. La friperie fait maintenant partie intégrante de la mode.

Ces enseignes vintages sont un moyen pour se singulariser, trouver des pièces rares, et ne pas être habillés avec les vêtements de marques connues que l’on voit partout. Un grand nombre de personnes s’y intéresse afin d’extérioriser leur personnalité et d’adopter leur propre style.

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Des chemises écossaises, des tee-shirts, des sweat-shirts, des jeans usés, des santiags, ou encore un jean Levi’s pour une modique somme… De nos jours, que l’on soit styliste, it girl, ou blogueuse lambda, nous succombons tous au charme du vintage. Parce que la fripe, bien qu’odorante et poussiéreuse, regorge de jolies surprises perdues au milieu d’un énorme bazar, qui peut en dissuader plus d’un. Pour l’apprécier, il faut aimer découvrir, fouiller, revenir souvent et, surtout, ne pas chercher quelque chose en particulier.

Eh oui, les fripes, c’est hype !

Un concurrent pour la mode actuelle ? Les marques s’y mettent

Si elles constituent un nouveau mode de consommation, les friperies ne restent qu’un plaisir ponctuel : on cherche à trouver une pièce et non à compléter l’ensemble de la garde-robe.

Face à ce nouveau vecteur de croissance, de nombreuses enseignes ont décidé de réagir et proposent leur propre site de seconde main pour ne pas louper le marché. Que ce soit Petit Bateau qui a lancé sur son application un service de vente d’occasion entre particuliers ou encore H&M avec son investissement de deux millions d’euros dans la société suédoise de seconde main Sellpy, tout le monde s’y met.

L’avis des frip’lovers

Pour se faire une plus large idée de ce que représentent les friperies pour la fashion sphère, la team est allée à votre rencontre.

Celles et ceux qui fréquentent régulièrement les friperies ces dernières années, le font dans le but d’y dénicher des pièces uniques, peu coûteuses. Il s’agit parfois de marques ou de styles particuliers que l’on ne peut retrouver ailleurs. Mais surtout, il s’agit pour tous de consommer de façon plus écoresponsable.

La fréquentation des friperies se fait un peu au hasard, puisque dénicher une jolie pièce n’est pas toujours donné : il faut parfois en faire beaucoup avant de trouver LA fripe.

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Mais alors, les friperies peuvent-elles remplacer complètement un mode de consommation standard en grandes enseignes ?

Les avis sont mitigés. Oui les friperies prennent beaucoup d’ampleur, au même titre que la prise de conscience collective sur le fait que le mode de consommation actuel est à revoir. Mais dans les friperies, il n’y a pas toujours un éventail de choix, et qui achèterait aujourd’hui des sous-vêtements déjà portés ?

Selon un récent rapport de Thred Up, ce jour pourrait bientôt arriver. En 2028, le marché des vêtements d’occasion, qui pesait 21,2 milliards d’euros en 2018, dépasserait celui de la Fast Fashion qui est néfaste à l’environnement.

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