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L’arnaque du siècle : en couple ou pas en couple ?

Tel un Pokémon, t’as évolué. Du laborieux premier niveau qu’est la friendzone, t’es arrivée à cette nébuleuse étape du date.
Ce semi-coma qui peut aller de quelques semaines à plusieurs années. On tire les cartes qu’on peut.
Génération du stream aka la génération de la relation « Meh », quand tu nous tiens.

Meh

Vous chillez depuis au moins 63 dodos. Tout va bien.

Vous écumez les bons restos, il a la juste bonne dose d’humour teinté d’un peu de shade, il te regarde comme si t’étais le feu personnifié, t’en peux plus tu planes à 3,5 mètres du sol parce que ça « clic ».

Pique-nique champêtre, week-end crapuleux, dancefloor endiablés et t’en passes.

 

C’est tellement doux que forcément tu cherches la petite bête. Comme « tout va bien », c’est toi, obligé, qui pose/va-peut-veut poser un problème.

 

Que tu crois.

Qu’on te fait croire même.

 

Tu manges tes bulbes à chaque fois qu’il part de chez toi ou à chaque baiser furtif à la fin d’un rendez-vous.

Tu comprends pas.

 

Un soir devant Netflix, comme tant d’autres, t’as activé ton mode crackhead. T’es pas bien, tu gesticules et prêtes que très peu (= zéro) attention à ton film.

crackhead dave chapelle

 

Il te demande (enfin) ce que t’as.

 

« Rien. »

 

En bonne meuf que tu es, t’entretiens ton petit côté relou qui consiste à toujours répondre que t’as rien, même quand ton mode walkyrie est au niveau 10.

La base.

 

En bon mec qui se respecte, il le sait bien. Guide de la meuf 1.1.

 

Il laisse quand même passer 10 minutes, parce que y’a une scène sympa. On ne perd pas son fil.

Peut-être même que tu vas redescendre. C’est mignon, nan ?

 

Dix regards d’AK47 lancés plus tard, on est toujours là.

Il se résigne. Vous allez devoir discuter.

too bad gif

« Non mais sérieux, qu’est-ce qui y’a ? »

Trad : si ça continue comme ça, on va rater la fin du film

« Rien d’important »

Trad : dans 30 secondes, ce je vais te dire va changer la phase de notre monde.

« T’es sûre ? »

Trad : dis-oui comme ça on peut mater le film ? bisous

« Non mais rien, je me posais la question, comme ça… »

Trad : suis potentiellement contrariée alors…

« Vas-y dis »

Trad : t’es reloue

« Te braque pas, c’est bon »

Trad : Pouce ! On peut revenir en arrière ?

« T’es reloue »

Trad : t’es reloue

Discussion qui se présente donc sous les meilleurs auspices.

 

« Bah, on est quoi, toi et moi ? »

 

Archer fuite gif

Ça y’est c’est dit. Tandis que tu replantes tes bulbes, sachant pertinemment que tu risques de déclencher une guerre internationale et potentiellement un torrent de seum saupoudré de larmes, tu sens la vie quitter son regard à lui.

 

Vous vivez tous les deux un moment de solitude, mais tellement différent.

Archer blackout gif

Plusieurs cas de figure, voire plusieurs réponses qui peuvent s’enchainer dans un mécanisme d’autodéfense :

 

« Pourquoi tu demandes ça ? »

Attention, si tu réponds bêtement et avec désinvolture, on pourra te faire réaliser que bah non, t’as surévalué la situation et qu’il faudrait que tu te calmes.

Vous chillez. Depuis 63 dodos ? Ok.

 

« Pourquoi tu compliques les choses ? »

Franchement, t’abuse.

 

« Je sais pas »

La version lâche de celle-ci-dessous.

« Rien ».

Ça pique, mais ça requiert une très grande confiance en soi, parce qu’on sait comme c’est bien plus facile de se défiler et disparaitre de la surface de la terre.

Alors rien que pour ça, il mérite un bisou sur le front. Avec les dents. Faut pas déconner.

 

« C’est évident, non ? »

Apparemment, d’après les questions de mon entourage, pas tant que ça.

 

« Bah, ensemble ».

Cette réponse correspondant à 3% des réponses. J’exagère ?

Quand tu dois poser la question après deux ans de cuillère, croix de bois croix de fer, on est pas dans le faux.

 

Qu’elle que soit la réponse, cette zone du date implique une schizophrénie amoureuse, avec comme atout infaillible la carte du « on est pas en couple » quand ça arrange.

Cet état de stress post-traumatique dès que tu ouvres la bouche, de peur que l’autre se fasse des films, ou pire, pense que t’es déjà en train de planifier les entrées en crèche pour bébé 1 et bébé 2.

Quand pourtant tout porte à croire le contraire (pas les bébés, calmons-nous).

Et quand, pire, tu doives t’excuser parce que t’as osé penser qu’il y avait une sorte une quelconque officialisation, une fois que t’as fait la tournée des popotes.

Toi aussi, depuis quand vivre l’un chez l’autre est une raison suffisante ?

Quelle idée.

 

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