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“La La Land” le succès d’un rêve hollywoodien

Regarder La La Land, c’est entrer dans un monde irréel, dans un rêve. Pourtant, le scénario repose sur une histoire d’amour. Des coups de foudre on en a vu d’autres ! Comment expliquer les quatorze nominations aux Oscars? 

Mia (Emma Stone) rêve de devenir actrice, Sebastian (Ryan Gosling) pianiste de jazz. Par le hasard des choses, ils se rencontrent et parcourent un bout de chemin ensemble. La relation particulière entre Mia et Sebastian est intense et passionnante parce que courte.

Source: www.rtl.fr

Source: www.rtl.fr

 

Lalaland, c’est surtout l’histoire d’un couple prêt à sacrifier son amour pour la réussite. Doit-on s’accommoder d’une relation, si jeune, lorsque le monde reste à conquérir? Mia doit partir à Paris pour vivre son rêve. On est bien heureux d’apprendre que l’idéal du mythe américain pour une actrice est d’être domicilier dans la Ville lumière  (la classe).

Why this success ? 

Pour tout vous dire (ceci n’engage que moi), ce film est à l’image d’une élite californienne dont la mystification continue à faire vibrer les foules. Tout en propageant l’idéal hollywoodien, connu du monde entier, il aborde les thèmes classiques, de l’amour, la réussite, la célébrité, le cinéma. Qui, parmi le jury, n’a pas les références propices pour admirer la célébrité ? Ce sont d’ailleurs des sujets propices aux récompenses notamment aux Oscars : Argo (2013), Birdman (2015), The Artist (2012).

Pourquoi allez voir un tel film au cinéma?

Ne serais-ce que pour savourer la bande originale (An other day a sun, City of star)  à sa juste valeur. Les plus rigoristes diront que ce n’est pas du vrai jazz. C’est surement vrai. Mais l’on ne peut reprocher à Damien Chazelle d’avoir créer un univers dont la musique en est indissociable. Un goût pour la comédie du genre déjà remarquable dans Whisplash (2014). La bande-originale composée par Justin Hurwitz est entraînante. Les chorégraphies loufoques et fantaisistes, on sort de la salle de cinéma plus léger.

Les paysages et les mises en scènes sont également réussis. Grâce à son rythme, le film est une chanson composée de plusieurs couplets.  Petite attention sur la couleur du ciel qui apparaît lors des refrains : entre le lever et le coucher du soleil, il est présent dans plusieurs scènes avec une couleur rosé/violet.  Irréaliste, mais imaginable. Un hommage à Los Angeles et aux comédies musicales vraisemblablement efficace pour s’évader en 2h08. Une découverte des années 50/60 version contemporaine.

Même si la sortie du film a déclenché un engouement immédiat, il est de plus en plus probable que l’Oscar du meilleur film soit attribué à Moonlight. Un scénario réflexif sur la vie d’un jeune black gay dans la banlieue de Miami. Un tel choix s’apparenterait, pour le jury, à un acte fort, en réponse aux polémiques de la précédente cérémonie, où la sélection des films laissait peu de place à la diversité.