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la petite histoire #61 : la pizza

Le soleil, un spritz, una bella piazza et nous voilà prêts à déguster une bonne pizza ! Chers lecteurs, pour notre plus grand bonheur, les Italiens ont une fois de plus été de grands créateurs. Vous êtes-vous déjà demandé quelle était l’origine de cette gourmandise salée dont nous, Français, faisons partis des plus gros mangeurs ?

Andiamo tutti, direction l’Italie et plus précisément Napoli.

©Amazon.it

Bianca o Rossa ?

Une fois de plus vous m’en voyez désolée, mais il va falloir remonter à l’antiquité !

Alors, l’Egypte ancienne découvre la levure avec laquelle les Égyptiens fabriquent une galette couleur soleil.

La Grèce rajoute son grain de sel avec des condiments salés. Les Grecs n’étant pas loin des Italiens, ces derniers saisissent, sans le savoir, une opportunité qui fera leur célébrité (la mode aussi mais ce n’est pas le sujet du jour ;). 997 : le mot « pizza » est né.

Jusqu’ici, la tomate n’est toujours pas apparue, d’où le fait que si vous vous rendez en Italie le choix de bianca o rossa se posera. Base blanche ou base tomate à vous de choisir. Mais pourquoi ?

©una italiana en la cocina

La breve del pomodoro  (tomate)

Longtemps considérée comme non comestible, on attribue à notre chère tomate un rôle plutôt ornemental, famille des belladones toxiques oblige.

Mais celle-ci fait son apparition sur la pizza à la fin du 17°siècle. D’ailleurs, la légende raconte que, dans la région de Naples, un paysan sans le sou en aurait mis sur son pain découvrant que cette dernière était saine et surtout délicieuse.

©hotelself.it

La pauvreté en cet endroit est assez présente, la tomate sur le pain se démocratise, les boulangers cuisent la pâte pour les plus démunis, « sans le four ». Ce plat populaire s’installe dans les mœurs et sans le savoir, la vente à emporter fait ses premiers pas.

©Alexandra Briez

Va fa Napoli « Margherita » #Friends #Joeysortdececorps

©twitter

Juin 1889, en campagne afin de reconquérir son peuple…

Tiens, certains feraient mieux de s’en inspirer dans ce bas monde… Bref, le roi Umbert Ier et Marguerite de Savoie se rendent à Naples. La reine souhaite goûter à ce met populaire. Rafaelle Esposito, considéré comme le père de la pizza moderne reçoit une commande et en livre 3 différentes : Mastunicola (saindoux, fromage, basilic), Marinara (ail, huile & tomates), Monarch (basilic, mozzarella, tomates). La dernière, la Monarch est donc aux couleurs du drapeau italien, mais surtout sera la préférée de la reine. Cette pizza est alors rebaptisée « Margherita ». Vous imaginez bien que, de ce fait, cette pizza deviendra aussi populaire que la première à y avoir goûté. Marguerite de Savoie aura même la délicatesse de remercier notre cher Raphaelle par une lettre. Lettre qui d’ailleurs est précieusement conservée à l’Antica Pizzeria Brandi, pizzeria située près du Palais Royal à Naples !

©muzeo.com

Forza Italia

Au 19° siècle, les médecins hygiénistes comme Errico de Renzi, Achille Spatuzzi ou Luigi Somma vont tout de même se pencher sur le berceau de la pizza.

Considérée comme un comestible qui coûte « un sou », l’alimentation du « popolo minuto » napolitain va pourtant s’expatrier et devenir un étendard symbole d’une patrie.

Sylvie Sanchez, anthropologue étudiera que, suite à l’expatriation des Italiens entre 1850 et 1900, le rayonnement international de la pizza commence. Je la cite : « C’est en voyant la pizza lui échapper que l’Italie se l’est véritablement appropriée. Elle a été brandie comme un étendard de l’identité italienne, comme une réaction épidermique à l’impérialisme américain ».

Le 7 Décembre 2017, l’UNESCO inscrit au patrimoine immatériel de l’humanité « l’arte tradizionale dei Pizzaiuoli napoletani ».

©pizza nel mondo

Morale de la storia

Vive la Reine Marguerite !

L’Italie est comme un artichaut qu’il faut manger feuille à feuille,

Prince Klemens Wenzel Von Metternich, Chancelier impérial d’Autriche, 1773-1859

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